La participation au scrutin ne décolle pas encore. Trop complexe?

Votations du 19 maiÀ treize jours de la votation, le taux est de 12,6%. Mais un rattrapage est possible, comme en février 2016.

Image: Georges Cabrera

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Le taux de participation aux votations du 19 mai fait du rase-motte. Ce n’est pas tout à fait étonnant, le programme particulièrement copieux (onze questions posées) et la complexité technique et politique de certains sujets faisant office de repoussoir. À J-13, seuls 12,6% des électeurs avaient transmis leur enveloppe de vote au Service des votations et des élections.

À titre de comparaison, ce taux était de 19,2% à la même période pour le scrutin du 25 novembre 2018. Il avait ensuite progressé régulièrement pour atteindre finalement 44,06%. Une participation qui n’était pas exceptionnelle, puisque la moyenne des quatre dimanches de votations cette année-là s’est élevée à 43,6%.

«Une situation normale»

Faut-il paniquer? Patrick Ascheri, le directeur du Service des votations, assure rester calme: «C’est assez normal, explique-t-il. On a connu des scrutins qui ont démarré très lentement, pour les mêmes raisons, et ont enregistré de hauts taux de participation à la fin. Quand il y a autant de sujets et qu’ils sont techniques, les gens ont davantage besoin d’informations avant de se prononcer.»

Tout n’est donc pas perdu, d’autant que le scrutin du 19 mai a quelques attraits à faire valoir pour séduire le citoyen. Contrairement au programme de novembre 2018 (trois objets fédéraux uniquement), celui du scrutin à venir est constitué de sujets qui pèsent lourd en termes de finance et d’affrontements politiques.

L'exemple de février 2016

On pense avant tout à la réforme de l’imposition des entreprises (volet fédéral et application cantonale) et à la recapitalisation de la Caisse de prévoyance de l’État (CPEG). On est là face à des modifications structurelles dont les implications financières se comptent en centaines de millions de francs, voire en milliards.

Pour trouver un dimanche de votations un peu semblable, Patrick Ascheri conseille de se pencher sur celui du 28 février 2016. Au menu, de gros sujets fédéraux (renvoi des criminels étrangers, imposition des couples mariés, réfection du tunnel du Gothard), des objets cantonaux costauds, dont une initiative fiscale et son contre-projet. Et, cerise sur le gâteau, la rénovation du Musée d’art et d’histoire, rien que pour la Ville de Genève. En tout, onze questions posées.

Possible, mais pas certain

«Cela avait également débuté très doucement, poursuit Patrick Ascheri. À 13 jours du scrutin, on en était à peu près au même nombre de votes. Puis, les choses s’étaient accélérées pour aboutir à une participation finale de 55,38%.» Un résultat bien au-dessus des taux habituels.

Pour mai 2019, il faudra surveiller le flux des votes par correspondance ces prochains jours afin d’être certain que le retard sera rattrapé de la même manière.

Créé: 07.05.2019, 18h49

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