Passer au contenu principal

Les HUG manquent cruellement de sang

Les stocks en O Négatif et A Négatif sont au plus bas après un week-end «compliqué», mais tous les groupes sont recherchés.

Genève est mauvaise élève en matière de don du sang. (Photo d'archives)
Genève est mauvaise élève en matière de don du sang. (Photo d'archives)
PIERRE ABENSUR

Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) recherchent urgemment des donneurs de sang. Le centre de transfusion sanguine (CTS) des HUG lance un cri de détresse depuis lundi sur son site et sa page Facebook. La pénurie touche particulièrement les stocks en sang O Négatif et A Négatif, suite à des hémorragies compliquées survenues le week-end dernier. Si les rhésus négatifs sont activement désirés, tous les groupes sanguins sont les bienvenus.

Cette pénurie est due à une réserve toujours «sur le fil» et à quatre raisons bien précises. Outre son bassin de population, les HUG accueillent chaque année des patients hors canton pour des opérations complexes, en particulier des polytraumatisés. La distribution de sang O- permet une transfusion dans l’urgence d’un sang universellement compatible.

Autre cas de figure: les transplantations. «Lors de greffes de moelle osseuse ou de cellules-souches, par exemple, le patient va changer de groupe sanguin», explique Sophie Waldvogel, médecin responsable du CTS. Des stocks du groupe O- sont aussi privilégiés par prudence dans des laboratoires externes aux HUG qui possèdent un petit stock de sang. Ce précieux sang est, enfin, utilisé lors de la prise en charge de patients atteints de drépanocytose, une maladie héréditaire liée à une anomalie de l’hémoglobine.

Achat de sang indispensable

«Seul 14% de la population en Suisse a un sang de rhésus négatif, alors que nous en distribuons dans plus de 20% des cas. Nous n’avons continuellement en stock qu’une cinquantaine de poches de sang O- (ndlr: donneur universel). Il suffit qu’un polytraumatisé soit pris en charge et qu’un patient réellement O- doive être transfusé pour que nos réserves soient à plat», commente la médecin Sophie Waldvogel.

Si la Suisse est autosuffisante en sang, Genève ne l’est pas. «Cette semaine, nous avons été aidés par Neuchâtel et Fribourg, qui nous ont fourni des poches de sang en urgence», précise Sophie Waldvogel. En 2018, ce sont 3700 poches qui provenaient de l’extérieur du canton. Aucun achat n’est par contre effectué hors de Suisse.

Perte de donneurs

Entre 2013 et 2018, le centre a perdu 3483 dons, alors que les besoins en sang augmentent. En 2018, 15 507 prélèvements ont été distribués contre 15 226 en 2017. Rien que depuis octobre 2018, le centre a déjà perdu près de 400 dons. Les campagnes de sensibilisation se poursuivent pour encourager les Genevois à donner leur sang et, dans l’idéal, de manière régulière.

«Dans l’esprit de beaucoup de jeunes notamment, il existe des médicaments qui remplacent les besoins en sang, mais c’est faux, il reste indispensable!» insiste la médecin Sophie Waldvogel.

Concernant les plaquettes, les HUG ont essuyé une pénurie sévère en août 2018, mais l’approvisionnement en 2019 est plutôt «stable et suffisant», note la médecin, qui reste toutefois sur ses gardes: «Il faut peu de chose pour que tout bascule.»

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.