Le Jura buissonnier... Les ascensions de la région à vélo (4/6)

DécouverteAlternative à la Faucille ou à St-Cergue, cette ascension costaude ne manque pas de charme.

Vidéo: Georges Cabrera / Musique: diSoul

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Des forteresses montagneuses qui encerclent Genève, celle du Jura est la plus prenable. Dès le printemps, des légions de cyclosportifs l’investissent. Ils grimpent sur leurs grands chevaux. Saint-Cergue se monte au pas de charge. La Faucille s’escalade en roulant les mécaniques. Ça vrombit, ça pétarade, surtout à l’époque des transhumances vacancières. Ça sent le gazole, pas vraiment la noisette. On est loin du petit chemin cher à Georges Brassens. De la bicyclette chantée par Yves Montand.

Pour atteindre le balcon du Jura à la force des jarrets – et draguer Paulette –, il existe heureusement une voie détournée. Celle de la Combe-Blanche, chemin des écoliers tapi dans la forêt. Même Google peine à le repérer. Si l’on vient de Gex où l’on s’est amusé à traverser le petit By, il faut suivre la direction de Vesancy. Un village charmant, avec son église, son château et ses vieilles fermes aux balcons en bois, aux portes de grange en anse de panier. Plus haut, plus loin dans la préhistoire, les curieux découvriront le bloc erratique de Riant-Mont, une pierre à cupule. Mais on s’égare…

On pousse la chansonnette

Foin de digression, on est là pour pédaler. En sortant de Vesancy, il faut très vite tourner à gauche en empruntant une petite route de campagne qui file sous les frondaisons. Oui, elle descend, pour mieux remonter! Si l’on rate l’embranchement, on se jettera dans le lac de Divonne ou dans les bras des bandits manchots! Les roues de la fortune mènent à la route forestière, celle qui conduit à La Vattay. C’est le bon plan. Une immersion en pleine nature, dans le murmure et la contemplation. Une échappée belle et sauvage. Un panneau en bois vous met au parfum: la Combe-Blanche est à 12,3 km de là, 700 mètres plus haut. Mais il ne dit pas tout! Dès les premiers coups de pédale, la pente incline à la rudesse. Et la chaussée, tapissée de gravillons, ne favorise pas la danseuse! On se remémore alors la chansonnette. «Sur les petits chemins de terre, on a souvent vécu l’enfer, pour ne pas mettre pied à terre, devant Paulette…» En fait, on s’époumone plus qu’on fredonne! Ça monte (du 8% durant les 6 premiers kilomètres) et ça tourne. La route s’entortille, habillée d’orties et de fougères; son revêtement revêche ne rend rien des efforts fournis. Jeu d’ombre et de lumière. Le soleil a parfois de la peine à percer la ramure épaisse. Puis vient la récompense, après le passage de la Combe de l’Eau. Un belvédère qui embrasse le Léman, du Jet d’eau à Yvoire, qui converse avec les montagnes d’en face, le Mont-Blanc qu’on devine derrière les nuages.

Seul au monde

Cette courte halte (juste pour voir le paysage!) fait du bien. Depuis là, la route sinue en pente plus douce. La cime des arbres se rapproche, c’est bon signe. Le compteur, longtemps bloqué à 10 km/h, s’enhardit. On joue avec les pignons, les plus costauds oseront même la grosse plaque. On entre dans le domaine des skieurs de fond. C’est ici qu’ils s’éclatent sur la Noire de Divonne. En été, c’est aussi le royaume des randonneurs. Du col de la Combe-Blanche, à 1390 mètres d’altitude, Divonne est à 2 h 20 à pied. L’endroit est un véritable havre de paix. Pour y accéder, on a croisé trois voitures!

Le tour est joué, mais pas tout à fait encore. Pour faire durer le plaisir, on dévale sur La Vattay et le Centre nordique. Une plongée défoulante à travers un océan de sapins. Gare aux ornières et aux déchets forestiers. C’est le retour à la civilisation. Un billard de goudron vient d’être posé sur la route de la Cure. On aurait pu choisir la Faucille, on préfère la descente de Saint-Cergue et ses courbes harmonieuses pour retrouver la plaine. On aurait pu opter pour les bords du lac, on privilégie les routes de campagne pour rentrer sur Genève. Il fait bon. Comme dans la chanson, on revient «fourbus et contents». Avec ou sans Paulette…

(TDG)

Créé: 20.08.2014, 18h21

Carte du parcours


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