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Habiter en coopérative coûte deux fois moins cher

Antonio Hodgers veut multiplier ce type d’habitat bon marché. De quoi réaliser 1000 logements.

Antonio Hodgers, chef du département de l'aménagement, du logement et de l'énergie.
Antonio Hodgers, chef du département de l'aménagement, du logement et de l'énergie.
Keystone

Question loyer, les coopératives sont imbattables. Le prix moyen y est deux fois moins élevé que dans les logements à loyer libre. «La différence est tout simplement énorme», commente Antonio Hodgers, qui a fourni jeudi matin ces chiffres inédits. C’est une des raisons qui poussent le conseiller d’Etat en charge du Logement à promouvoir ce type d’habitat.

Le magistrat a demandé à l’Office cantonal de la statistique de comparer les loyers des coopératives (un échantillon de 850 logements) à ceux des loyers libres. Résultat: «Les écarts y sont de 43 à 53% selon le nombre de pièces», résume le magistrat.

Sur le marché libre, le loyer moyen du cinq-pièces s’élève à 1842 francs, contre 1044 francs pour les coopératives. Pour un quatre-pièces, c’est respectivement 1484 francs et 795 francs.

Bien sûr, ce sont des moyennes. Et certaines coopératives prises dans l’échantillon ont sans doute été construites il y a des lustres. Mais cela vaut aussi pour les loyers libres, dont le niveau moyen étonne toujours celui qui cherche à se loger aujourd’hui. En ce qui concerne les constructions neuves, elles arrivent aussi à de bons résultats. A Vieusseux, la coopérative SCHG vient de réaliser un immeuble où les cinq-pièces oscillent entre 1650 et 1833 francs!

Loyers stables

«Dans une coopérative, les loyers restent stables, avance Antonio Hodgers. Alors que dans le loyer libre, ils sont augmentés lors du changement de locataire.»

Le magistrat mentionne d’ailleurs une étude du professeur de l’EPFL Philippe Thalmann qui a calculé qu’en quarante ans, les loyers en Suisse ont augmenté de 235%, alors qu’ils n’auraient dû croître que de 35% s’ils avaient strictement évolué dans les cautèles fixées par le droit du bail. «C’est la preuve que le système, censé protéger les locataires, ne fonctionne pas», conclut Antonio Hodgers.

Cet avantage sur les loyers est une des raisons pour lesquelles le magistrat veut multiplier les coopératives, l’autre étant qu’elles contribueraient à un habitat plus varié. Ce type de logement représente 14% du parc en ville de Zurich, contre 4% à Genève.

Répartir le magot

Le principal levier à disposition de l’Etat consiste à fournir des terrains, sous forme de droit de superficie. Près de 100 000 m2 ont été réservés à cet effet, de quoi réaliser à terme 1000 logements. Les neuf dixièmes ont été attribués cette année. Dix-sept coopératives en ont profité, sur sept périmètres répartis dans quatre communes. Ces projets se situent en bonne partie sur les grandes opérations prévues par l’Etat, comme les Communaux d’Ambilly, à Thônex, et les Grands-Esserts, à Veyrier.

Des critères sont nécessaires pour répartir ce magot foncier très convoité. Car le marché de la coopérative est divers. On y trouve des grandes et des petites structures. Certaines d’entre elles misent sur la participation des habitants, d’autres sont simplement des entités créées par des régies.

Le magistrat veut privilégier les primo-coopératives, à savoir des petits groupes d’habitants qui veulent réaliser leur propre immeuble. Ils ont droit à 35% du total. Une répartition équitable sera faite entre les coopératives participatives et les structures plus classiques.

Patience, patience

Le coopérateur doit être patient. Si les terrains ont été attribués, il faut encore réaliser les immeubles. Or les projets durent entre cinq et dix ans, si le terrain n'est pas tout de suite disponible! Même bon marché, le logement reste donc un chemin de croix. L’Etat dit toutefois vouloir accélérer ces processus, notamment en collaborant mieux avec les communes. Il a aussi mis en place une structure de conseil et d’accompagnement pour les promoteurs néophytes.

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