Hacké, le registre du commerce panaméen livre des avocats genevois

Sociétés «offshore»Avocats et financiers genevois ont ouvert des sociétés «offshore» dans le petit paradis fiscal d'Amérique centrale.

Illustration. En arrière-plan, Panama City

Illustration. En arrière-plan, Panama City Image: AP

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Le registre du commerce panaméen livre ses secrets grâce au moteur de recherche développé par un jeune activiste anglais. Résultat, dévoile Le Courrier, des dizaines d'avocats, promoteurs, banquiers ou encore notaires genevois sont associés à une ou plusieurs sociétés «offshore» au Panama. Rien d'illégal au regard du droit suisse explique dans nos colonnes le bâtonnier genevois Me François Canonica. Reste que le Panama fait partie des eldorados souvent décriés en matière d'évasion et de fraude fiscale, de dissimulation de fonds ou de blanchiment d’argent.

Le Courrier relève «l'envergure de la pratique, qui a de quoi interpeller». Une majorité des ténors du barreau genevois ont, un jour ou l'autre, figuré au registre du commerce panaméen d'après l'enquête. Enrico Monfrini est associé à 160 sociétés dévoile le quotidien, Philippe Grumbach à 176 d'entre elles. L'actuel président du Conseil d'administration des HUG Michel Halpérin (32) , Marc Bonnant (21) , Dominique Warluzel (12) ou encore Jacques Barillon (1). L'avocat René Merkt apparaît comme «director» de 767 sociétés créées entre les années 60 et 2000. L'ancien procureur général Daniel Zappelli figure aussi dans le registre, pour des sociétés administrées dans les années 90 alors qu'il était avocat. Dominique Reyl, président de la fameuse banque qui aurait permis à Jérôme Cahuzac de transférer son argent de la Suisse vers Singapour, a géré une douzaine de société, selon l'enquête parue ce jour.

Les avocats concernés qui ont répondu au Courrier parlent d'«optimisation fiscale», de «planification successorale» ou de «stratégies financières». L’ancien député libéral Michel Halpérin évoque de nombreuses bonnes raisons de choisir le Panama, «dans la plupart des cas légitimes et sous la surveillance d’organismes d’autorégulation». Parmi elles, la création facile, rapide, et à bas prix de sociétés, ou la discrétion. «C’est un outil très utile pour l’acquisition d’un bien, par exemple immobilier, apprécié des clients souhaitant préserver leur sphère privée.» Une activité banale pour un avocat d'affaire de la place.

Créé: 10.04.2013, 10h09

Lire l'interview du bâtonnier Me François Canonica à propos des sociétés «offshore» en cliquant ici: «Avoir mis à disposition de certains clients, dans le cadre d’une activité d’optimisation fiscale, des structures dites offshore constitue en soit une activité légale en regard du droit suisse. La constitution d’une société offshore par un avocat suisse ne constitue et n’a jamais constitué une infraction pénale. Cette activité ne sera pas illégale tant que la Suisse n’adhérera pas aux normes du GAFI.» (Image: TdG)

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