La Champagne pétille en vert et blond

le canton à vélo (1/5)Cette boucle nous entraîne à travers les vignes, les blés et les étangs sur la rive gauche du Rhône. Le panorama promis mérite bien d’affronter quelques coteaux. On vous emmène?

Ci dessus, les vignes du Signal de Bernex, point d’orgue de la balade.

Ci dessus, les vignes du Signal de Bernex, point d’orgue de la balade. Image: Lucien Fortunati

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Le tour dans la Champagne débute aussi agréablement que les premières gorgées du délicieux vin pétillant. On se lance sans trop de mal. Depuis la mairie de Bernex, on rejoint vite le chemin de Paris, puis celui des Charnières, 1,5 km de descente sur une piste cyclable à deux voies. Du luxe, avec comme décor les champs de blé parsemés de lavande et de coquelicots. On se salue entre cyclistes, comme des habitués.

Étape 1: le lys d’Aire-la-Ville

Une fois les jardins familiaux dépassés, on poursuit jusqu’à Aire-la-Ville. Impossible de se tromper: des panneaux avec l’indication VR1, pour la fameuse ViaRhôna, qui permet aux cyclistes du monde entier de rejoindre la Méditerranée depuis le lac Léman, nous guident. On aperçoit sur le passage des fleurs de lys. Rien d’étonnant, car saint Louis, roi de France (1214-1270), est patron de la paroisse locale et la commune a appartenu à nos voisins de 1601 à 1760.

Photo: Lucien Fortunati

Passé le cours d’histoire, les mollets chauffent pour la première fois sur la route du Moulin-de-la-Ratte: 3,2 km de montée ou de faux plat. Nous ne sommes pas seuls, de gros 4x4 nous tiennent compagnie, mais une large piste cyclable nous est réservée, heureusement. Changement d’ambiance à Cartigny. Dans le joli village, on tourne rapidement à droite, au chemin des Roches, entre d’imposantes demeures en pierre qui renferment pour beaucoup un potager. Seul le chant des oiseaux berce nos coups de pédales.

Étape 2: la réserve du Moulin-de-Vert

On délaisse alors la petite reine le temps de découvrir la réserve naturelle du Moulin-de-Vert. Avant de descendre dans cet ancien méandre du Rhône, une petite pause s’impose. Un banc n’attend que nous. De là, on domine les trois étangs, les prairies, et on aperçoit même le barrage de Verbois. La citadine qui écrit ces lignes s’émerveille du nombre de papillons qui tournoient autour d’elle dans le site protégé, une scène digne d’un dessin animé Disney. Prévoyez au moins une heure pour observer les quelque 500 plantes et les 270 espèces animales des lieux. Seul bémol: la communion avec la nature est parfois interrompue par le bruit d’un avion qui passe… Un dernier coup d’œil sur le Rhône qui coule en contrebas et il est temps de remonter sur le sentier.

Photo: Lorraine Fasler

Étape 3: la fontaine de jouvence

Direction le café de Cartigny et sa terrasse ombragée par un toit de vignes, à la rue du Trabli. La soif se fait sentir. Autre option, gratuite et tout aussi bucolique: la Fontaine des Filles, non loin de là. Le premier dimanche de mai, cette fontaine couverte, construite en 1911, est décorée de fleurs comme le reste de la ville pour la traditionnelle fête du Feuillu, célébrée par les plus jeunes du coin. L’adresse est connue; un cycliste remplit déjà sa gourde. On l’imite avant de descendre, cheveux au vent, la route du Nant-des-Crues et de traverser son viaduc. On savoure, car la route se corse une dernière fois avant d’atteindre Avully. Conseil d’amie pour les sportifs du dimanche: prétextez à votre binôme l’observation attentive des vignes environnantes ou de la vue: «C’est plutôt La Plaine ou Dardagny, en face, d’après toi?» Très efficace pour un temps mort.

Photo: Lucien Fortunati

Étape 4: en roulotte Simone

Avant de traverser Avusy, les centres d’équitation, les champs d’un vert pétant et les gravières alternent sur le chemin. Quelques mètres avant d’entrer dans Sézegnin, on tombe sur deux roulottes en bois au milieu d’un gazon impeccable, prêtes à accueillir les curieux à la recherche d’une nuit dans un lieu insolite, mais sans faire une croix sur le confort.

Photo: Lucien Fortunati

La halte repas se fait sur la terrasse de l’auberge «Au Renfort de Sézegnin». Pour se cacher du soleil assommant, on se réfugie sous le marronnier blanc géant qui sert de parasol naturel. Pourquoi le «Renfort»? Entre deux commandes, le serveur raconte la légende. Trois habitants de la commune seraient venus en renfort lors de l’Escalade, la nuit du 11 au 12 décembre 1602. Manque de chance, le temps de rejoindre à pied la Vieille-Ville, ils seraient arrivés après la bataille… Mythe ou réalité? Personne n’a la réponse. Mais on peut affirmer sans peine que le poulet basquaise et son riz long à 20 francs servi ce jour-là a, lui, accompli sa mission.

Étape 5: aller plus haut

La route de Sézegnin, puis celle de Laconnex, nous ramène à la case départ. Les paysans s’activent malgré la chaleur, la fauche n’attend pas. On relativise notre exploit. De retour à Bernex, on bifurque à droite pour une dernière montée sur le chemin du Signal. Et de conclure cette boucle enivrante en beauté, depuis le deuxième point de vue le plus haut du canton (509,8 m). Genève à nos pieds, rien que ça.

Créé: 08.07.2019, 01h17

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