Insalubre, un chantier de l'Hospice général est contraint de fermer

GenèveLes travailleurs mangeaient au milieu des gravats. La rénovation de l'Hôtel Bernina ne reprendra qu'après un profond nettoyage.

Une trentaine d'ouvriers travaillent sur le chantier à la rénovation de l'Hôtel Bernina.

Une trentaine d'ouvriers travaillent sur le chantier à la rénovation de l'Hôtel Bernina. Image: Frank Mentha

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«Chantier indigne! Hygiène indigne!» La pancarte d'Unia accrochée sur l’échafaudage qui recouvre l'Hôtel Bernina, en face de la gare Cornavin, donne le ton. Le syndicat est intervenu mardi pour demander des mesures immédiates afin de rétablir l'hygiène des locaux et préserver la sécurité de la trentaine de travailleurs du bâtiment qui œuvrent à la rénovation de l'établissement, depuis neuf mois. Et la réaction a été rapide.

À 9 h, un inspecteur du Département du territoire (DT) était sur place. Après une visite des lieux, ce dernier a exigé la fermeture immédiate du chantier.

Le syndicat dénonce un chantier encombré et dangereux. Photo: Unia

Les raisons? «Les ouvriers mangeaient au milieu des débris durant leur pause de midi! Le règlement impose que chaque travailleur bénéficie d'un mètre carré au minimum pour se changer et un autre même carré pour sa pause repas. Ce n'est pas respecté sur ce chantier: les ouvriers mangent et se changent au même endroit, au milieu de la poussière», explique, outré, José Sebastiao, secrétaire Unia, responsable du secteur de la construction.

«L'éclairage n'est non plus pas conforme (ndlr: des ampoules se trouveraient parfois à hauteur de visage) et les échafaudages sont encombrés. Nous n'avons jamais vu un chantier dans un tel état! On stresse les ouvriers pour qu'ils travaillent toujours plus rapidement au lieu d'assurer leur sécurité», lance Blaise Ortega, responsable du secteur de la métallurgie. Le syndicat menait des visites du chantier depuis trois mois.

Blaise Ortega tout à gauche et José Sebastiao, tenant des photos du chantier jugé insalubre. Photo: Frank Mentha

Discussion «impossible»

L'entreprise chargée des travaux souligne que la fermeture d'un de ses chantiers pour cause d'insalubrité est une première. Un de ses responsables déplore la mesure mais assure que l'entreprise prend au sérieux les requêtes des ouvriers. «Nous effectuerons tous les aménagements nécessaires afin que le chantier soit conforme.»

Le responsable regrette toutefois qu'Unia n'ait pas accepté de discuter et d'effectuer une visite commune des lieux mardi matin, afin de relever ensemble les changements à apporter, avant de faire appel à l'inspecteur des travaux. «Nous n'avons reçu aucune plainte, avant ce matin. C'est totalement faux de dire que le chantier n'a jamais été nettoyé jusqu'à présent. Un nettoyage est effectué toutes les semaines», précise-t-il.

Containers réclamés

Quoi qu'il en soit, deux entreprises de nettoyage ont été mandatées mardi matin. Une demande a été adressée pour installer des containers de chantier dans la rue Pradier, afin d'offrir un lieu de pause adéquat et un vestiaire aux travailleurs. Dans l'intervalle, le futur réfectoire de l'hôtel servira de salle de repas pour les ouvriers. Un WC devra être ajouté et les toilettes, pour l'heure chimiques, devront être raccordées.

«Ces conditions minimales d'hygiène ne sont pas précisées dans la convention collective de travail des métallos», regrette José Sebastiao. Unia demande, en outre, qu'une indemnisation à hauteur de 25 franc par jour et par ouvrier soit accordée pour couvrir les frais de repas et de déplacement. L'entreprise chargée des travaux indique ne pas avoir été informée de cette requête.

L'Hospice général, maître d'ouvrage, a réagi au travers de son responsable médias: «L’Hospice général a appris ce matin, par l’entreprise générale qui gère le chantier, que cette dernière doit améliorer la qualité des locaux mis à disposition des ouvriers. Le Maître d’ouvrage prend cette situation au sérieux et des mesures sont immédiatement prises en ce sens, mais il regrette de ne pas avoir été directement interpellé auparavant. Ce point n’avait jusqu’ici pas été soulevé alors que le service de l’inspection des chantiers s’est rendu à plusieurs reprises sur le site.»

La fin de la rénovation de l'Hôtel Bernina était initialement prévue pour cet été, mais les travaux ne seront pas terminés avant la fin de l'année 2019, indépendamment des événements survenus mardi.

Créé: 16.07.2019, 15h53

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