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La hausse des chômeurs en fin de droits ralentit

Un député dénonce l’augmentation du nombre de chômeurs en fin de droits depuis l’arrivée de Charles Barbey à la tête de l’OCE, ce que conteste Mauro Poggia. Qu’en est-il exactement?

Les bureaux de l'Office Cantonal de l'Emploi situés 16 rue des Gares
Les bureaux de l'Office Cantonal de l'Emploi situés 16 rue des Gares
Lucien Fortunati

En 2016, 4004 personnes se retrouvaient en fin de droits, contre seulement 2880 en 2008. Cette proportion n’a fait que s’accroître depuis l’arrivée, en 2014, de Charles Barbey à la tête de l’Office cantonal de l’emploi.Alexandre de Senarclens, député PLR et candidat au Conseil d’État

C’est une enquête de la Tribune de Genève publiée la semaine dernière, révélant une ambiance délétère à l’Office cantonal de l’emploi(OCE), selon le témoignage de nombreux employés et chômeurs, qui a mis le feu aux poudres. Dans la foulée, le député PLR Alexandre de Senarclens a attaqué dans nos colonnes le conseiller d’État MCG en charge de l’Emploi, Mauro Poggia, et les chiffres du chômage qui, selon le député, ne seraient pas représentatifs de la réalité. Alexandre de Senarclens condamne notamment l’augmentation du nombre de personnes se retrouvant en fin de droits depuis l’arrivée de Charles Barbey, en 2014, à la tête de l’OCE, ce que conteste Mauro Poggia. Qu’en est-il exactement?

Les chiffres donnés par Alexandre de Senarclens sont justes et le nombre de personnes arrivant en fin de droits a bel et bien augmenté. Mais pour comprendre le phénomène, il est essentiel de replacer ces chiffres dans leur contexte.

Premièrement, la 4e révision de la Loi fédérale sur l’assurance-chômage obligatoire (LACI) est entrée en vigueur en avril 2011. Elle a eu pour effet de réduire les durées d’indemnisation de toute une série de chômeurs. Cette année-là a donc connu un pic, avec 5492 personnes précipitées en situation de fin de droits à Genève (+100,3%), contre 2733 l’an précédent. Si le chiffre s’est tassé par la suite, la conséquence de la réduction des durées d’indemnisation continue à se faire sentir sur toute une catégorie de chômeurs qui se retrouvent plus rapidement en fin de droits. Cette modification de la LACI, qui constitue un changement de régime, rend ainsi délicate la comparaison entre la période précédant 2011 et celle qui la suit.

Deuxièmement, les chiffres montrent que l’évolution des situations de fin de droits se dégrade bien moins vite à Genève qu’ailleurs dans le pays. Il faut noter qu’historiquement, le canton a toujours connu, par rapport au reste de la Suisse, un taux supérieur de personnes ayant épuisé la totalité des journées indemnisables auxquelles elles avaient droit – et cette situation se poursuit aujourd’hui. Or, malgré une conjoncture défavorable, Genève a réussi à freiner la progression de ce taux. Si, en 2014, le nombre des personnes arrivées en fin de droits augmentait de 3,7%, cette valeur se tassait à + 0,3% en 2015, pour passer à + 1% en 2016 et + 0,6% en 2017. Pour résumer, entre 2014 et 2017, les chômeurs arrivés en fin de droits ont augmenté de 1,9%. Ailleurs, cette proportion est nettement plus élevée: en Suisse romande, durant cette même période, ce taux grimpe à 10%, contre 10,7% pour l’ensemble du pays. Le taux de chômage, lui, se situait en 2014 à Genève à 5,5%, contre 5,3% pour 2017. Quant au taux de chômage helvétique, il a grimpé de 3% à 3,2%.

Pour revenir à des chiffres plus anciens, on peut noter que 2013 a été une mauvaise année, avec une augmentation de 11,9% des chômeurs en fin de droits à Genève, ce qui peut s’expliquer par une conjoncture économique difficile.

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