L’Horloge fleurie est désormais 100% bio

GenèveLa Ville de Genève abandonne l’utilisation de produits chimiques dans l’entretien de ses parcs et jardins. Des solutions biologiques ont dû être trouvées.

Depuis 2015, le Service des espaces verts (SEVE) a progressivement renoncé à l’emploi d’insecticides, d’herbicides, de fongicides et d’engrais chimiques.

Depuis 2015, le Service des espaces verts (SEVE) a progressivement renoncé à l’emploi d’insecticides, d’herbicides, de fongicides et d’engrais chimiques. Image: Laurent Guiraud

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Les 330 hectares d’espaces verts de la Ville de Genève, soit l’équivalent de 440 terrains de football, sont aujourd’hui traités de manière naturelle. En effet, depuis 2015, le Service des espaces verts (SEVE) a progressivement renoncé à l’emploi d’insecticides, d’herbicides, de fongicides et d’engrais chimiques. «C’est un changement complet de paradigme car il a fallu revoir la manière de travailler», signale Guillaume Barazzone, conseiller administratif chargé des Espaces verts.

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Les jardiniers ont suivi des formations. Ils se sont montrés réceptifs à l’importance des changements opérés, tant pour la nature que pour leur santé personnelle.

L’arme des coccinelles

Afin de pallier l’utilisation de ces produits, des solutions biologiques, plus respectueuses de la faune et de la flore, ont dû être trouvées. Jean-Gabriel Brunet, adjoint de direction du SEVE, explique que des coccinelles ont remplacé les insecticides pour réguler la prolifération des pucerons. «Concernant ce qu’on appelle les mauvaises herbes, le problème est qu’elles ne se trouvent simplement pas à l’endroit souhaité», indique l’adjoint. Les trèfles autour des pataugeoires s’avèrent un exemple parlant. En poussant, ils donnent des fleurs qui attirent les abeilles. Ce qui engendre des risques de piqûre pour les enfants. Or, les trèfles sont synonymes d’un sol tassé. Au lieu d’utiliser un herbicide, les jardiniers de la Ville aèrent le sol à l’aide d’une machine prévue à cet effet et ces plantes y poussent beaucoup moins. Problème résolu.

L’abandon de produits contre les champignons, notamment pour l’entretien de l’Horloge fleurie, s’est montré plus compliqué. «L’horloge est une mosaïque de culture où 300 fleurs sont plantées au mètre carré, ce qui engendre beaucoup d’humidité. Dans la nature, une telle disposition n’est pas possible», déclare Jean-Gabriel Brunet. Il a donc fallu repenser le choix des plantes et leur disposition. Dès l’été prochain, des plantes grasses feront leur apparition au détriment des pensées, peu résistantes aux champignons et au climat. Que les touristes se rassurent, l’esthétique du symbole de la ville ne sera pas dégradée. «Aujourd’hui le climat se réchauffe, les plantes que nous utilisons doivent changer si nous voulons qu'elles puissent se développer naturellement sous nos latitudes», ajoute l’adjoint.

Autre illustration, les rosiers du parc La Grange, tous dépendants des engrais chimiques. La terre se retrouve actuellement saturée, les vers ont déserté le lieu. Des travaux débuteront au printemps 2020 pour remplacer le sol pollué. «La roseraie sera entièrement biologique et, j’en suis convaincu, encore plus belle», indique Guillaume Barazzone. Quant aux 6000 rosiers du quai Gustave-Ador, quelque 80 000 bulbes de tulipes ont pris leur place. La floraison reste la même, avec l’entretien en moins. «Lorsque l’été arrive, un coup de tondeuse suffit. Les bulbes restent en terre, prêts à fleurir l’année d’après», explique Jean-Gabriel Brunet. Passer au vert comporte donc aussi son lot d’avantages en termes de charge de travail.

Végétaliser les cimetières

La Ville a aussi fourni de gros efforts pour végétaliser les cimetières. Les chemins de gravier se sont substitués à des parterres d’herbes plus adéquats. Au printemps, certaines stèles tombales sont entourées de pâquerettes, coquelicots et autres fleurs des prés. «Nous désirons donner une nouvelle fonction, plus proche de celle des parcs, aux cimetières. À l’instar de celui des Rois, où les gens viennent se ressourcer, passer leur pause de midi», commente le conseiller administratif.

Avec l’installation de nichoirs pour les oiseaux et de ruches, ou encore avec le développement de la végétation au pied des arbres, les démarches de la Ville ne se sont pas limitées à l’abandon des produits chimiques. «Nous avons entrepris une multitude de petites actions en faveur de la biodiversité», révèle Guillaume Barazzone. Réfléchir en termes d’écosystème fait dorénavant partie des lignes directrices de la Ville.

Créé: 19.11.2019, 19h30

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