La Julie déplore des Promotions au rabais dans «la boîte à gifles»

Il y a 140 ansEn 1879, «La Tribune de Genève» vivait son premier été. Qu’y lisait-on alors? Notre série d’été, en collaboration avec la Bibliothèque de Genève.

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En été 1879, la Julie semble prospérer. Dans ses éditions du 4 juillet, elle informe ses lecteurs qu’elle vient d’ouvrir «un nouveau bureau d’annonces» au No 1 de la place Bel-Air. Mais le journal conserve sa rédaction au 15, rue du Mont-Blanc et son imprimerie au 7, rue Chaponnière.

Quelques lignes dans la rubrique locale nous résument les décisions prises par le Grand Conseil. On apprend ainsi qu’après une longue discussion, «le projet de loi accordant des pensions viagères à divers fonctionnaires est adopté en troisième débat». Mais l’article principal est consacré aux Promotions, dont la tenue laisse à désirer. «On sait que depuis plusieurs siècles c’est dans notre vieille République un jour de fête nationale à laquelle s’associent volontiers, non seulement les maîtres et les élèves, mais aussi les parents, les amis et bon nombre de citoyens.»

D’accord, mais qu’est-ce qui chiffonne le journaliste de «La Tribune»? «Malheureusement, depuis quelques années, il nous semble que la distribution des prix qui a lieu au Palais Électoral a beaucoup perdu de son caractère solennel et imposant.» Le rédacteur évoque l’agitation et le bruit qui couvrent les paroles de l’orateur. «Le caractère plus sérieux que ce moment revêtait jadis, poursuit-il, donnait d’autant plus de poids aux exhortations que le magistrat placé à la tête de l’Instruction publique avait l’habitude d’adresser ce jour-là aux élèves de notre collège.» Deux solutions, selon lui: supprimer la séance de distribution des prix ou rétablir «un certain décorum qui devrait toujours régner quand le Conseil d’État assiste officiellement à une cérémonie scolaire».

À noter que le Palais Électoral mentionné plus haut, où avait lieu la cérémonie, était situé à Plainpalais, à l’emplacement actuel d’Uni Dufour. Selon un spécialiste de l’histoire genevoise cité par le site des Bibliothèques municipales de Genève, le bâtiment accueillait les assemblées électorales qui se réunissaient auparavant au temple de Saint-Pierre. De 1855 à 1886, les électeurs y sont venus de tout le canton pour y exercer leurs droits politiques. Comme le débat était vigoureux et débouchait parfois sur des bagarres, l’édifice avait reçu le sobriquet de «boîte à gifles». Détruit puis rebâti, il est définitivement parti en fumée en 1964.

Dans le reste de l’actualité, à la rubrique fait divers, on peut encore lire la pathétique histoire d’une Argovienne qui, voulant préparer le café de son repas du soir, a allumé le feu avec le premier papier qui lui est tombé sous la main. La malheureuse s’aperçut un peu tard qu’elle venait de brûler pour 1700 francs de billets de banque, soit la plus grande partie de sa fortune… «Voilà un café qui a coûté cher!» conclut le rédacteur de la Julie.

Créé: 04.07.2019, 08h30

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