La caserne des Vernets tire sa dernière cartouche

Portes ouvertesCe samedi, ultime occasion de visiter l’antre militaire. Ensuite, il sera démoli pour laisser la place aux logements du PAV.

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C’est la der des ders pour la caserne des Vernets. Après soixante et un ans de bons et loyaux services, les installations, vétustes, ont vécu. Des portes ouvertes sont organisées le samedi 13 juillet, avant la fermeture du site. Puis sa démolition, qui laissera place nette pour 1500 logements, dans le cadre du vaste projet immobilier Praille-Acacias-Vernets (PAV).

Aujourd’hui, la coquille est déjà quasi vide. Il reste encore quelques véhicules et le drapeau suisse flotte toujours sur le terrain d’exercice. De rares soldats et officiers arpentent les cinq hectares du site. Les derniers militaires des troupes de sauvetage (anciennement protection aérienne), eux, l’ont quitté au pas de charge le 1er juillet. Mais samedi, certains seront de retour pour un ultime baroud d’honneur, en public.

La caserne des Genevois

«Nous ne voulions pas partir sans permettre à la population genevoise de prendre congé de sa caserne», expliquent le major Fabien Valterio et l’adjudant-major Markus Schmid, chevilles ouvrières de ces portes ouvertes. Une certaine émotion perle dans les propos de ce dernier, qui a passé vingt-huit ans aux Vernets!

«Il n’y aura pas de VIP ni de partie officielle, précise le major Valterio. L’idée de base, c’était d’inviter les voisins, les gens qui habitent près de la caserne et ont peut-être parfois souffert de l’activité qui y était déployée.» Le temps où les hélicoptères des troupes de sauvetage atterrissaient sur le site, où l’instruction se donnait dans la cour, où d’intempestives alarmes nocturnes – voire très matinales – troublaient la quiétude du quartier…

Et puis il y a tous les Genevois qui sont passés par là. Pendant longtemps, en effet, la journée de recrutement, avec sa batterie de tests physiques, se déroulait aux Vernets. Nombre de «locaux» y ont effectué des cours de répétition ou leur école de recrues. En une soixantaine d’années, quelque 60 000 soldats ont fréquenté cette caserne, l’une des dernières de Suisse implantée au cœur d’une ville.

L’armée et les autres

Cette position centrale, privilégiée, n’a pas servi qu’à l’armée suisse. On se souviendra peut-être qu’en 2009, alors que la plaine de Plainpalais était en pleine réfection, la caserne a abrité le grand chapiteau du Cirque Knie et sa ménagerie. «Géraldine Knie se promenait sur son cheval au milieu de la pelouse», se souvient l’adjudant-major Schmid.

Les Vernets accueillent également, dans la halle de gym, un local de vote français lors des jours d’élection dans l’Hexagone. C’est aussi là que se réunissent les «feux bleus», comme les appelle le major Valterio: police, pompiers, Protection civile, gardes-frontière, etc. Et les renforts fédéraux lors de grands événements, tels, dernièrement, les 100 ans de l’Organisation internationale du travail (OIT) ou, il y a un an, la visite du pape François.

Photos, démos, expos, infos

La caserne est désormais à l’heure du souvenir. C’est cela, mais bien plus encore, que le public découvrira samedi, où tout ce qui porte un uniforme a été convié. «Nous voulions donner la possibilité aux partenaires qui ont œuvré ici de se présenter, souligne le major Valterio. On pourra visiter les infrastructures, notamment une chambre type de la troupe, reconstituée pour l’occasion. Une exposition de photos retracera la construction de la caserne. Les Forces aériennes viendront avec des hélicoptères, les pompiers de l’aéroport avec un véhicule d’extinction, et ceux du Service d’incendie et de secours avec une grue et la grande échelle. Le groupe Redog Genève fera des démonstrations avec des chiens de sauvetage.» D’autres groupes seront là, telle l’Union genevoise des partenaires de sécurité, et la troupe effectuera des démonstrations de moyens de sauvetage.

L’odeur de la poudre a aussi attiré les «grognards»: la Société d’artillerie de Genève – qui tirera le canon à 9 h et midi –, les Vieux-Grenadiers ainsi que les carabiniers genevois. Pour se sustenter, les organisateurs ont fait appel à des food trucks agréés par la Ville.

Mais le site des Vernets, c’est également l’avenir. Des représentants du PAV seront présents pour informer sur ce grand projet immobilier. Toutes ces activités se dérouleront de 9 h à midi dans l’enceinte de la caserne. Et après? Repos et rompez!

Créé: 11.07.2019, 08h02

À Genève, l’armée se plie en trois

La caserne des Vernets, inaugurée le 4 juin 1958, a succédé à celle qui se situait de l’autre côté de l’Arve, à Plainpalais. Ouverte en 1877, cette dernière avait ensuite dû être détruite pour laisser place à l’ancien Palais des expositions.

Désormais, c’est sur trois sites que l’armée sera présente à Genève.La caserne de Meyrin-Mategnin, inaugurée le 28 mai dernier, sera surtout affectée à l’hébergement des troupes, dès le mois d’août.Le centre logistique, lui, se situera à Aire-la-Ville.

En cours de construction, il sera investi dès avril 2020 par l’armée, l’Office cantonal de la population et des affaires militaires, ainsi que par la police.

Enfin, le Centre d’instruction des troupes de sauvetage (CITS 76) sera basé à Épeisses (dans la commune d’Avully), sur l’actuel site militaire. Sa mise en exploitation complète est prévue d’ici au 1er avril 2021. X.L.

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