Des jeunes migrants envoient leurs revendications à l’État

AsileDans leur courrier, ces mineurs non accompagnés dénoncent des «agissements racistes» dans des hôtels genevois. Ils demandent des conditions d’accueil dignes.

Les jeunes mineurs non accompagnés qui ne sont pas engagés dans une procédure d'asile sont suivis par le Service de protection des mineurs (SPMI) jusqu'à leur majorité.

Les jeunes mineurs non accompagnés qui ne sont pas engagés dans une procédure d'asile sont suivis par le Service de protection des mineurs (SPMI) jusqu'à leur majorité. Image: Enrico Gastaldello

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Des migrants mineurs non accompagnés (MNA) ont écrit jeudi à Anne Emery-Torracinta, conseillère d’État chargée du Département de l’instruction publique (DIP), pour dénoncer leurs conditions d’accueil à Genève. Dans une lettre de quatre pages, ils dressent la liste de leurs revendications. Celles-ci portent notamment sur leur hébergement et leur accès à l’éducation. Un rassemblement «contre les politiques racistes» est prévu lundi à 18 h devant le Service de protection des mineurs (SPMI).

Les MNA ont un statut particulier. Leur pays d’origine ne leur permet pas de demander l’asile. Seul le fait d’être mineur non accompagné leur donne le droit de rester en Suisse et d’être suivi par des curateurs du SPMI. Une trentaine de jeunes sont concernés à Genève.

«Agissements racistes»

N’étant pas dans une procédure d’asile, les MNA ne peuvent pas loger dans les foyers pour requérants. «Ils étaient généralement pris en charge par le biais des structures d’urgence de la Ville de Genève, mais, compte tenu des problématiques rencontrées, la Ville a décidé unilatéralement l’année dernière de ne plus les héberger», précise Michael Roy au nom du DIP. Le SPMI s’est donc reporté temporairement sur les hôtels. Mais cette solution est loin d’être satisfaisante. Dans leur lettre, les jeunes migrants dénoncent des «agissements racistes» de la part de gérants. Ils signalent également que certains jeunes se retrouvent à la rue, faute d’alternative.

Outre des meilleures conditions d’hébergement, les MNA revendiquent une prise en charge tant financière que socio-éducative jusqu’à 25 ans. Actuellement, le suivi de ces jeunes s’interrompt à leur majorité. «Le jour de nos 18 ans, notre situation n’aura pas changé du tout au tout. Cela n’a aucun sens d’interrompre tout suivi à ce moment», soulignent les auteurs de la lettre.

Ces derniers demandent en dernier lieu de pouvoir jouir d’un permis de séjour pour éviter d’être «la cible d’arrestations racistes de la police» et de longues gardes à vue. Que répond le DIP à l’ensemble de ces revendications? «La question des jeunes MNA est douloureuse et préoccupe le DIP depuis plus d’une année, répond Michael Roy. Sur proposition du DIP, un groupe de travail interdépartemental a été mandaté en 2018 par le Conseil d’État afin de proposer des solutions, mais sans que cela n’aboutisse à quelque chose de vraiment concluant. C’est pourquoi, toujours sur proposition du DIP, le Conseil d’État a décidé de créer une délégation aux migrations. L’un des objectifs est de déterminer rapidement des solutions de prise en charge pour les jeunes MNA.»

Futur lieu d’accueil à venir

Un nouveau lieu d’hébergement d’urgence a pu être identifié et sera effectif dès septembre. Le DIP assure par ailleurs qu’une prise en charge éducative sera offerte aux jeunes durant la journée en collaboration avec une association. Michael Roy précise toutefois que la mission du SPMI s’arrête lorsque les MNA ont atteint leur majorité. «Au-delà, on touche à des questions d’ordre social», indique-t-il.

Créé: 12.07.2019, 17h35

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Le Léman Express inauguré
Plus...