Les Jenisch peinent à trouver leur place dans le canton

GenèveUne table ronde a lieu ce soir sur les gens du voyage suisses et le manque de sites pour les accueillir, en particulier à Genève.

Albert Barras, le porte-parole des Jenisch en Suisse romande.

Albert Barras, le porte-parole des Jenisch en Suisse romande. Image: Vanessa Cardoso

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Des citoyens de seconde zone. C’est ainsi que se sentent les Jenisch, ces nomades qui, tout en étant de nationalité suisse, disent avoir toujours plus de peine à trouver des endroits où camper, notamment à Genève. Une table ronde sur ce sujet est organisée ce soir au bateau Genève, avec une exposition de photos, des démonstrations de métiers traditionnels, un repas et des concerts.

Le but est de mieux faire connaître cette communauté de gens du voyage originaire de Suisse, d’Allemagne, d’Autriche et de l’est de la France, qui est souvent confondue avec les Gitans, venus d’Espagne et du sud de la France, ou avec les Roms, venus d’Europe de l’Est. Parlant un dialecte aux consonances germaniques, les Jenisch sont reconnus comme une minorité nationale en Suisse. «Nous sommes nés et avons grandi ici, nous payons nos impôts et faisons notre service militaire, précise leur porte-parole romand, Albert Barras. Comme tous les Suisses, nous aimons la propreté et l’ordre. Mais nous sommes victimes de préjugés et on nous accuse encore et toujours d’être des voleurs de poules.»

À cause de ces préjugés tenaces, les Jenisch, qui exercent divers métiers comme brocanteur, marchand de ferraille, manœuvre, rémouleur et autres, se font souvent expulser des lieux où ils veulent camper. «Nous ne nous installons jamais sur un terrain privé sans autorisation, assure Albert Barras. Mais quand nous contactons des communes, on nous répond systématiquement qu’il n’y a pas de lieu disponible pour nous. Alors nous devons parfois poser nos caravanes sur un parking.» Ce que les Jenisch souhaiteraient, c’est davantage de sites équipés de sanitaires, d’eau et d’électricité, où ils pourraient séjourner quelques semaines en payant un loyer. «Nous ne restons jamais plus d’un mois au même endroit, confie Albert Barras. Nous avons la bougeotte, c’est dans le sang.»

Les sites dédiés aux gens du voyage sont rares en Suisse, et en particulier à Genève. Il n’y en a qu’un seul dans le canton, celui de la Bécassière, à Versoix. «Mais il est surtout occupé par les forains et des gens du voyage semi-sédentarisés, qui y vivent à l’année, déplore Albert Barras. Pour les gens de passage comme nous, il n’y a rien. Une simple parcelle de 3000 m2 suffirait, et la Confédération donne des subventions pour ça. Mais comme certains groupes de gens du voyage posent problème, on nous met tous dans le même panier et nous sommes rejetés partout.» Antoine Grosjean

«Qui sont les gens du voyage suisses? Quelle place ont-ils à Genève?» Table ronde, exposition et animations. Bateau Genève, jeudi soir 18?h?30.

(TDG)

Créé: 28.11.2018, 19h12

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