Ce jour de décembre 2015 où Genève a craint un attentat de l’EI

TerrorismeUn livre raconte le fonctionnement des services de renseignement de l’État islamique (EI).

Le consulat général de France, cours des Bastions 2.

Le consulat général de France, cours des Bastions 2. Image: Olivier Vogelsang

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Les Genevois ne se rappellent peut-être pas la date exacte, mais ils se souviennent de cette étrange journée, fin 2015, où tout le canton s’est retrouvé en état d’alerte, craignant une attaque imminente de l’État islamique. Ils se souviennent aussi d’une camionnette belge pour le moins suspecte. La date précise, c’est le jeudi 10 décembre.

Nous sommes quelques semaines seulement après les attentats de Paris, qui ont fait 130 morts et plus de 400 blessés. Les services secrets anglo-saxons ont intercepté un message crypté destiné à une cellule clandestine. Celui-ci mentionne un projet d’attentat simultané à Genève, Toronto et Chicago. Les autorités suisses sont averties.

Mesures de sécurité renforcées

«Heureusement, le projet n’aboutira jamais», raconte Matthieu Suc, interviewé jeudi dans «Le Temps». Le journaliste, qui travaille pour le site français d’investigation Mediapart, vient de publier «Les espions de la terreur» (Éditions HarperCollins). Une enquête fouillée, fruit de quatre ans de labeur, qui met en lumière l’origine et le fonctionnement de l’«Amniyat», les services de renseignement de l’État islamique. Elle revient sur cette journée sous tension. «Cette menace sur Genève, symbole de la finance mondiale, est d’autant plus crédible que le donneur d’ordre est Abou Loqman, No 1 de l’Amniyat», poursuit Matthieu Suc.

C’est un communiqué, diffusé peu avant midi par le Département de la sécurité, qui met le canton en émoi. «Dans le cadre des investigations menées suite aux attentats de Paris, tant sur le plan international que national, la police genevoise et ses partenaires recherchent activement des personnes dont le signalement a été fourni par la Confédération», peut-on notamment y lire. Des mesures de sécurité renforcées sont prises immédiatement. Des forces de police investissent plusieurs lieux clés de la ville, comme la gare, l’aéroport, l’ambassade de France ou les Nations Unies.

Climat anxiogène

Dans l’après-midi, la «Tribune» révèle qu’une camionnette, immatriculée en Belgique, a été aperçue deux jours plus tôt à Genève. Elle a à son bord deux hommes, signalés par les autorités françaises en raison de forts soupçons de radicalisation. Ce jeudi, la camionnette a en fait déjà quitté la Suisse, mais les rumeurs les plus folles se mettent à circuler, créant un climat anxiogène dans la ville.

Au-delà de cet épisode, Matthieu Suc met surtout en lumière dans son enquête comment l’EI a copié l’organisation des grands services secrets occidentaux et moyen-orientaux pour constituer son Amniyat, avec «un bureau d’espionnage d’un côté, et de contre-espionnage de l’autre». Une structure qui comptait «plusieurs Suisses» parmi ses 1500 djihadistes, tous «triés sur le volet». (TDG)

Créé: 08.11.2018, 19h17

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