Violent incendie au Quai Ernest-Ansermet: les habitants ont pu réintégrer l'immeuble

Fait diversLe feu a pris au quatrième étage d'un immeuble de la Jonction. On dénombre 34 personnes blessées ou intoxiquées. Seize ont été transportées à l'Hôpital dont une victime grièvement brûlée

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Après le violent incendie qui a ravagé un appartement au 4e étage d'un immeuble du Quai Ernest Ansermet dimanche dans l'après-midi, les habitants ont pu regagner leur logement en cours de soirée. Seuls les locataires du 4e étage ne sont pas revenus. Certains sont encore hospitalisés, d'autres ont été hébergés par des proches. Car quatre appartements sur l'étage sont inhabitables.

L'appartement d'où le feu est parti menaçait hier de s'effondrer. Avant de permettre aux locataires de réintégrer l'immeuble, il fallait écarter tout danger. Un ingénieur en génie civil a donc mené des expertises durant plusieurs heures. Il a ensuite ordonné des mesures de sécurité dont l'abattage de l''un des murs de l'appartement, entre autres étayages de sécurisation, explique Nicolas Schumacher, le commandant du Service d'incendie et de secours (SIS). Les pompiers ont quitté les lieux vers 3h du matin.

Cet important incendie s'est déclaré dimanche vers 15h30. Le bâtiment entier a été vidé de sa centaine d'occupants, 34 personnes ont été blessées ou intoxiquées. Seize patients ont été évacués à l'Hôpital cantonal, dont dix qualifiés de cas «urgents». Parmi eux, huit enfants intoxiqués par les fumées ainsi qu'une personne grièvement brûlée qui a, dans un second temps, été héliportée au CHUV à Lausanne.

L'alarme est donnée au 118 à 15h23, pour signaler un feu d'appartement, «puis nous avons reçu près d'une centaine d'appels de tout le quartier, indique Nicolas Schumacher, le commandant du Service d'incendie et de secours (SIS). Les fumées et les flammes étaient visibles à l'extérieur du bâtiment du côté de la tour de la RTS. A notre arrivée, plusieurs personnes étaient sur les balcons, aux fenêtres et dans la cage d'escalier de l'immeuble en feu, prises au piège par la fumée.» De gros moyens sont immédiatement engagés. «La priorité était de procéder au sauvetage de ces personnes», continue le commandant. Les flammes se propagent rapidement dans les halls et cages d'escalier sur un niveau entier, rendant le sauvetage extrêmement compliqué. «C'était un très violent feu d'appartement. Et une explosion a eu lieu dans le logement. Gros coup de chaud pour les hommes engagés mais aucun blessé à déplorer.» Une explosion due au gaz? Impossible de l'affirmer pour l'instant, répond Nicolas Schumacher.

Les évacuations s'enchaînent par l'intérieur de l'immeuble, mais plusieurs dizaines de personnes doivent être secourues par l'extérieur, grâce aux deux grandes échelles. C'est le cas de cette quadragénaire, agrippée à son téléphone devant le nid de blessés, qui rassure ses proches à l'autre bout du fil. Encore sous le choc, elle explique habiter un étage au-dessus de l'appartement qui a pris feu. «J'ai commencé à voir beaucoup de fumée et j'ai appelé les pompiers. J'ai eu très peur, surtout pour mon fils. Les pompiers nous ont fait sortir par la grande échelle.» Alessandro, 24 ans, se tient derrière le cordon de sécurité et ne parvient pas à quitter l'immeuble des yeux. Il y a quelques minutes encore, il était dans ce bâtiment en feu. «Je dormais dans un appartement situé un étage en-dessous du logement en feu, explique-t-il en pointant du doigt sa fenêtre. J'ai entendu des cris, ça m'a réveillé, j'ai cru que c'était des enfants qui jouaient. Mais ensuite, le plafond a commencé à craquer de manière effrayante et j'ai vu de la fumée dehors.» Il s'habille à la hâte,« j'ai même oublié de mettre des chaussettes», et court. «J'ai juste pensé à ça: sortir d'ici.»

L'entier de l'immeuble est évacué. Soit près d'une centaine d'habitants, répartis sur 14 étages et deux allées, au 36 et au 38. Ils sont accueillis et leur état de santé contrôlé par des médecins et secouristes dans un nid de blessés installé dans l'abri PC de Ste-Clotilde et dans un autre monté dans l'école primaire du quartier.

Peu avant 19h, le feu est éteint. L'immeuble est marbré de stigmates charbon. Les pompiers s'attellent maintenant à l'aspiration de l'eau d’extinction de l'incendie, qui a inondé les appartements du 3e étages. La direction du patrimoine bâti de la Ville de Genève et un ingénieur procèdent à des contrôles de génie civil afin d'évaluer l'état de dangerosité de l'appartement d'où le feu est parti. Car les dégâts sont très importants, «le logement est complètement détruit, ses murs menacent de s'effondrer, précise le commandant. L'état du plafond et du balcon, qui a souffert de la chaleur du feu, doivent également être contrôlés». Au total, rapporte-t-il encore, quatre appartements ne sont plus habitables, tous situés sur le même palier. Des contrôles sont également menés sur les conduites de gaz.

A 19h, le commandant Schumacher annonce que les résidents du numéro 38 vont pouvoir réintégrer leur appartement. Quant aux habitants du 36, ils doivent encore attendre les conclusions des évaluations techniques en génie civil, qui devraient tomber d'ici quelques heures.

D'importants moyens ont été engagés sur cette lourde intervention: 13 véhicules de pompiers, 32 pompiers professionnels du SIS, 14 sapeurs volontaires, ainsi que 24 policiers. Le dispositif sanitaire aussi est impressionnant: le SMUR, le Piquet catastrophe et les samaritains, huit ambulances genevoises ainsi que quatre vaudoises appelées en renfort.

Le Quai Ernest-Ansermet et l'Avenue St-Clotilde ont été fermés à la circulation.

Vidéo: Un habitant appelle les secours à l'aide

(Infolecteur)

(Développement suit)

(TDG)

Créé: 01.01.2017, 16h34

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