«Il faut valoriser les bons élèves de l’égalité salariale»

Politique d'égalité Deux motions, l’une de la gauche, l’autre du PDC, demandent la création d’un label cantonal.

Claude Bocquet, Députée PDC.

Claude Bocquet, Députée PDC. Image: OLIVIER VOGELSANG

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L’une a été déposée en mai et transmise à la Commission de l’économie. L’autre sera au programme de la séance du Grand Conseil du 29 et 30 août. Issues de partis différents, ces deux motions visent fondamentalement le même objectif: la création d’un label cantonal que pourront acquérir les entreprises, publiques ou privées, qui appliquent une politique d’égalité salariale exemplaire.

«Ce que nous voulons, c’est une solution qui ne sanctionne pas les mauvais élèves, mais valorise les bons», explique la députée PDC Claude Bocquet. L’obtention du label devrait être un critère important lors de l’élaboration de contrats de prestation et l’attribution de marchés publics.

Première signataire de la proposition estampillée PDC, l’élue explique avoir travaillé une année sur la thématique de l’égalité salariale avec le groupement femmes de son parti. Mais la vigneronne de Sézenove ne partait pas de zéro, elle qui travaille, et a su se faire sa place, dans un monde essentiellement masculin.

Plus récente, mais aussi plus développée que la motion issue des rangs socialistes, la sienne invite le Conseil d’État à instaurer un label cantonal qui serait délivré par un organisme indépendant. Une tâche qui pourrait être confiée à l’Office cantonal de l’inspection et des relations du travail (Ocirt) ainsi qu’au Bureau de la promotion de l’égalité entre femmes et hommes.

Le label concernerait les entreprises de 50 employés et plus dans lesquelles travaillent au minimum dix femmes. Il sera valable trois ans et renouvelable après une nouvelle analyse salariale et un audit externe complet.

La politique d’égalité salariale ne devrait en effet pas être la seule composante du label. «Des points bonus pourraient être attribués en fonction d’autres critères, poursuit Claude Bocquet. Je pense particulièrement à l’existence de programmes de prévention ou de formation pour lutter contre le harcèlement sexuel, ainsi que le respect d’un ratio de postes de cadres occupés par des femmes.»

La députée s’attend à ce que l’argument de la lourdeur et du coût de fonctionnement d’un tel système lui soit opposé. «Ce qui est lourd et coûteux aujourd’hui, ce sont bien les inégalités salariales subies par les femmes, rétorque-t-elle par avance. Cela coûtera évidemment un peu d’argent, mais cela fait si longtemps que la société économise sur le dos des femmes. Ce ne serait qu’un juste retour des choses.»

Sur un tel sujet, et en cette année où les femmes ont montré leur capacité de mobilisation le 14 juin, Claude Bocquet croit à la possibilité d’une large coalition au sein du Grand Conseil. «On voit que ça commence à bouger au niveau fédéral, il faut que nous avancions également à Genève», conclut-elle.

Créé: 14.07.2019, 17h52

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