Les handicapés pas les bienvenus dans les centres de fitness à Genève

HANDICAPAlors que les paralympiques donnent l'image de sportifs parfaitement intégrés, la réalité de tous les jours est quelquefois discordante.

Des associations genevoises permettent aux handicapés de faire du sport et ainsi d'éviter l'isolement.

Des associations genevoises permettent aux handicapés de faire du sport et ainsi d'éviter l'isolement. Image: DR

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Les Jeux paralympiques ont débuté mercredi à Londres. Douze jours pendant lesquels des sportifs handicapés de haut niveau démontrent, qu'il est possible de réaliser des exploits, même en étant atteint d'un handicap. Mais qu'en est-il des anonymes, ceux qui souhaitent simplement une activité sportive pour garder la forme? A Genève, on constate qu'ils ont encore du mal à se faire accepter partout.

Le handicapé persona non grata au fitness

«Un handicapé peut se rendre dans notre club pour se refaire une santé.» C'est le discours officiel du responsable d'un centre de fitness de Genève, conscient que ses propos vont être diffusés. Les handicapés seraient donc les bienvenus en salle de remise en forme. «Nous avons tout ce qu'il faut: machines adaptables, ascenseurs et coachs à disposition», renchérit-il.

Mais voilà, le ton change hors de tout contexte médiatique. A la même question posée par un interlocuteur ordinaire, 6 autres clubs répondent en laissant la langue de bois au placard. Leur discours est clair: les handicapés, on n'en veut pas! Absence d’équipement spécifique, pas d’accès pour les vestiaires, les explications du rejet sont nombreuses. En point d'orgue, cet argument imparable: «Nous ne voulons pas faire fuir notre clientèle», lance un gérant.

Paolo, paraplégique depuis un grave accident de moto, est très loin de ces «temples de l'apparence». «Ça ne me passionne pas du tout», déclare cet ancien horloger, qui a tout de même décidé de se replonger dans le bain sportif il y a trois ans. «Je fais du handbike 2 fois par semaine et du handski en hiver. Mais je ne recherche pas la performance. Le sport est un bien-être. Ça me permet de rester en bonne santé.»

Des associations au service du handicap

Un problème de taille toutefois : le coût du matériel. Entre 4000 et 5000 euros pour se procurer un handbike. Mais Paolo peut compter sur le soutien de son association : «Je suis adhérent du Club en fauteuil roulant de Genève, qui nous aide, en mettant des outils à notre disposition.»

En effet, le meilleur moyen pour un handicapé de pratiquer le sport, c'est d'adhérer à un club. «De nombreux sports sont proposés, comme le tennis de table et l'athlétisme en fauteuil, déclare Franz Buchler, président du Club Sportif en Fauteuil Roulant Carouge–GE. L’objectif de notre association, est de montrer qu’il est possible de continuer à vivre avec un handicap, qu’il soit mental ou physique. Le sport permet à une personne handicapée de s’intégrer avec les valides.»

Et le regard des gens ? «Au début, j’étais gêné, ajoute Paolo. Mais maintenant j’ai appris à faire abstraction.» (TDG)

Créé: 31.08.2012, 16h09

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