La Marche des Fiertés conclut avec brio la Geneva Pride

ManifestationPoint d’orgue de la Geneva Pride, la Marche des fiertés s’est déroulée samedi dans une ambiance très festive. Succès.

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Des arcs-en-ciel dans tous les coins, quelques licornes, un peu de cuir, de latex et des bas résille, mais surtout une foule enthousiaste, jeune, revendicative, et néanmoins prête à faire la fête. La Marche des fiertés a rassemblé large, samedi, afin de dire haut et fort que c’en était assez des discriminations et des violences que subissent ceux qui aiment simplement différemment que la majorité.

Combien étaient-ils au départ de la manifestation, peu avant le Palais Wilson, disséminés dans 57 groupes différents? Entre 6000 et 8000 peut-être, qui seront encore rejoints par des milliers de personnes en cours de défilé. Le succès est évident, mais le décompte est hasardeux tant la foule était compacte à cet endroit. Il est également sujet à polémique (lire ci-dessous).

Se rendre visible

Avant que la marche ne s’élance, des orateurs ont rappelé, si besoin était, le pourquoi d’une telle manifestation. «Nous sommes là pour occuper avec notre corps l’espace public, pour nous rendre visibles», a scandé Jacopo Ograbek, coprésident de la Geneva Pride. Et de rappeler qu’un Manifeste a été écrit, rassemblant les revendications des différentes communautés LGBTIQ+ (lesbiennes, gays, bissexuels, trans, intersexes, queer, et personnes non comprises dans l’acronyme). Une première pour la Pride romande!

Ce manifeste, que dit-il? Comme le slogan de cette Pride était «Make history», le manifeste exprime par exemple le refus de «la classification binaire des corps par la société, la médecine et le droit, dont souffrent particulièrement les personnes non binaires et intersexes». Parmi les revendications figure l’intégration de la transphobie dans Code pénal suisse, l’interdisant au même titre que le racisme ou l’antisémitisme. Autres demandes: l’autorisation du mariage entre personnes du même sexe ou la sensibilisation des jeunes aux droits LGBTIQ+.

Le soutien de la maire

Maire de la Ville de Genève, Sandrine Salerno a exprimé sa fierté de voir autant de gens se rassembler et marcher pour cette cause. «Ne laissons jamais personne, ni à Genève ni ailleurs, décider de notre orientation sexuelle et de qui on aime!» a-t-elle conclu.

Avant elle, un représentant du groupe Asile-LGBTIQ+ a livré un témoignage émouvant et rassembleur: «Nous avons été persécutés dans nos pays d’origine en raison de nos orientations de genre, a-t-il expliqué. N’oubliez jamais que personne ne quitte son pays s’il n’y est pas contraint! Il n’y a pas de frontière pour l’amour et celles et ceux qui sont fiers. La Pride ne finit jamais.»

Une petite Lake Parade

La foule s’est ensuite mise tranquillement en mouvement, sous un soleil enfin revenu (une petite ondée avait peu avant rafraîchi la foule), longeant les quais en direction du pont du Mont-Blanc. Disséminés dans le cortège, des chars diffusaient de la musique sur laquelle les participants dansaient. Le volume sonore n’avait toutefois rien à voir avec celui d’une Lake Parade et les chars étaient bien plus artisanaux. Une mention spéciale est à attribuer à celui des Verts, roulé uniquement par une équipe de galériens motivés.

Animé et coloré, le long cortège a parcouru le pont du Mont-Blanc – fermé pour l’occasion – avant de virer par les Rues-Basses, direction la Corraterie et le parc des Bastions.

L’arrivée des marcheurs a eu lieu dans le parc, où la fête s’est poursuivie en musique jusque tard dans la soirée. La douche n’était pas obligatoire avant d’entrer, mais certaines et certains n’ont pas résisté et ont plongé dans les bassins d’eau du centre de la place Neuve, improvisant de rafraîchissants jeux aquatiques. Quand on vous dit que l’ambiance était festive et détendue…


Le comptage des défilés est victime d’inflation

Si vous avez aimé la polémique sur le nombre de personnes qui ont participé, à Genève, à la manifestation des femmes le 14 juin, ne manquez pas celle qui pointe sur la Marche des fiertés. La jauge a cette fois été placée très haut puisque la police a annoncé 35 000 marcheuses et marcheurs. Bigre!

Porte-parole de la police, Silvain Guillaume-Gentil confirme que c’est le chiffre qu’il a indiqué samedi. Il reconnaît toutefois que ce n’est qu’une estimation car «procéder à des comptages n’est pas le travail de la police». Et de préciser que cette estimation est celle qui convenait aux organisateurs…

On comprend que les organisateurs soient contents, et également que la police se montre prudente, elle qui s’était fait vertement reprocher d’avoir sous-estimé la manifestation de la grève des femmes.

À moins de considérer qu’il y avait 75 000 manifestantes le 14 juin – comme le prétend un algorithme plein d’humour – il est audacieux d’estimer que 35 000 personnes ont défilé samedi. Question de comparaison. Si la jauge du 14 juin est à 20 000 ou 30 000, alors l’estimation pour la Pride serait plutôt entre 10 000 et 15 000.

Il y a peu, les choses étaient plus simples. Les organisateurs gonflaient les chiffres, la police les minimisait, et les médias prenaient la moyenne. C’était le bon temps… E.BY

Créé: 07.07.2019, 18h28

LGBITQ+? Le glossaire

Le Service égalité de l'Université de Genève propose un glossaire pour s'y retrouver dans les différents termes utilisés:

Lesbienne: Femme dont l’orientation affective et/ou sexuelle(a) est dirigée vers une femme.

Gay: Homme dont l’orientation affective et/ou sexuelle(a) est dirigée vers un homme.
Bisexuel-le: Personne dont l’orientation affective et/ou sexuelle(a) est dirigée vers une personne de sexe différent du sien ou vers une personne du même sexe.

Trans*: Personne dont l’identité de genre(b) est en inadéquation partielle ou totale avec son sexe légal assigné à la naissance. Cela peut être la conviction d’appartenir à un genre différent du sien, de ne pas se reconnaître dans le sexe légal qui a été assigné à la naissance (mâle-femelle), de se reconnaître dans les deux ou entre deux.

Femme trans*: Personne dont le sexe légal assigné à la naissance est mâle qui entreprend une transition.

Homme trans*: Personne dont le sexe légal assigné à la naissance est femelle qui entreprend une transition.

Cisgenre: Personne dont l’identité de genre est en adéquation avec son sexe légal assigné à la naissance.

Intersexe: Personne qui a une somme de caractéristiques (chromosomiques, gonadiques, hormonales ou génitales), et ce souvent dès la naissance, qui ne correspond pas aux définitions médicales binaires des corps femelle ou mâle. Les personnes intersexes sont pathologisées par la médecine et sont souvent soumises dès le plus jeune âge à des interventions non consenties, irréversibles et non cruciales au maintien de leur santé, visant à conformer leur corps aux modèles féminin ou masculin typiques. On les appelait autrefois hermaphrodites. Ce terme est maintenant souvent considéré comme péjoratif par les personnes concernées.

Queer: Personne qui choisit ce terme pour affirmer son orientation sexuelle, son identité de genre ou son expression de genre(c). La réappropriation de ce terme, autrefois considéré comme péjoratif, est une forme d’émancipation. Certaines personnes queers incluent un aspect politique de rejet des normes sociales dans cette auto-identification et mettent en cause l’existence même des identités.

+: Personne non comprise dans l’acronyme LGBTIQ subissant des discriminations en raison de son sexe, de son orientation sexuelle, de son identité ou expression de genre; personne alliée cisgenre et hétérosexuelle qui soutient les revendications propres aux personnes LGBTIQ.

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Geneva Pride 2019

Geneva Pride 2019 Départ de la Marche des Fiertés

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