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Les inégalités salariales en Suisse se chiffrent en milliards

«Les femmes gagnent chaque mois près de 600 francs de moins que les hommes. Par an, 7,7 milliards de revenu leur sont volés.»

Une bonne part de l’écart entre le salaire des femmes et celui des hommes ne s’explique pas par des facteurs objectifs.
Une bonne part de l’écart entre le salaire des femmes et celui des hommes ne s’explique pas par des facteurs objectifs.
Keystone

Lancée mardi lors de la conférence de presse de la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS) sur les inégalités salariales et les discriminations sexistes, cette affirmation est techniquement juste. Elle a pour source l’Office fédéral de la statistique (OFS), et plus précisément l’enquête suisse sur la structure des salaires en 2014. Et encore ces 585 francs ne représentent-ils que la part de la différence salariale dans le secteur privé qui n’a aucune explication. Sauf l’inégalité des sexes face à l’emploi. En ce 14 juin, jour anniversaire de la grève des femmes de 1991, une plongée dans ces statistiques s’impose.

Car, en réalité, la différence moyenne globale de la rémunération est beaucoup plus importante. Elle se monte à 1495 francs dans le secteur privé et à 1457 francs dans le secteur public. Le pourcentage de la part qui ne s’explique pas par des facteurs objectifs (expérience, niveau de responsabilité, formation, etc.) est de 49% dans le privé et de 42% dans l’administration publique.

La part inexplicable est également très variable selon la branche économique. Dans l’hôtellerie-restauration, elle représente 65,2% de la différence salariale, et 47,2% dans le commerce de détail. Dans les activités financières et d’assurance, elle tombe en revanche à 27,2%.

D'autres causes d'inégalité

À ce stade, il est important de préciser que pour les féministes, le combat pour l’égalité salariale ne se limite pas à la seule part non explicable. Car si les femmes occupent en moyenne des emplois moins bien payés, c’est parce qu’elles sont victimes d’autres inégalités. Par exemple le fait d’occuper plus souvent des postes à temps partiel, de mener des carrières professionnelles interrompues plus fréquemment (maternités) ou encore d’être amenées à choisir des secteurs moins bien rémunérés.

C’est ainsi que 73,3% des postes rémunérés à plus de 8000 francs sont occupés par des hommes. Et même 84,8% lorsque le salaire dépasse 16 000 francs. À l’inverse, les femmes sont très majoritaires (64,2%) lorsque le salaire est inférieur à 4000 francs.

Si l’on se réfère maintenant à cet autre indicateur qu’est la médiane (il y a autant de salariés qui gagnent davantage que de salariés qui gagnent moins), l’écart salarial global entre hommes et femmes en Suisse est de 819 francs (en 2016 cette fois). Un montant qui représente 12% du salaire brut médian suisse, lequel s’est fixé en 2016 à 6502 francs par mois.

Des points positifs

L’OFS livre toutefois dans cette étude une évolution positive: l’écart salarial entre femmes et hommes a diminué entre 2006 et 2016 de 4,3 pour-cent. Il est passé de 16,3% à 12%, même s’il a quelque peu stagné entre 2015 et 2016.

Enfin, il semble que Genève soit bien plus égalitaire que la moyenne du pays. En 2014, le salaire médian des hommes n’était que de 2,3% supérieur à ce celui des femmes. Peut-être est-ce en partie dû au fait que notre économie est fortement tertiarisée, mais faute de données par branche économique, cela reste une hypothèse.

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