Huit et neuf ans de prison pour les braqueurs de la Coop des Palettes

Tribunal criminelL'homme qui a tiré quatre fois dans le supermarché et son complice ont été condamnés par le Tribunal criminel. La tentative d'assassinat n'a pas été retenue.

Cinq amis d'enfance sur le même banc du Tribunal criminel.

Cinq amis d'enfance sur le même banc du Tribunal criminel. Image: Patrick Tondeux

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Ils ne voulaient pas tuer, seulement faire peur. Mercredi, le Tribunal criminel a condamné les deux jeunes des Palettes, auteurs du brigandage de la Coop de leur quartier en 2016, à des peines de prison de 8 ans pour l’auteur des quatre coups de feu et 9 ans pour son complice, auteur de trois autres vols à mains armées.

Enjeu de ce procès, la volonté de tuer a été écartée par les sept juges en dépit d’un sévère réquisitoire du Ministère public. La semaine dernière, la procureur Mélanie Wyss avait requis des peines de 12 ans à l’encontre des deux hommes pour tentative d’assassinat.

«Rôles interchangeables»

Si le président du tribunal Fabrice Roch a souligné «la futilité des mobiles» et «la gravité des faits», il a également retenu que le plan initial – l’arme a été préparée et chargée avant le brigandage – était de «faire peur aux gens», comme l’avaient affirmé les prévenus. D’autant que le tireur a lancé «la caisse» à la caissière et «casse-toi» à un client avant de tirer les deux coups vers le sol. Ces injonctions sont la preuve que le braqueur s’attendait à une réaction et ne souhaitait pas éliminer les personnes qu’il avait face à lui. «Je suis soulagé que la volonté d’homicide ait été écartée, puisqu’elle était inexistante, réagit MeVincent Spira, son avocat. La peine de huit ans me paraît juste au regard de la gravité de ce qu’il a fait. Les juges ont également reconnu son évolution positive depuis qu’il est incarcéré.»

Quant au complice du tireur, même s’il n’a pas tenu en main l’arme utilisée à quatre reprises durant le braquage (deux fois à l’intérieur du magasin, deux fois à l’extérieur en prenant la fuite), il a été reconnu coupable de brigandage aggravé au même titre que son comparse. «Leurs rôles étaient interchangeables», notent les juges.

À 23 ans, il écope d’une peine plus lourde que le tireur, car son dossier renferme quatre brigandages au total. Le premier, seul, dans une épicerie PAM de son quartier avec une arme factice. Après la Coop, il récidive dans deux stations-service de la route de Saint-Julien. En août 2016, la série prend fin quand un client le maîtrise avant que le patron ne surgisse, bidon en main, le fasse chuter et le plaque au sol.

Victimes indemnisées

Durant la semaine d’audience, trois personnes, assises derrière les prévenus, se sont montrées particulièrement attentives. La première, vendeuse de la Coop, a reçu une balle dans le pied et traîne des séquelles qui ne s’effaceront pas. Le deuxième, client du magasin, a également été touché au pied, mais sans subir de telles conséquences. Enfin, le client de la station-service, frappé à la tête avant de parvenir à maîtriser son agresseur, demandait à son tour que justice soit rendue. Tous trois seront indemnisés pour le tort moral subi. Le tribunal leur a attribué respectivement 46000 fr., 8000fr. et 5000fr.

Dans ce procès qui réunissait sur le même banc cinq amis d’enfance des Palettes, deux complices comparaissaient pour avoir participé au quatrième et dernier brigandage. L’un conduisait la moto volée et faisait le guet à l’extérieur de la station-service pendant que l’autre tenait la porte d’un garage souterrain ouverte afin d’assister son complice dans sa fuite. Tous deux ont écopé de peines privatives de liberté de 3 ans, assorties du sursis partiel. Ils ne retourneront donc pas derrière les barreaux.

Ces deux hommes, après avoir passé de longs mois en prison à la suite de leur arrestation, se sont «remis dans le droit chemin», avaient plaidé leurs avocats. Ils ont été entendus, puisque les juges ont reconnu qu’«une peine de prison ferme casserait leur élan».

Un acquittement

Dernier homme à faire face aux juges, celui que le Ministère public avait identifié comme le fournisseur de l’arme du braquage de la Coop a été acquitté de complicité de brigandage aggravé, faute de preuve.

Créé: 29.01.2020, 13h37

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