Humberto Lopes, modèle des jeunes

Portrait Ce travailleur social hors murs a utilisé les épreuves passées pour transmettre sa force à d'autres.

Humberto Lopes a été à la base de divers projets. Il mise sur l’écoute et l’entraide.

Humberto Lopes a été à la base de divers projets. Il mise sur l’écoute et l’entraide. Image: GEORGES CABRERA

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Il a su utiliser les épreuves passées pour en faire une force et la transmettre à d’autres. Humberto Lopes, 43 ans, a été l’un des responsables de l’équipe des travailleurs sociaux hors murs (TSHM) à Genève pendant dix-huit ans. Il y a géré la structure Bus unité prévention parcs (BUPP), qu’il a lui-même fondée en 1999, au sein de la Fondation genevoise pour l’animation socioculturelle (FASe). Jusqu'en juillet 2018, il était responsable socio-éducatif au Département de l’instruction publique (DIP), où il coordonnait l'activité des assistants à l'intégration scolaire et des conseillers sociaux du cycle d'orientation. Il a présidé aussi diverses associations, dont «Unité Jamm».

C’est à 15 ans qu’il se découvre une vocation pour l’éducation sociale hors murs. À l’époque, le jeune garçon passe souvent ses vacances chez ses cousins en banlieue parisienne. Là-bas, des éducateurs de rue l’abordent pour la première fois. «J’ai connu dans mon adolescence plusieurs situations qui m’ont cassé. Autrement dit, des ruptures. Je ne savais pas d’où je venais, qui j’étais, Africain en Suisse et Suisse en Afrique. J’avais besoin de soutien, de recevoir les outils nécessaires afin de me redresser.» Humberto Lopes explique encore: «À cause des épreuves que j’ai traversé, j’ai eu à cœur d’aider les jeunes par une approche investie, en allant les trouver dans leur milieu pour leur donner des clés leur permettant de résoudre leurs difficultés. À Genève, je n’avais jamais vu d’éducateurs hors murs.»

À la rencontre des jeunes, en bus

Le Suisso-Capverdien sait que s’ils ne sont pas gérés à temps, certains problèmes peuvent très souvent mener les jeunes à des ruptures familiales, identitaires, scolaires ou professionnelles, les conduisant parfois à la délinquance, la dépression et la marginalisation.

En 1999, Humberto Lopes créé le BUPP et va à la rencontre des jeunes Genevois en bus. Il leur propose du thé froid afin d’établir un lien. «Nos mandats sont clairs: quand un climat de confiance s’installe, les ados et les jeunes adultes commencent à s’ouvrir, à parler de leurs problèmes, nous les aidons alors à trouver des solutions concrètes. Nous mettons par exemple en place une médiation avec les adultes, ou établissons une connexion avec des institutions, raconte l’éducateur. Nous servons de relais. Que cela soit pour trouver un stage, un apprentissage, ou les aider dans des démarches administratives. Nous les encourageons à reprendre les commandes de leur vie. Il y a aussi énormément d’actions de prévention qui sont organisées contre des problèmes comme l’abus d’alcool ou le sexe non-protégé.»

Il vise l’entraide, pas l’humanitaire

En 2000, Humberto Lopes ouvre les deux premières salles de sport totalement gratuites qui permettent aux jeunes de se défouler, tout en restant dans un cadre protégé. «Si j’avais eu les moyens de faire du sport de manière structurée sans avoir à payer ni à m’inscrire quelque part, j’aurais mieux profité de mon adolescence», affirme-t-il. Entraîneur du FC Onex de la première équipe de 2e ligue, grâce à sa carrière de footballeur d’élite au FC Servette, le Capverdien d’origine œuvre aussi à la mise en place de tournois sportifs, de programmes éducatifs et culturels.

Selon lui, la contribution active des adolescents et des jeunes adultes les responsabilise. L’organisation de projets concrets leur donne une vision différente de leur propre vie: «Qu’il s’agisse d’organisation d’événements, d’une sortie culturelle, de la recherche d’un sponsor pour accomplir une activité quelconque, chacun peut proposer et entreprendre la réalisation d’une idée de A à Z.»

L’homme a soutenu la mise en place de projets de solidarité, comme l’entraide ou le soutien financier aux personnes dans le besoin, à Genève et à l’étranger. «Je ne suis pas pour l’humanitaire, mais pour l’entraide. Toutes les activités que je mets en place, par exemple à l’étranger, vont aider ces garçons et ces filles à s’autogérer. C’est aussi vrai pour les jeunes en rupture ici et pour les personnes dans le besoin là-bas.» L’entraide à l’étranger a commencé en 2005, avec plusieurs centaines de jeunes aux commandes. Ils sont notamment partis au Sénégal, au Cap-Vert, au Cameroun, etc. Plus tard, avec la création de l’association Unité Jamm, dont le but est de mener à bien des projets pour soulager la précarité en Suisse comme à l’étranger, ils se sont également rendus dans divers pays, dont la Guinée-Conakry en avril 2019.

Créé: 29.08.2019, 11h16

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