Huit candidats dévoilent leurs modestes casseroles

PolitiqueLa loi oblige les candidats au gouvernement à dévoiler certains aspects de leur situation personnelle.

Une séance du Grand Conseil lors des discussions sur le budget cantonal.

Une séance du Grand Conseil lors des discussions sur le budget cantonal. Image: GEORGES CABRERA

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Les 31 candidats au Conseil d’État ont passé au scanner. Répondant aux questions que leur impose la Loi sur l’exercice des droits politiques, ils se sont dévoilés sur l’honneur dans un document public, consultable à la Chancellerie de l’État. On peut y lire leurs liens d’intérêt, leur appartenance à des conseils d’administration, de fondation ou d’entreprise. Ils ont aussi dû annoncer leurs dettes dépassant 50 000 francs (hors dettes hypothécaires), dire s’ils étaient à jour en termes d’impôts et faire le point sur les éventuelles procédures les frappant (hors celles liées au droit de la famille). Sur les 31 candidats, huit ont quelques peccadilles à avouer.

La vigne de Barthassat

C’est notamment le cas de deux magistrats en fonction. Mauro Poggia, patron MCG du Département de la santé, fait état d’une procédure civile contre lui «en annulation de poursuite avec jugement favorable. Mais la partie adverse a fait recours.» Questionné, le magistrat explique que ce litige est lié à son ancienne activité d’avocat: «Il s’agit d’une poursuite abusive d’un ancien client qui a attendu dix ans après la fin de mon mandat pour notifier un commandement de payer pour prétendument interrompre une prescription. J’ai dû requérir l’annulation de la poursuite, et le tribunal m’a donné gain de cause en constatant que je n’avais aucune dette.» Le chef du Département des transports, Luc Barthassat (PDC), est également mentionné. Il fait état d’une dette dépassant les 50 000 francs, liée à… «l’achat d’une vigne». Thomas Putallaz, son secrétaire général adjoint, éclaire la situation. Il s’agirait d’un terrain acquis en 2010 et chiffre le montant actuel, «que le magistrat rembourse progressivement», à 32 600 francs.

Trois autres personnes sont mentionnées: le candidat promoteur Ronald Zacharias (Genève en marche) avoue des dettes immobilières mais se refuse à en divulguer le montant, «pour ne pas effrayer les Genevois» qui ne connaissent pas l’immobilier. Elles seraient «largement couvertes» par ses actifs. Le viticulteur Willy Cretegny (Prospérité maîtrisée) fait état d’emprunts liés à son exploitation, notamment des machines agricoles. Enfin, la candidate MCG Ana Roch évoque une dette liée à «un prêt simple pour des travaux de jardin dans sa propriété» de Vernier.

GeM à l’honneur

Êtes-vous à jour avec vos impôts? C’est par l’affirmative que presque tous les candidats ont répondu. Seul bémol, le député UDC Stéphane Florey, qui précisait en octobre «attendre son avis de taxation 2016 et n’avoir pas versé d’acomptes». Depuis, l’élu a reçu son bordereau, qu’il annonce devoir rembourser jusqu’en juin. Mauro Poggia dit aussi être «en ordre en l’état des taxations à ce jour». Qu’est-ce à dire? «Je n’exclus pas qu’il puisse y avoir, comme tout contribuable, une différence entre ma taxation et mes acomptes provisionnels.»

L’état des procédures civiles des candidats est plus fourni. Hormis Mauro Poggia, Willy Cretegny raconte une «procédure liée à un litige sur un fermage sur un terrain viticole». Éric Stauffer? La récolte est modeste. Le patron de Genève en marche (GeM) traîne deux plaintes. L’une remonte à son équipée «antidealers» aux Pâquis en 2013 avec le MCG, l’autre à un litige avec le Groupement des entreprises multinationales (GEM) sur le nom de son parti. L’autre candidat de GeM, Ronald Zacharias, est aussi en litige avec l’administration fiscale fédérale au sujet de l’impôt anticipé sur les personnes morales. Mais celui-ci serait en cours de règlement. Last but not least, Jean Burgermeister, candidat d’Ensemble à Gauche, traîne aussi une procédure. Avec Pablo Cruchon, lors d’un débat sur les réfugiés en 2015, il avait déployé une banderole dans la tribune du Grand Conseil.

On peut encore glaner ici ou là diverses informations. Certaines sont émouvantes, comme lorsque Paul Aymon, dit le Prophète, se félicite que sa curatelle ait été levée et annonce être à jour avec le paiement de ses impôts en ayant payé son solde, soit 7 fr. 35. Un coup d’œil sur la fiche d’Alexandre de Senarclens (PLR) donne une idée de la palette d’un avocat actif dans l’industrie, la gestion de fortune, les petits commerces, etc.; celle de Thierry Apothéloz illustre les innombrables délégations et représentations accessibles à un élu actif dans une grande commune.

(TDG)

Créé: 06.03.2018, 18h28

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