L’ancien maire d’Alep se fait expulser de force des HUG

MalaiseLe gréviste de la faim s’est senti mal ce lundi sur la place des Nations. Viré des HUG, il a été embarqué par la police.

Brita Hagi Hassan en grève de la faim lundi après-midi sur la place des Nations, juste avant d’être emmené en ambulance.

Brita Hagi Hassan en grève de la faim lundi après-midi sur la place des Nations, juste avant d’être emmené en ambulance. Image: A.A

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Vidéo hallucinante. Devant l’entrée principale de l’Hôpital cantonal de Genève, quatre agents de sécurité tentent à la fois d’immobiliser un homme qui se débat et de repousser un autre venu à sa rescousse, tout en éloignant un troisième qui filme la scène. Soudain, tout s’accélère. L’un des agents tente un croc-en-jambe sur le second homme en le tirant en arrière par l’épaule, puis ils s’empoignent tous deux en s’éloignant des autres. Quant au premier, il est jeté à terre et plaqué au sol, bras derrière le dos. Quelques minutes plus tard, il est embarqué par la police, ainsi que son ami…

Il était environ 17 h ce lundi. Ancien maire d’Alep, Brita Hagi Hassan était arrivé 1 h 20 plus tôt aux Urgences en ambulance. Il venait d’avoir un malaise sur la place des Nations, au 24e jour d’une grève de la faim qu’il disait avoir entamée pour tenter de réveiller la communauté internationale, désespérément silencieuse face aux bombardements meurtriers du régime Assad sur les civils d’Idlib. Il portait encore un drapeau syrien noué autour du cou.

Trop dérangeant

Que s’est-il donc passé à l’hôpital pour justifier une expulsion aussi musclée? «Nos agents de prévention et sécurité, qui sont des gardes assermentés, ont été appelés par les urgences car une personne y était très agitée et incontrôlable et perturbait fortement les autres patients et les soignants», explique Nicolas de Saussure, le responsable Médias des HUG. Un médecin lui avait expliqué que son état de santé était sans gravité et qu’il lui faudrait patienter, d’autres étant prioritaires. «Le patient a alors annoncé vouloir quitter les urgences mais a continué à effrayer les autres patients et à hurler.» Les agents l’ont escorté de force vers la sortie «au vu de son comportement menaçant». Puis, à l’extérieur, «il a attaqué deux de nos agents qui ont été contraints de le plaquer au sol pour l’immobiliser», assure le porte-parole, qui ajoute: «Deux accompagnants s’en sont pris physiquement aux agents (coup de poing à l’épaule, déchirure d’un vêtement, coup de poing dans la figure).» Ceux-ci ont dû être soignés aux urgences et ils ont déposé une plainte pénale contre le patient pour coups et blessures, note encore Nicolas de Saussure.

«Mais c’est du délire! Brita Hagi Hassan s’est sans doute débattu, mais il n’a pas pu leur faire mal à ce point, lui qui tenait à peine debout après 24 jours de grève de la faim», s’offusque Wajd Zimmermann, activiste suisse d’origine syrienne qui affirme suivre l’ancien maire d’Alep depuis le début de cette grève. «Nous étions si inquiets pour sa santé que nous l’avions supplié d’arrêter. Je peux bien imaginer qu’il se soit impatienté aux urgences et qu’il ait élevé la voix. Il n’était pas dans son état normal.»

Wajd Zimmermann est catastrophée par le traitement réservé à celui qui fut reçu officiellement en 2016 par la Ville de Genève, avant la chute d’Alep, alors qu’il espérait des pressions internationales pour sauver sa cité. «En France, où il a plus tard obtenu l’asile, Brita Hagi Hassan avait même été reçu par le président François Hollande.» Ce mardi, relâché par la police genevoise à 4 h du matin, il est reparti dépité à Lyon, où il réside et espère recevoir des soins. Avant de partir, il a déposé une plainte contre inconnu pour «lésions corporelles».

L’ami genevois condamné

Son ami genevois Ahmad Majbour, Suisse d’origine syrienne, a eu moins de chance. Il a été gardé en détention durant 24 heures. Emmené par la police au poste de la Servette, il y a passé la nuit avant d’être transféré aux violons de l’ancien Hôtel de police, boulevard Carl-Vogt. Il y a été entendu par un procureur puis relâché enfin ce mardi vers 17 h 30. Accusé d’avoir frappé les agents de sécurité des HUG, ce qu’il nie, il a été condamné à 60 jours-amendes avec sursis (à raison de 90 francs par jour) pour «violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires». Il a dix jours pour faire opposition. «J’ai 55 ans, dit-il, j’ai été opéré des mains, vous me voyez vraiment m’attaquer à ces mastodontes?»

Quant à Mahmoud Hammad, le cameraman improvisé, c’est lui qui a reconduit à Lyon l’ancien maire d’Alep. Sa vidéo, il nous l’a montrée, mais hésitait dans un premier temps à la diffuser. «Je suis Genevois, je veux faire confiance à notre police et à notre justice, je tiens ces images à la disposition des juges.»

Créé: 03.07.2019, 06h37

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