En juin, la gauche veut aider Genève à gagner plus

Votations du 5 juinPS, Verts et syndicats contestent par référendum une adaptation des forfaits fiscaux jugée pas assez rentable.

Romain de Sainte Marie, député socialiste.

Romain de Sainte Marie, député socialiste.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Têtue, la gauche est têtue. Vaincue en novembre 2014 alors qu’elle cherchait à supprimer les forfaits fiscaux, elle conteste cette fois la manière dont le Département des finances entend imposer les forfaitaires et lance un référendum contre le projet cantonal. Il sera tranché en votations le 5 juin.

Pourquoi cette contestation? «Les inégalités augmentent dans ce canton, déplore le député socialiste Romain de Sainte Marie. La concentration des richesses aussi: la gauche ne peut pas renoncer à réclamer plus de justice fiscale.»

Le comité référendaire, qui rassemble les Verts, Ensemble à Gauche, le PS, le SIT, le Cartel intersyndical et l’association Attac, estime donc que le Conseil d’Etat s’est montré beaucoup trop timide en adaptant la loi cantonale à l’évolution du droit fédéral sur les forfaits fiscaux. «Entre tous les modèles présentés, il a choisi celui qui rapporte le moins, regrette la députée Verte Sophie Forster Carbonnier. Même Saint-Gall et Lucerne taxent plus. En reprenant leur modèle, Genève gagnerait 65 millions!»

Dans son modèle, le Canton a fixé à 400 000 francs, plus 10% pour tenir compte de la fortune, la barre du revenu imposable minimum permettant à un contribuable étranger de bénéficier de ce régime particulier. L’adaptation défendue par le Département des finances rapporterait 17,5 millions par an. Mais «65 millions, ce serait mieux», assure le syndicaliste Jean-Luc Ferrière. «Ce serait un pour-cent des recettes fiscales. Or, depuis quinze ans, le Canton a renoncé à 1,2 milliard d’impôts par an. Et quand on sait combien RIE III va coûter, cette générosité est absurde.» Pour appuyer le référendum, Patrick Flury (Cartel) et Tina Leoni Joye évoquent la diminution «constante» de l’imposition des entreprises, qui, souligne la seconde, «alimente la concurrence fiscale, laquelle augmente les bénéfices des entreprises, accroît les inégalités salariales et participe à la marginalisation croissante d’une partie de la population».

Mais Genève, qui a un impôt sur la fortune, ne taxe-t-il pas déjà assez les plus riches? «Les personnes au forfait ne paient justement pas l’impôt sur la fortune!» commente Sophie Forster Carbonnier. «Et quand bien même ils paieraient les 4,5 pour mille prévus par la loi, ce que rapporte le moindre placement est infiniment supérieur», assure Jean-Luc Ferrière. Souvent battue en votation sur les questions fiscales, la gauche pense tenir le bon bout: «Avec la mobilisation de la fonction publique cet automne, la tonalité des débats sur les finances a changé», assure Romain de Sainte Marie.

Créé: 26.04.2016, 18h17

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Hong Kong: un pays, deux systèmes
Plus...