J’ai testé le Pressing Drive

Uberisation: Episode 2/6Le service On My Way propose de déposer et récupérer ses habits dans une station-service.

A la station de la Praille, on profite du stop pour faire le plein d’essence et déposer ses affaires au pressing grâce au service On My Way.

A la station de la Praille, on profite du stop pour faire le plein d’essence et déposer ses affaires au pressing grâce au service On My Way. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Imaginez-vous au volant de votre coupé cabriolet, le coude nonchalamment posé sur la vitre abaissée, prêt à saisir votre chemise sur cintre au comptoir comme un Happy Meal dans un McDrive. Cette image n’est pas loin de la réalité depuis que le pressing en réseau On My Way vient concurrencer le groupe leader du pressing, 5 à Sec, en terres romandes. Le principe: déposer et récupérer ses habits dans une station-service (six points de collecte). La start-up lausannoise vient d’être acquise par le groupe français Elis. Les avantages promis: pas de souci de parking, une grande flexibilité horaire (de 6 h à 22 h, 7 jours sur 7 et 365 jours sur 365), aucun montant minimum d’achat, un retour des vêtements en deux à cinq jours ouvrés et les prix d’un pressing classique. Le service On My Way business est, lui, dédié aux entreprises.

Le prix

Avec la chemise sur cintre à 6 fr.50, le pantalon à 13 francs et la veste à 15 francs (-10% avec la carte de fidélité), les tarifs sont un franc tout pile au-dessus de ceux de 5 à Sec. Mais ils sont de 20 à 30% moins élevés que ceux de notre petite teinturerie de quartier.

L’inscription

Pas de chance, nous habitons et travaillons au centre-ville, il n’y a aucun point de collecte sur notre trajet quotidien. Pour le test, direction la station de la Praille. Une housse avec une carte d’identification nous a été envoyée gracieusement par la start-up à notre domicile après l’inscription, accompagnée de sacs en plastique pour le linge sale. Nous devons préciser à l’avance sur le site le type de vêtements que nous allons déposer: une chemise, une robe et une veste d’homme.

Le jour J

Patatras, entre-temps, nous avons fait tomber notre imperméable dans une flaque de boue. Nous substituons donc au dernier moment la veste d’homme par l’imperméable, sans changer la commande sur le site. Les tarifs applicables sont différents (25 francs pour un manteau contre 15 francs pour une veste). Le dépôt en station est ultrarapide, si ce n’est la file d’attente, il ne nécessite aucune démarche particulière, pas de document à présenter ou signer. Nous recevons un mail de confirmation de prise en charge et, trois jours après, un autre pour nous indiquer que la commande est prête à être récupérée. Le site indique qu’une identification est nécessaire au moyen de la carte de membre ou d’un document d’identité. Pourtant, nous récupérons notre housse sans aucun contrôle. Surprise, aucun changement ne sera fait dans la facturation malgré l’échange veste contre manteau. Les vêtements sont propres, même si un petit mot nous signale la présence de taches persistantes, «malgré nos bons soins. Nous craignons qu’en insistant, nous endommagions le tissu et/ou la couleur.» Dernier bémol, la housse, une fois pliée en deux grâce à des boutons pression pour être portée à l’épaule grâce à une lanière, se retrouve tête de cintre en bas. Ainsi, on froisse les vêtements à nouveau, dommage.

L’envers du décor

Une fois déposée en station, notre housse est en fait récupérée par un chauffeur qui la dépose chez le partenaire sous-traitant, Lavotel SA. Une blanchisserie industrielle dont la clientèle est notamment composée de cliniques médicales et d’hôtels de luxe. «C’est de la sous-traitance encadrée, précise Cédric Rimella, cofondateur d’On My Way. Nous avons notre propre personnel sur place qui contrôle les vêtements à l’entrée et à la sortie.» Les stations-service, n’est-ce pas un marché de niche? «Les stations en périphérie de ville rendent service à des gens qui vivent dans des endroits où le développement immobilier a été fort mais où les services n’ont pas suivi. Par contre, les centres-villes sont mal dotés en stations, raison pour laquelle nous allons nous étendre.» Il nous parle de points de collecte au Bon Génie dès septembre, et surtout de son projet de service à domicile, grâce au rachat par Elis. «On aimerait le lancer d’ici à la fin de l’année. Nous avons fait un partenariat avec Uber l’an dernier, où les chauffeurs livraient les vêtements à domicile, et ça a été un très grand succès, sans surprise.»

L’intérêt pour les stations passe par un pourcentage du chiffre d’affaires, plus de trafic et une certaine fidélisation de la clientèle. «Ça ne nécessite aucun investissement, les différencie de la concurrence et génère de la vente additionnelle», argumente Cédric Rimella. Le gérant de la station Tamoil de la Praille n’a pas souhaité nous répondre.

Le directeur général de 5 à Sec Suisse, Philippe Labhard, ne voit pas cette concurrence d’un mauvais œil. «C’est une très bonne idée, ça facilite la vie de certains. Encore faut-il avoir besoin de prendre de l’essence. Mais allez-vous faire confiance à une station-service pour prendre soin de votre belle robe? Si le client veut préciser la nature des taches, je ne suis pas sûr que le contact avec un employé de station-service offre une valeur ajoutée…»

Bonus

Nous voulions aussi tester Mypressing.ch, dont la page d’accueil promet service au travail et à domicile (l’offre a depuis été modifiée). Pourtant, lors de notre réservation, le seul point de collecte proposé était notre entreprise. Pas très pratique alors que nous pensions en profiter pour faire nettoyer notre duvet. Finalement, nous annulons la transaction, qui nous sera remboursée après relance.

Créé: 28.06.2016, 17h11

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