Joachim Son-Forget parle de sa stratégie de serial twitteur et de son projet présidentiel

Candidat décaléDéputé des Français de Suisse et ex-marcheur, le radiologue a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2022

Joachim Son-Forget (à droite) et Alexandre Benalla à sa droite s'adonnent aux joies du selfie.

Joachim Son-Forget (à droite) et Alexandre Benalla à sa droite s'adonnent aux joies du selfie. Image: Joachim Son-Forget

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Domicilié à Genève, l'ex-député marcheur Joachim Son-Forget a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2022 dans l'émission de Cyril Hanouna, Touche pas à mon poste, mercredi. «J'ai un projet pour la France», a déclaré ce radiologue et claveciniste de concert, élu par les Français de Suisse et du Liechtenstein en 2017, plus connu pour ces dérapages de troll des réseaux sociaux que pour son travail parlementaire, pourtant conséquent dans les commissions de la Défense et des Affaires étrangères.

Brillant mais décalé voire adulescent foufou, ce docteur en sciences médicales assume: un député a peu de poids en France, autant se faire connaître et toucher les gens sur les réseaux sociaux en twittant un truc sérieux entre deux plaisanteries. Joint par la «Tribune de Genève», il explique sa démarche: «Je vais chercher sur le Net un électorat exclu du débat politique, des abstentionnistes, des jeunes attirés par les extrêmes. Les politiques n’arrivent pas à leur parler. J’ai volontairement fait le buzz sur les réseaux pour les toucher. C’est une prise de risque, notamment par rapport à mon électorat en Suisse. J’aurai pu continuer sur le mode très classique de ma première année de mon mandat avec une réélection assurée. Mais être confortable, ce n’est pas mon but.»

Suite à des propos sexistes contre la sénatrice verte Esther Benbassa, il a quitté la République en Marche fin 2018. S’il reste un soutien du président, il est critique quant à l’orientation de la République en marche. Député non inscrit, il a créé son propre parti, baptisé Valeur absolue, avec Alexandre Benalla, autre serial twitteur. En demandant un badge d'entrée à l'Assemblée nationale pour son ami Benalla, ex-garde du corps à l'Elysée - un autre paria de la Macronie, dont il veut faire son assistant parlementaire - Joachim Son Forget faisait encore parler de lui récemment. Il essuyait un refus du Palais Bourbon dont le règlement exclut l'accréditation de lobbyistes.

Son-Forget, Benalla: drôle d’attelage, non? « C’est un self made man comme moi. Il connaît les quartiers, la banlieue, comme moi la France rurale où j’ai grandi, loin du milieu parisien. Notre slogan: La France, c’est nous. Il a par ailleurs des vraies compétences à l'international, en matière de sécurité et de renseignement. Je peux vous le dire, moi qui travaille beaucoup sur le Moyen-Orient. Et il a comme moi la politique et la France au cœur. Il a connu des déboires…. La justice dira ce qu'il en est.»

Habitué des saillies, des mises en scène adulescentes et prises de position à contre-courant, il vient de soutenir Patrick Balkany, le maire de Levallois-Pérret, condamné pour fraude fiscale à de la prison ferme et libéré mercredi en raison de son état de santé, en estimant que les délits pécuniaires doivent être sanctionnés au porte-monnaie en réservant la prison aux auteurs de violence.

Joachim Son-Forget a un projet, celui d’une VIe République à la Suisse, avec un président tournant, des régions plus autonomes, un pouvoir exécutif et législatif inspirés de la démocratie des cantons suisses et des référendums d’initiative populaire. Libéral en économie, il se dit conservateur au plan sociétal et ouvert au consensus politique. Il veut toucher les jeunes, la France périphérique et celle de la diversité, dont il est un représentant avec Alexandre Benalla. Dans deux mois, il publiera un livre sur sa philosophie politique.

Le député de 32 ans en voie de naturalisation suisse, vit à Plainpalais et exerçait à temps très partiel sa profession de radiologue spécialiste du cerveau au Centre hospitalier de Lausanne. Son contrat arrivait à terme en avril dernier. Il vit aujourd'hui de ces indemnités parlementaires et exerce occasionnellement la médecine en libéral.

Créé: 13.02.2020, 11h31

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