La première gare du CEVA est prête à entrer en service

InaugurationVouée à devenir la deuxième station du canton, Lancy-Pont-Rouge accueille ses premiers passagers dans un secteur en plein chantier.

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Il n’est pas aisé de se convaincre qu’on est à Lancy-Pont-Rouge pour fêter la fin de travaux. La nouvelle gare, première à entrer en service sur la ligne CEVA, a été inaugurée vendredi au cœur d’un secteur en pleine mutation. Il offre la vision chaotique d’un capharnaüm constellé de fosses de chantiers, encombré de barrières et hérissé de grues, échafaudages ou tours en pleine ascension vers d’imposants gabarits.

«On sent ici qu’une gare est une source de vie et de développement», souligne le directeur général des CFF, Andreas Meyer. «Lancy fera partie du centre-ville de l’agglomération genevoise», prédit Antonio Hodgers, ministre cantonal de l’Aménagement.

Les engins de chantier vont encore vrombir par ici. Au pied même de la gare, deux passages inférieurs doivent encore être créés pour faciliter les cheminements pédestres entre la gare et le flanc oriental du faisceau ferroviaire, côté Acacias, où se trouve notamment l’interface avec le tram 15. La construction des espaces publics attenants démarrera en février. Pendant ce temps, les grues continueront à faire émerger les tours de bureaux (de quoi abriter quelque 4600 emplois) ainsi que le quartier résidentiel de l’Adret (640 logements, soit environ 1800 habitants).

Un pôle en pleine croissance

Pour l’heure, la nouvelle gare, qui enjambe la route du Grand-Lancy à proximité des Ports Francs, ne fait que remplacer la halte provisoire voisine, inaugurée en 2002 à une centaine de mètres plus au nord pour servir de terminus au train régional provenant de Coppet. Concernant l’offre ferroviaire, rien ne va encore changer avec le nouvel horaire qui prend effet ce dimanche.

Mais une montée en puissance pointe à l’horizon, comme l’a fait pressentir, lors de l’inauguration, la première sortie publique de l’une des 23 rames Stadler Flirt que les CFF ont acquises pour desservir le réseau régional Léman Express. Dès cette année, la fréquence de passage du train régional va doubler pour passer aux quinze minutes, aux heures de pointe dès le mois de juin, toute la journée dès la fin de l’année.

On espère mettre pleinement en service le réseau Léman Express un an plus tard, à la fin de 2019, une fois que sera achevé le maillon central qu’est le CEVA, aujourd’hui construit à 85%. À cet horizon, Lancy-Pont-Rouge portera le titre de gare, comme celle des Eaux-Vives, et se distinguera des haltes du Bachet, de Champel ou de Chêne-Bourg en cela que tous les convois s’y arrêteront. Pas uniquement les trains régionaux assurés par les rames Flirt (ou leurs homologues françaises Alstom Régiolis), mais aussi leurs grands frères à deux étages, les trains RegioExpress qui rouleront chaque demi-heure entre Lausanne et Annemasse.

La gare numéro 2 du canton

L’arrivée de ces convois a nécessité d’ajuster le gabarit du tunnel sous le Bois de la Bâtie. L’adaptation du réseau existant et la construction de la gare ont coûté 70 millions de francs: une paille au sein du budget global du CEVA qui dépasse 1,6 milliard.

«Six fois par heure et par sens, des trains proposeront des temps de parcours attractifs et des gains de temps allant de 15 à 30 minutes selon les trajets», vante Luc Barthassat, conseiller d’État chargé des Transports. Avec son quai central unique desservant deux voies, la gare de Lancy-Pont-Rouge devrait alors être fréquentée chaque jour par quelque 12 000 passagers. Aux portes du secteur Praille-Acacias-Vernets, elle se hisserait en deuxième position des gares genevoises, et elle sera bientôt reliée efficacement, grâce à l’extension du tram 15, à la zone industrielle de Plan-les-Ouates puis à Saint-Julien-en-Genevois.

Des écueils restent à surmonter. D’une part des oppositions contestent toujours les mesures antibruit prévues sur la voie, les jugeant insuffisantes. D’autre part, il reste à affiner les détails de l’exploitation future du réseau transfrontalier. Directeur suppléant de l’Office fédéral des transports, Pierre-André Meyrat annonce la signature imminente d’une lettre d’intention par les autorités des deux pays. «Son élément clé est la volonté d’éviter tout effet frontière qui serait un obstacle à la rentabilité du Léman Express.»

(TDG)

Créé: 08.12.2017, 11h29

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La gare aurait dû ressembler à une sorte de tunnel vitré, si on se réfère aux images de synthèse des projets initiaux tels que conçus par l’architecte Jean Nouvel, auteur du concept des cinq gares du CEVA. Mais le résultat final n’évoque que de très loin ces ébauches.
Seule des cinq stations à se situer entièrement en surface, Lancy-Pont-Rouge est celle qui a payé le plus lourd tribut aux mesures d’économie décidées au début de l’an dernier pour atténuer l’explosion budgétaire due aux briques de verre, ce leitmotiv architectural du CEVA. Motif: ces rectangles vitrés de 5,4 mètres sur 2,7 revenaient bien plus cher que prévu. Afin de ramener le surcoût de 45 à 15 millions de francs, les architectes ont retiré quelque 400 des 1500 briques initialement envisagées sur la ligne. Pour choisir celles qui devaient être préservées, on a donné la priorité à celles qui avaient pour fonction de convoyer de la lumière dans les souterrains.
Ce principe a été évidemment défavorisé la seule gare de surface. Lancy-Pont-Rouge conserve au final 108 de ces briques, qui forment au-dessus du quai une sorte de marquise, d’ailleurs plutôt inefficace face aux intempéries.
Mais la gare a été dépouillée des rectangles verticaux qui auraient dû la border en formant une sorte de portail d’entrée pour Lancy. «Les CFF ont entendu notre désarroi et financé en remplacement un parapet en verre, raconte le conseiller administratif lancéen Stéphane Lorenzini. Notre Fonds d’art visuel a organisé un concours international pour habiller ce vitrage.» Cette intervention a elle aussi été inaugurée vendredi. Le lauréat, Gérard Collin-Thiébaut, a utilisé des images anciennes et actuelles de Lancy. L’ancien et le nouveau se superposent dans les couches de verre qui ont subi une cuisson à 700 degrés pour fixer les pigments. L’œuvre se présente comme une frise colorée haute de 1 mètre 90 et courant sur 126 mètres sur le flanc occidental de la station (côté Lancy) et 25 mètres à l’est (côté Acacias).

Un nom encore incertain

Elle s’appelle Lancy-Pont-Rouge, mais jusqu’à quand? C’est à Berne que se tranchera la controverse sur le nom de la gare. La station devrait se muer en Genève-Pont-Rouge aux yeux du Conseil d’État, dont l’argumentaire a été suivi par le Département fédéral des transports. La Commune de Lancy et le Grand Conseil, eux, désapprouvent. Le Conseil fédéral risque fort de devoir se poser en arbitre. «On utilisera tous les moyens juridiques pour que cette gare conserve le nom de Lancy qu’elle porte depuis 15 ans», martèle Damien Bonfanti, maire. «La vision communale peut se défendre, tout comme la vision métropolitaine qui est celle du Conseil d’État, commente le magistrat chargé de l’Aménagent, Antonio Hodgers. On se pliera à l’avis de Berne. Ce qui importe vraiment, c’est que les gens prennent le train!»

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