L'artiste qui croque l'Escalade du regard et du pinceau

Vieille-VillePeintre aquarelliste, Gilbert Frattini s’est pris de passion pour la fête des Genevois. Carnet à la main, il arpentera les pavés de la cité dès samedi.

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Qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige, Gilbert Frattini, 81 ans, sera ce week-end dans la Vieille-Ville. «Mais je préférerais qu’il fasse beau», indique ce Genevois au regard aussi lumineux que son sourire. S’il espère un ciel clément et un froid pas trop piquant, c’est surtout qu’il exerce une activité de plein air. Cet artiste peintre croque l’Escalade depuis six ans. «Cette fête, c’est pictural», relève-t-il.

Son terrain de jeu a ses limites. «Je vais errer entre la Treille, le Bourg-de-Four, l’Hôtel-de-Ville et la cathédrale.» Ses modèles? «Tous ceux de la Compagnie de 1602», lâche-t-il. Un réservoir presque inépuisable, car ils sont plus de 800 à défiler en costume d’époque, des petits porteurs de torche au groupe des Autorités en passant par les arquebusiers ou les piquiers.

Les petits trucs du «pleinairiste»

Armé pour sa part de carnets, crayons et pinceaux, Gilbert Frattini, Gil pour les intimes, a ses habitudes. «Pour moi, l’Escalade commence le samedi à Carouge. Là, on mange la choucroute de la Palette carougeoise, une société de peintres et sculpteurs à laquelle j’appartiens depuis 1980. Ensuite, on casse la marmite, puis c’est moi qui me casse, sur la Treille! Le dimanche matin, j’arrive tôt en Vieille-Ville. Les petits vendeurs de médailles sont déjà à l’assaut des futurs acheteurs!»

Le «pleinairiste», comme il aime à se qualifier, choisit ses coins. «Il y en a un qui est marrant, derrière la cathédrale Saint-Pierre. C’est là que sont installés la réserve et l’économat de la 1602. Et c’est là aussi que certains des membres de la Compagnie viennent boire des coups», nous souffle-t-il, le sourire complice. «Pour faire des croquis, c’est un bon moment, car les personnages sont plus statiques. On retrouve également cela lors de la préparation du cortège historique.»

La rapidité constitue en effet l’un des atouts du croqueur d’Escalade. «Il fait froid, ça bouge la plupart du temps, alors oui, il faut aller vite», reconnaît Gilbert Frattini. Qui n’hésite pas, si la météo est défavorable, à enfiler des collants. Les gants, eux, ne sont guère pratiques. «Il y a aussi le vin chaud», rigole l’artiste.

Au bonheur des rencontres

Les rapports humains réchauffent eux aussi le cœur, enchaîne ce membre fondateur de la galerie Aux portes de la Champagne, à Bernex. «Les gens de la 1602 s’arrêtent volontiers vers moi pour discuter. Et d’autres habitués viennent croquer l’Escalade; on se donne parfois des conseils, des trucs. Il y a même une Anglaise qui vient chaque année uniquement pour faire des croquis de la fête.»

Le hasard des rencontres, c’est l’une des raisons qui a poussé cet habitant de Châtelaine à croquer. «Je ne me déplace jamais sans un carnet de voyage, et je voyage beaucoup, explique celui qui passe six mois par an à Genève et six autres en Ardèche. Quand vous crayonnez ou peignez, les gens viennent facilement à vous. En revanche, avec un appareil photo, vous passez souvent pour un voleur.»

Pousser les gens à croquer

Le virus du dessin s’est très tôt imposé dans la vie de cet ancien décorateur – «un métier où pour présenter ses idées, il faut savoir dessiner». Aquarelle, acrylique, croquis, illustrations ou dessins humoristiques (il signe ces derniers Fragil), l’art façon Gil est pluriel. «Ce n’est que du plaisir! lance l’artiste, amoureux de la campagne genevoise, qu’il immortalise sur ses toiles. Et selon moi, il faut s’amuser pour bien faire quelque chose.»

Son plus grand plaisir serait de «pousser les gens à croquer, une occupation à la portée de chacun». Lui l’exerce notamment sous l’égide de GEdessine (infos sur genevedessine.blogspot.com), qui réunit des amateurs de dessin sur le vif «et est ouvert à tous», précise-t-il. Quant à ses croquis de l’Escalade, il vient d’en offrir une quarantaine à la Compagnie de 1602, «parce que je ne tiens pas à ce que ça reste dans des carnets au fond d’un grenier».

Créé: 07.12.2017, 19h25

Gilbert Frattini,
Artiste-peintre genevois

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