La justice confirme l'arrestation d'Ayop Aziz

JusticeLe visage des victimes de l'incendie des Tattes fin 2014, en Suisse sans permis de séjour valable, devrait passer les six prochains mois en détention administrative.

En 2014, Ayop Aziz avait sauté du troisième étage du foyer des Tattes, suite à un incendie qui fait encore aujourd'hui l'objet d'une enquête pénale.

En 2014, Ayop Aziz avait sauté du troisième étage du foyer des Tattes, suite à un incendie qui fait encore aujourd'hui l'objet d'une enquête pénale. Image: Yvain Genevay

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Ayop Aziz devrait bel et bien passer les six prochains mois en prison. Le Tribunal administratif de première instance a confirmé ce jeudi en soirée une décision en ce sens qui a été prise par la police suite à son arrestation dimanche. Le Tchadien, dont l'histoire avait fait couler beaucoup d'encre suite à un incendie au foyer des Tattes fin 2014, a été arrêté il y a cinq jours par des douaniers dans un train car il n'a pas de permis de séjour en Suisse.

La police l'a mis en détention administrative pour une durée de six mois, le temps nécessaire, selon elle, pour organiser son renvoi en Afrique. Cette mesure est justifiée et proportionnelle, selon la juge du Tribunal administratif de première instance, qui a tranché suite à une audience haute en couleur dans l'après-midi.

Une vingtaine de sympathisants, dont quelques politiciens, se sont réunis au Bourg-de-Four dans l'optique d'assister aux débats, publics en principe, au Palais de justice. La juge n'en a admis que trois, puis cinq supplémentaires après négociations.

Ayop Aziz est une figure dans le canton depuis qu'il a sauté du troisième étage du foyer des Tattes par une nuit de novembre, en 2014, suite à un incendie qui fait encore aujourd'hui l'objet d'une enquête pénale. L'Africain, qui avait alors moins de vingt ans, souffrirait depuis de forts maux de tête à la suite de sa fracture du crâne survenue ce jour-là.

Son histoire en Suisse est un long chemin de croix. A 17 ans, il quitte son pays pour l'Europe. Il mettra cinq bons mois pour arriver en Espagne. Puis en Suisse, à Vallorbe, durant l'automne 2014, où il est rapidement envoyé aux foyer verniolan des Tattes.

Il effectue une première demande d'asile. Non entrée en matière du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM), à Berne.

Quelques semaines plus tard, les Tattes s'embrasent, un sinistre qui fait un mort et quarante blessés. Le jeune homme saute du troisième étage.

En mars 2015, une deuxième demande d'asile est rejetée. Le SEM se prépare à expulser Ayop Aziz, ce qui, quelque mois après le drame des Tattes, provoque une forte mobilisation au sein de la population genevoise. Pierre Maudet, alors conseiller d’Etat en charge de la sécurité, suspend quatre jours plus tard la décision prise par Berne, estimant que l’état de santé du requérant ne permet pas son renvoi.

Ayop Aziz repart néanmoins en Espagne de son propre gré peu après où il reste jusqu'en mars 2018, date de son retour en Suisse et d'une nouvelle demande d'asile. Le 19 septembre dernier, sa demande est rejetée.

Dimanche, l'Africain est arrêté par des douaniers suite à un contrôle inopiné dans un train. Il passe une nuit dans un centre douanier à Lausanne, puis une autre dans un poste de police à Genève avant d'être transféré au centre de détention de Favraz, à Puplinge, puis à celui de Frambois, sur la route de Satigny. (TDG)

Créé: 11.10.2018, 20h18

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