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Le plus jeune candidat est une pousse Verte

À 19 ans, le Vert François Haas est encore collégien. Il se présente pour la première fois à une élection. Rencontre

François Haas est candidat au Grand Conseil.

Tignasse brune, petits écarteurs aux oreilles et tatouage – rose, tête de mort et masque vénitien – sur son avant-bras, François Haas a un style affirmé. Mais les écarteurs sont des faux, ce sont des boucles d’oreilles, précise-t-il: les piercings pourraient être «mal vus» en politique. «Même si je trouve ça un peu ridicule.»

Le jeune homme nous reçoit chez lui, dans la campagne de Plan-les-Ouates. Il revient tout juste du Collège de Staël, où il est étudiant jusqu’en juin. François Haas est clair, il est Vert. Mais ses valeurs sont proches de celles de ses «cousins» socialistes, comme il les nomme lui-même: «La solidarité est importante pour moi. Je suis Blanc, j’ai toujours bien vécu, tout le monde n’a pas cette chance.»

Rejoindre les Verts, une décision en phase avec sa nature. «Je suis très écolo dans la vie de tous les jours: je suis végétarien, tout le temps à vélo, c’était un peu déterminé que je sois chez eux. L’écologie prime, j’ai envie de me battre pour cette question.» Ces valeurs ne viennent pourtant pas du terreau familial: son père, ingénieur et professeur à l’Hepia, vote plutôt PDC, et sa mère, ingénieure dans une compagnie horlogère, se rapproche des Vert’libéraux. «Mon frère de 21 ans est plutôt de droite et s’intéresse peu à la politique, mais je sais qu’il va voter pour moi», sourit-il. «Ma famille trouve positif que je m’engage si jeune, mais j’ai plutôt forgé mes opinions à travers mes amis et la musique que j’écoute, du rap et du reggae.» Il cite Kerry James, Dub Inc, Bob Marley.

Le collégien a rejoint les Jeunes Verts il y a un an et demi. «J’avais mes idées depuis un moment, mais je me suis dit que c’était un parti pour moi après une interview de Lisa Mazzone dans 26 minutes en 2015. J’ai ri, et un passage dans lequel Lisa encourage les jeunes à se mobiliser m’a interpellé.»

La candidature pour le Grand Conseil s’est faite facilement: le parti avait besoin de jeunes, lui souhaitait s’investir. Son rêve pour Genève: «Je suis très utopiste, j’aimerais que chacun puisse circuler, se loger et acheter ses produits dans une ferme locale.» Idéaliste? «Je ferai augmenter la moyenne de positivisme au Grand Conseil. Si on ne peut rien faire, ça ne sert à rien de s’engager. Il faut essayer.»

Mobilité douce, condition animale et droits des LGBTIQ (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, intersexes ou queer): le programme de François Haas, visible sur le site des Verts mais aussi à travers ses nombreux posts Facebook, est résolument de son temps. «Beaucoup de gens n’osent pas prendre le vélo parce que les routes ne sont pas adaptées. J’ai envie que ça change.» La question animale lui tient aussi à cœur, lui qui est végétarien. «On ne peut pas continuer à consommer aveuglément. En Suisse, on peut et on doit respecter la condition des animaux.»

Quant aux minorités sexuelles, le jeune homme est catégorique. «Il ne devrait pas y avoir de frontière entre les genres. Je veux permettre aux homosexuels d’avoir les mêmes droits que moi, notamment en matière de mariage et d’adoption, en portant ces sujets devant le Grand Conseil.»

Mener à 19 ans une vie politique, le défi ne fait pas peur à l’hyperactif, qui jongle entre campagne électorale, Collège, hockey et impro. «Si je suis élu, je peux faire des études en parallèle. J’aimerais prouver qu’un jeune ne doit pas avoir peur de son âge.» À côté de la politique, le jeune homme se rêve enseignant d’histoire-géographie au Collège de Staël, pour transmettre un savoir qui le passionne, créer un espace dans lequel chacun peut s’exprimer et «retrouver certains profs comme collègues», s’amuse-t-il.

Deux dates importantes inscrites à l’agenda de François Haas: le 15 avril et le 22 juin. Soit l’élection du Grand Conseil et l’affichage des résultats de maturité. La plus stressante? «La maturité!» répond-il sans hésiter. «Je ne suis pas très bon élève, ce sera un peu tendu.»

François Haas n’a pas peur de l’avenir: s’il ne se distingue pas cette fois-ci parmi le nombre record de candidats – 623 personnes – il y aura d’autres élections au Grand Conseil. Ou, en 2020, la possibilité d’être candidat aux élections municipales de Plan-les-Ouates. À tout juste 21 ans.

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