L’histoire d’amour de Saint-Exupéry s’expose

Galerie du BoléroLes objets personnels de l’auteur du «Petit Prince» et de son épouse Consuelo sont montrés pour la première fois: leurs lettres, leurs photos, sa Remington, son alliance.

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Lorsqu’il disparaît en mer aux commandes de son avion le 31 juillet 1944, Antoine de Saint-Exupéry laisse une veuve, Consuelo. La Rose du Petit Prince, c’est elle. Peintre et sculptrice, Salvadorienne d’origine, elle fut son épouse pendant treize ans et lui survécut jusqu’en 1979, conservant vif son souvenir et pieusement, dans des malles en fer, tous les objets personnels de l’aviateur-écrivain: la Remington sur laquelle il rédigea la fable la plus célèbre de la littérature et sa boîte d’aquarelle, sa montre, une sacoche de l’Aéropostale, leur certificat de mariage, délivré à Nice le 22 avril 1931, des dizaines de lettres d’amour, des billets, des photos, son alliance à elle, sa plume Mont-Blanc à lui.

Héritage enfin montré

Pour la seconder dans la préservation de cet héritage, Consuelo de Saint-Exupéry engage un secrétaire particulier, Jose Martinez Fructuoso, qu’elle instituera son légataire universel à sa mort, n’ayant pas d’enfant. C’est une partie de ce patrimoine captivant et émouvant – 85 pièces sur quelque 500 objets – qui se voit aujourd’hui exposé pour la première fois. Jose Martinez Fructuoso étant maintenant décédé, c’est sa veuve, Martine, qui a pris la décision de mettre en scène les souvenirs dont elle a la garde.

Un contact avec Olivier Delhoume, responsable de la galerie du Boléro, lors de l’exposition Sagan il y a trois ans, et le projet prend forme. C’est Alain Vircondelet, le biographe d’Antoine de Saint-Exupéry, qui assure le commissariat de «La Rose et son prince. Consuelo&Antoine de Saint-Exupéry. Histoires et objets d’une vie», à voir jusqu’au 22 mars.

Au premier étage du centre culturel versoisien, les murs des neuf «Escales» sont peints dans ces tons pastel rappelant les aquarelles qui ornent «Le Petit Prince». Le couple est là, souriant, Consuelo accrochant le bras d’un Antoine qui avance, pressé, joyeux. La jeune Sud-Américaine est très belle, photographiée plus loin par Man Ray. On la surnomme le petit volcan du Tout-Paris.

Lorsqu’elle rencontre Saint-Exupéry à Buenos Aires en 1930, le coup de foudre est réciproque. Ils se marient quelques mois plus tard, à Nice, et resteront ensemble, en dépit des nombreuses infidélités de l’aviateur, jusqu’à la mort de celui-ci treize ans plus tard.

Photos dédicacées

«Je n’ouvre jamais sans trembler ces coffrets ou ces dossiers où s’entassent les lettres, les câbles et les dessins de mon mari, disait Consuelo de Saint-Exupéry. Ces messages chargés de tendresse vivante et de secrets révolus ont l’odeur tragique et merveilleuse du passé. Des feuillets jaunis, étoilés de hautes fleurs et de petits princes sont les témoins fidèles de ce bonheur aboli.» L’une de ces malles est là, ayant rendu son contenu. Une magnifique photo de Consuelo prise dans la villa de Greta Garbo, qu’Antoine gardait toujours sur lui, porte au dos ce mot: «Ne me perds pas, ne te perds pas.»

Dans une vitrine, leurs deux montres, un flacon original du parfum de Guerlain «Vol de Nuit», inspiré par le livre de Saint-Exupéry. Dans une autre, les plumes avec lesquelles l’écrivain dédicaçait ses ouvrages, ses lunettes de soleil. Une très jolie sculpture en bronze du Petit Prince faite par Consuelo en 1943 voisine un autoportrait de 1934, qui souligne la ressemblance entre la jeune femme et le personnage de la fable. Aux murs, des toiles aux tons vifs inspirées de Diego Rivera, ami intime de l’artiste salvadorienne.

«Consuelo a été largement gommée des biographies de son mari jusqu’à ce qu’on publie, en 2000, «Mémoires de La Rose». C’est étrange, mais peu de gens semblaient se souvenir qu’Antoine était marié», constate Martine Martinez Fructuoso qui, en tant que curatrice de la succession Consuelo de Saint-Exupéry, a à cœur de combler ce trou de mémoire de l’histoire.

«Pour mon Tonio»

«Saint-Exupéry est un personnage légendaire. Cette exposition en fait un homme avec des sentiments et lui confère une dimension touchante qui lui ajoute encore du romanesque», résume Alain Vircondelet, qui a rédigé tous les textes explicatifs de l’accrochage. Ainsi cette photo portant la dédicace: «Pour mon Tonio, son poussin qui l’aime à l’infini. Consuelo, 1935» ou certaines lettres, reflet du quotidien, qui éclairent le mythe dans des tons plus nuancés.


«La Rose et son prince. Consuelo&Antoine de Saint-Exupéry. Histoires et objets d’une vie»,
Galerie du Boléro, centre culturel de Versoix (en face de la gare),
Jusqu’au 22 mars,
Entrée libre du mardi au dimanche de 15 à 18h. Plus d'informations sur bolero-versoix.ch

Créé: 27.01.2020, 20h21

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