L'humour militant des Yes Men s'invite à Genève

Mike Bonnano, un des deux Américains du canular politique sera le 28 février au Festival et forum international des droits humains. Pas loin de l'OMC...

Les Yes Men (Béni-oui-oui) sont deux activistes du canular (Jacques Servin et Igor Vamos, connus sous les pseudonymes de Andy Bichlbaum et Mike Bonanno), qui dénoncent le libéralisme par la caricature. Image: DR

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Parmi les invités du 13e Festival et forum international sur les droits humains, Mike Bonnano, un des deux "Yes men", ne passera pas inaperçu. L'une des cibles préférées du duo d'humoristes militants est en effet l'Organisation mondiale du commerce (OMC), dont le siège se trouve à Genève. Leur dernier film "The Yes men are revolting" est programmé par le FIFDH le samedi 28 février, accompagnant un débat sur la participation citoyenne sur le climat avant la conférence de Paris cet hiver.

"Yes men", c'est en anglais l'équivalent de notre "béni-oui-oui". Ces deux-là ne manquent jamais l'occasion de canulars qui font passer ceux qui y assistent pour des "béni-oui-oui" capables d'avaler les plus grosses supercheries des deux Américains. Après avoir créé un faux site miroir de l'OMC, ils avaient été invités à tenir des conférences où ils tenaient des discours cyniques, par exemple sur les avantages d'un salarié délocalisé sur un esclave. Ils exhibèrent aussi devant des patrons du textile une tenue dorée disposant d'une sorte de phallus doté d'un écran pour surveiller les salariés. Plus c'est gros, plus ça passe.

Ils annonceront par la suite dans le costume de représentants de l'OMC que l'organisation, jugeant que la mondialisation fragilisait les plus pauvres, avait décidé de se dissoudre. Les deux faux représentants de l'OMC décidaient qu'une nouvelle organisation la remplacerait et déplacerait son siège de Genève dans un pays du sud. L'idée aurait été plébiscitée par l'assistance.

Les Yes men s'attaquent aussi fréquemment aux multinationales. Leur plus gros coup fut ainsi une intervention sur la chaîne britannique BBC World qui a tout à coup fait chuter la valeur boursière d'un géant américain de la chimie. Se faisant passer pour des représentants du groupe chimique Dow qui a absorbé Union Carbide, les Yes men annonçaient en direct que la firme Dow Chemicals allait revendre Union Carbide afin de fournir des soins aux victimes de la catastrophe chimique survenue à Bhopal en Inde, et de nettoyer le site industriel ultrapollué.

Lors d'une autre conférence tenue devant des étudiants, ils proposaient d'équiper les pauvres de filtres fécaux permettant de recycler les excréments en nourriture, en partenariat avec Mc Donald's. On l'a compris, les "Yes men" sont des altermondialistes, d'ailleurs salués par Naomi Klein, la Canadienne qui a signé l'excellente enquête parue sous le titre "No logo", dénonçant l'emprise des marques sur le monde. Les deux humoristes militants ont aussi ciblé des hommes politiques comme George W Bush, pendant sa campagne présidentielle, ou encore le député-maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, dont la justice demande cette semaine la levée de l'immunité parlementaire afin de le poursuivre pour blanchiment de fraude fiscale et corruption.

Créé: 20.02.2015, 15h45

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