L’immigration motivée à 62% par des raisons professionnelles

EtudeDes chercheurs de l’Université de Genève ont interrogé 6000 personnes arrivées en Suisse depuis 2016.

Photo d'illustration. Vue aérienne du quartier de la Genève internationale

Photo d'illustration. Vue aérienne du quartier de la Genève internationale Image: Laurent Guiraud/Tribune de Genève

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L'immigration en Suisse est principalement motivée par des raisons professionnelles, selon des résultats préliminaires d'une étude du Pôle national de recherche "NCCR - On the Move". Et 70% des migrants estiment que leur situation professionnelle s'est améliorée.

Pour ce "Migration-Mobility Survey", des chercheurs de l'Université de Genève (UNIGE) ont interrogé, à fin 2016, 6000 personnes arrivées en Suisse depuis 2006, a indiqué à l'ats Philippe Wanner, vice-directeur du NCCR On the Move, revenant sur des informations publiées lundi par le Blick.

Les migrants provenaient de onze pays ou régions: Allemagne, Autriche, France, Italie, Royaume-Uni, Espagne, Portugal, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Inde et Afrique de l'Ouest. Questionnés sur leurs motivations, près des deux tiers (62%) ont invoqué des raisons professionnelles.

Les scientifiques relèvent toutefois de fortes variations selon les pays: alors que cette part dépasse 65% des citoyens du Royaume-Uni ou des pays voisins de la Suisse, elle est inférieure à 60% pour les personnes d’Espagne, du Portugal, d’Amérique du Nord et d’Inde.

Seuls 20% environ des migrants d’Afrique de l’Ouest et d’Amérique du Sud ont affirmé que leur immigration était motivée par des facteurs professionnels. Pour eux, la famille représente l’une des principales raisons citées (environ 65%).

Satisfaction élevée

"Nous avons été un petit peu surpris du niveau de satisfaction des migrants", commente le Pr Wanner, directeur de l'Institut de démographie et socioéconomie de l'UNIGE. En effet, 70% ont associé l'immigration en Suisse à une amélioration de leur situation professionnelle. Seuls 12% ont estimé qu'elle était meilleure auparavant.

Des différences importantes sont observées en fonction de l’origine. Pour plus de 75% des immigrants d’Europe du Sud (Portugal, Italie et Espagne), la situation s’est améliorée, alors que c'est moins le cas des personnes d’Amérique du Nord et du Sud, ainsi que du Royaume-Uni (60%).

En outre, la situation des femmes se dégrade plus souvent (15%) que celle des hommes (10%). Pour les personnes originaires d’Inde, l’amélioration de la situation professionnelle concerne essentiellement les hommes; chez les femmes, ce taux ne dépasse pas 45%.

Autre constat: la majorité des migrants sont hautement qualifiés: près des deux tiers (62 %) détiennent un diplôme de degré tertiaire et 27% de degré secondaire II. Là aussi, des différences importantes sont relevées sur le plan géographique.

Le taux de diplômés de niveau tertiaire dépasse les 90% pour les pays anglophones (avec même 97% pour l'Inde), tandis qu'il est de plus de 65% pour l'Allemagne, l'Autriche et la France, plus de 50% pour l'Italie et l'Amérique du Sud, 42% pour le Portugal et 22% pour l'Afrique de l'Ouest.

Discrimination variable

Un immigrant sur trois a déjà vécu une situation de préjudice ou de discrimination en Suisse (35%). Selon l’origine toutefois, cette part oscille entre 24% pour les Autrichiens et 52% pour les Africains de l'Ouest.

Par ailleurs, 52% des personnes interrogées se sentent fortement liées à leur pays d’origine. A l'opposé, 40% déclarent ressentir un fort sentiment d’appartenance envers la Suisse. Les seules exceptions sont les Français et les Sud-Américains, qui disent se sentir plus attachés à la Suisse qu’à leur pays d’origine.

Les ressortissants de pays non-industrialisés et non-européens sont les plus attachés à la Suisse (Inde, Afrique de l’Ouest, Amérique du Sud: près de 50% ou plus). La part la plus faible est observée chez les personnes du Portugal, d’Allemagne et d’Autriche (moins de 30%). Les femmes ressentent un lien plus fort avec leur pays d’origine qu’avec la Suisse, alors que pour les hommes, c’est l’inverse.

Demande de naturalisation

Enfin, quatre migrants sur dix ont l’intention de déposer une demande de naturalisation suisse, 27% ne le souhaitent pas et 34% n’ont pas encore décidé. Là aussi, on note de fortes variations: les Africains de l'Ouest et les Sud-Américains sont les plus motivés (respectivement 69% et 62%).

L’Autriche et le Portugal sont les deux seuls pays où les personnes n’ayant pas l’intention de faire une demande de naturalisation sont majoritaires. Les immigrants de ces deux pays présentent un sentiment plus élevé d’appartenance au pays d’origine qu’à la Suisse, ce qui pourrait expliquer leur réticence. En outre, l’Autriche n’autorise pas la double nationalité.

Le Pôle national de recherche sur les flux migratoires "On the Move" est coordonné par l'Université de Neuchâtel. Une dizaine de chercheurs vont maintenant développer les divers aspects de cette recherche, qui devrait faire l'objet d'un livre à la fin 2018, précise encore le Pr Wanner. (ATS/TDG)

Créé: 24.07.2017, 18h28

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