Les hébergements d'urgence pour sans-abri resteront ouverts

PrécaritéA la fin janvier, quelque 110 personnes se seraient retrouvées à la rue. Un accord entre le Canton, la Ville et les acteurs concernés permet d'éviter la fermeture des quatre sleep-in.

Le sleep-in du Temple de la Servette faisait partie des lieux d'urgence pouvant fermer.

Le sleep-in du Temple de la Servette faisait partie des lieux d'urgence pouvant fermer. Image: Laurent Guiraud

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Quatre des six sleep-in - lieux d'accueil d'urgence nocturnes - devaient fermer leurs portes à la fin janvier, faute de financement. Près de 110 personnes se seraient ainsi retrouvées à la rue sans endroit où dormir et se réchauffer. Ces lieux pourront finalement rester ouverts grâce à un accord entre le Canton, la Ville de Genève, le Collectif d'associations pour l'urgence sociale (CAUSE) et l'Association des communes genevoises (ACG).

À l’initiative du conseiller d’État socialiste Thierry Apothéloz, en charge de la Cohésion sociale, les principaux partenaires concernés par l’hébergement d’urgence se sont rencontrés mardi. Le dispositif des six sleep-in est placé sous l’égide du collectif, avec le soutien financier de la Ville de Genève et celui, logistique, de l’Église protestante. Celle-ci a mis à disposition cinq infrastructures religieuses. Le coût de chaque sleep-in revient à 50 000 francs par mois.

Financement de la Ville

Dans un premier temps, c’est le financement de la Ville qui permet de repousser la fermeture de ces quatre lieux. Le CAUSE devrait pouvoir utiliser sur quatre mois la subvention d’un million de francs votée par le Conseil municipal et qui devait initialement être échelonnée sur l’ensemble de l’année. Le Conseil administratif doit encore entériner cette disposition.

Ensuite, pour assurer la survie du dispositif après le printemps, Thierry Apothéloz s’est engagé à formuler une base légale sous forme d’un projet de loi au Grand Conseil, qui permettra de répartir compétences et financements entre les acteurs concernés afin de pérenniser le dispositif. «J’espère que cet ancrage légal pourra être positivement débattu à l’ACG à la fin février, confie le magistrat. Il faut aller vite, c’est une question de dignité humaine.» Esther Alder, conseillère administrative Verte en charge de la cohésion sociale en Ville, ne peut qu'abonder. «Cela fait des années que je milite pour une contribution des communes et du canton. Le sans-abrisme est l'affaire de tous!»

«Participation des communes»

Le socialiste se dit favorable à ce que le Canton participe temporairement au financement, sous réserve de l’aval du Conseil d’État. Quant aux communes, accepteront-elles de mettre la main au porte-monnaie? En novembre, l’idée d’un fonds intercommunal avait été enterrée... Gilbert Vonlanthen, vice-président de l’ACG, veut être positif. «Chacune en débattra une fois que nous aurons la base légale. Nous sommes face à un problème sociétal qui concerne tout le monde et j’ai bon espoir que les communes prennent leurs responsabilités si le Canton fait de même.» Enfin, le CAUSE poursuit ses recherches de fonds privés.

Mettre fin au bricolage

Les sleep-in sont donc sauvés, jusqu’à la fin avril. Alain Bolle, directeur du Centre social protestant et membre du CAUSE, parle plutôt d’un «répit». S’il ne peut que se réjouir d’une mobilisation qu’il demande «depuis plus de six mois», il espère que l’effort collectif permettra de sortir du «bricolage en matière d’accueil».

Créé: 14.01.2020, 17h06

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