J’ai testé la location de voiture entre particuliers avec Sharoo

Uberisation: épisode 5/6 Sharoo propose de l’autopartage – à ne pas confondre avec le covoiturage – pour arrondir ses fins de mois.

Grâce à l’application Sharoo, les locataires peuvent ouvrir et fermer la voiture sans clé, à l’aide de leur smartphone.

Grâce à l’application Sharoo, les locataires peuvent ouvrir et fermer la voiture sans clé, à l’aide de leur smartphone.

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En voiture Simone, c’est un inconnu qui conduit, c’est un inconnu qui klaxonne! On connaît déjà le système d’autopartage Mobility à Genève. Il donne accès à une flotte de véhicules répartis sur 74 emplacements dans le canton. Le tarif est kilométrique et horaire, dépendant de la catégorie de la voiture.

Nous avons voulu tester un de ses partenaires, nouveau venu dans le marché de l’autopartage: Sharoo, une start-up zurichoise, dont l’actionnaire majoritaire est M-way, filiale de Migros. D’autant plus que le cabinet Frost & Sullivan vient de le désigner meilleur système d’autopartage de particulier à particulier en Europe! A la différence de Mobility, ce système repose sur un parc de véhicules privés, et non sur des véhicules standardisés. Il invite les particuliers à proposer leur voiture en location lorsqu’ils ne l’utilisent pas, d’où le slogan «Et si tu faisais travailler ta voiture?» Aucune remise de clés n’est nécessaire car les locataires utilisent leur smartphone pour le déverrouillage.

L’assurance La Mobilière affirme protéger les utilisateurs contre tout dommage éventuel par le biais d’une casco intégrale. Mais certains risques ne sont pas couverts, comme les dégâts sur les appareils de communication et de navigation, les dommages consécutifs à l’évitement d’un animal, les bris de glace dont les frais sont égaux ou supérieurs à la valeur du véhicule, etc.

Nous devons informer notre assurance régulière en cas d'autopartage. Dans notre cas, cette pratique augmente notre prime annuelle d'environ 200 francs.

Pour proposer une voiture à la location, il faut que son prix catalogue ne dépasse pas 130 000 francs, avoir des plaques CH ou FL (Liechtenstein), un smartphone, un verrouillage central, une place de stationnement accessible au public et qu’elle ne fasse pas l’objet d’un leasing.

Le prix

Pour le loueur, l’abonnement mensuel est gratuit, mais il faut investir au départ dans un boîtier à 399 francs (offert pour les 100 premiers inscrits). Il détermine lui-même les montants de location, mais les tarifs recommandés sont de 6 francs de l’heure, 60 francs la journée, plus 40 centimes au kilomètre. Sur ce revenu sera soustraite une commission Sharoo de 15 à 30% selon l’abonnement.

L’inscription

Tout se passe en ligne, mais la navigation est assez malaisée. Lors de notre essai, le téléchargement du permis de conduire ne fonctionne pas. Il n’y a pas de hotline, seulement un e-mail et un live chat. Nous envoyons un message et n’aurons jamais de réponse. Heureusement, en réessayant quelques jours plus tard, tout fonctionne. Il est difficile de répondre à certaines questions de mémoire, comme le prix catalogue, la garantie de fabrication ou encore la qualification des dommages, car il n’y a pas d’exemple.

Commence alors le processus de vérification de notre permis de conduire, qui prend environ une semaine. Il s’agit ensuite de prendre rendez-vous dans un garage pour faire poser le boîtier spécial qui permettra à un smartphone d’activer ou désactiver le verrouillage central. Il n’y a qu’un seul garage partenaire à Genève (Carouge), où nous n’obtenons rendez-vous que dix jours plus tard par nos propres moyens, alors que Sharoo devait s’en charger. Nous pensions en profiter pour demander un nettoyage intérieur du véhicule afin de mettre à disposition un objet impeccable. Raté, il ne s’agit pas vraiment d’un garage, mais plutôt d’un atelier audio. Le boîtier est invisible, installé sous le tableau de bord.

Une fois posé, il a encore fallu attendre une dizaine de jours pour que ce boîtier soit activé. Au total, il s’est écoulé un mois entre le jour de notre inscription et le jour où notre voiture est prête à être louée. Nous devons à présent inscrire nos disponibilités, par le biais d’un système en ligne très malpratique.

Le jour J

Etant donné les délais qu’il nous reste pour publier l’article, nous faussons le jeu en demandant à un complice de louer notre voiture. Il la réserve en ligne et reçoit un SMS de confirmation, alors que côté loueur, on ne reçoit qu’un mail, moins pratique.

Pour trouver la voiture, le locataire n’a pour seule indication que les informations que nous avons laissées. Comme nous sommes dans un secteur à macaron, nous avons inscrit le nom de la rue où notre voiture est le plus fréquemment garée. Si le loueur oublie de noter le dernier emplacement précis, le locataire a la possibilité de le contacter.

Notre cobaye ouvre sans problème la voiture grâce à l’application Sharoo, même si la connexion Bluetooth est un peu lente. Pour terminer la réservation, il doit remplir une check-list obligatoire (voiture verrouillée, réservoir ¼ plein, clé dans la boîte à gants et voiture garée à l’adresse correcte). Or ce jour-là, il n’y a pas de place disponible dans la rue indiquée. Il coche donc la case alors que la voiture est ailleurs, et rien ne l’incite à indiquer le nouvel emplacement.

Le montant facturé correspond au temps réservé, et non au temps réellement utilisé.

L’envers du décor

La start-up Sharoo est la seule entreprise à ne pas avoir répondu à nos questions. Nous en avions pourtant plusieurs, notamment sur l’absence de géolocalisation précise des véhicules, qui oblige à noter scrupuleusement l’adresse de la place de parking.

A lire aussi, l'article de la Fédération romande des consommateurs sur Sharoo.

Créé: 01.07.2016, 18h36

2EM, un autre acteur de l'autopartage

Nous n'avons pas testé 2EM.ch, une start-up suisse créée en 2012 qui s'est spécialisée dans la location de véhicules entre particuliers, mais propose également du vélopartage. Elle revendique plus de 2200 adhérents à Genève.
Contrairement à Sharoo, un rendez-vous pour la remise de clé est nécessaire. «Cela rend la location plus personnelle et conviviale, cela permet également d'établir une relation de confiance entre le propriétaire et le locataire», argumente Laurent Goulenok, chargé des relations presse. Ils dressent un état du véhicule et signent le contrat de location fourni par 2EM. Et cela évite le lourd investissement que représente le boiter Sharoo (399 francs).
En termes de prix, le loueur détermine le prix de location de son véhicule librement, en moyenne de 35 fr. par jour pour une voiture et de 5 fr. par jour pour un vélo. Puis 2EM prélève une commission de 18% sur ce montant une fois le véhicule loué. Pour le locataire, l'inscription est gratuite, il ne paie que le prix de la location.
2EM.ch diffère aussi de Sharoo sur le plan des assurances: le locataire doit avoir une assurance qui couvre l'autopartage. Si cela n'est pas possible avec son assurance actuelle, il lui est recommandé de changer d'assureur et de s'affilier chez Zurich. 2EM affirme prendre en charge la différence.

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