Le squatter en roulotte a été forcé de déménager

Petit-SaconnexL'étudiant a été interpellé tôt ce matin, ce qui a permis une intervention du propriétaire. Les proches du squatter ont déplacé la roulotte chez des voisins qui ont proposé leur aide.

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Deux fourgons de police campent ce matin au chemin du Docteur-Adolphe-Pasteur, au Petit-Saconnex. Les forces de l'ordre ont interpellé peu avant 6h du matin le jeune étudiant de 25 ans qui s'était installé avec sa roulotte dans le jardin du numéro 28.

Une dépanneuse, dépêchée par le propriétaire, étant arrivée devant la parcelle vers 7h45, l'entourage du squatter a négocié avec la police et le représentant du propriétaire. Il a été obtenu que la roulotte puisse être déplacée dans le jardin d'un voisin qui a offert son aide. Ce transfert, mal aisé, a été réalisé par une dizaine de personnes, dont des voisins. Il permettra au squatter de récupérer son logement mobile sans se voir facturer son déménagement.

La société propriétaire des lieux a lancé le 5 août des procédures pénales et civile contre David Simon. Selon le porte-parole de la police, le jeune homme a été interpellé pour être auditionné à l'Hôtel de police. «La personne est en train d'être entendue, expliquait Jean-Philippe Brandt tôt lundi matin. Il ne s'agit pas d'une évacuation pour le moment. Un contact doit être pris avec les représentants du propriétaire.»

Des voisins et élus outrés

La parcelle, abandonnée depuis plusieurs années, avait suscité auparavant des plaintes quant à son insalubrité de la part du voisinage. Celui-ci se félicitait de l'arrivée du squatter qui avait remis bon ordre dans le quartier. Certains habitants ont donc peu apprécié l'intervention policière. «C'est un scandale, réagit Pierre-André Marti, président de l'association pour la sauvegarde du Petit Saconnex Village, présent sur place. Mobiliser autant d'hommes pour auditionner quelqu'un coûte une fortune à la collectivité. Ils privilégient un propriétaire qui se fout totalement des voisins et du quartier.» La police justifie l'ampleur du déploiement matinal par la tournure politique que le dossier a prise, plusieurs élus de gauche ayant exprimé leur soutien au jeune squatter lors d'un rassemblement organisé vendredi.

Également accourue sur place lundi matin, la députée socialiste Caroline Marti est outrée: «On fait primer l'intérêt privé du propriétaire sur l'intérêt public: celui du voisinage et celui qui consiste à trouver du logement pour les étudiants, argue la parlementaire. Cette intervention se déroule en dehors du droit car il n'y a pas eu de jugement d'évacuation.» Dans l'entourage du jeune occupant, la méthode de la police est jugée cavalière dans la mesure où elle a les effets d'une expulsion, sans en avoir la forme juridique.

Le propriétaire veut rassurer

La société détentrice de la parcelle souhaite y édifier un immeuble mais a dû geler son projet après que les autorités ont résolu d'ébaucher un plan localisé de quartier (PLQ). Lequel ne devrait pas être mûr avant 2019, selon la Ville. L'intention de bâtir demeure, selon l'avocat de la société immobilière: «Si les autorités n'avaient pas décidé d'élaborer ce PLQ, ma cliente serait sans doute déjà en possession d'une autorisation de construire en force», estime Serge Patek. Alors que le voisinage craint que le désordre revienne sur la parcelle après le départ de David Simon, l'homme de loi se veut rassurant: «Toutes les mesures de surveillance nécessaires seront prises pour éviter que des intrus s'y introduisent, y déposent des détritus ou y causent des nuisances sonores», poursuit-il. Selon lui, certains voisins exagèrent les problèmes antérieurs: «Certains d'entre eux s'opposent à l'urbanisation et instrumentalisent peut-être M. Simon», suppose-t-il.

Le déplacement de la roulotte est survenu alors que le recteur de l'Université, Yves Flückiger, était «prêt, si les parties le souhaitent et parce que le logement étudiant est une préoccupation du rectorat, à prendre part à une médiation», comme le confirme son service de presse. (TDG)

Créé: 15.08.2016, 09h55

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