Des habitants se mobilisent pour sauver la dernière épicerie de Croix-de-Rozon

SolidaritéLa tenancière de L’Eki-Thé prend sa retraite à la fin de l’année et n’a pas trouvé de repreneur. Un groupe de soutien a été créé.

Annik Duret a décidé il y a un an de remettre l’établissement. Elle a résilié son bail au 31 décembre. Mais à moins d’un mois de l’échéance, elle n’a toujours pas trouvé de repreneur.

Annik Duret a décidé il y a un an de remettre l’établissement. Elle a résilié son bail au 31 décembre. Mais à moins d’un mois de l’échéance, elle n’a toujours pas trouvé de repreneur. Image: Pascal Frautschi

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Les commerces de Croix-de-Rozon pourraient bientôt se résumer à deux stations-service. Après l’office de poste menacé de fermeture, c’est l’épicerie-café L’Eki-Thé qui risque de mettre la clé sous la porte à la fin de l’année. Au grand dam d’une partie des habitants de ce bourg frontalier. Un groupe de soutien a été créé pour tenter de conserver ce lieu unique. «L’Eki-Thé, c’est l’âme du quartier», résume Chloé Jacot-Descombes, habitante de Croix-de-Rozon et habituée du lieu.

L’épicerie a ouvert il y a huit ans. Elle a remplacé un «café un peu glauque», confie sa tenancière, Annik Duret. Psychothérapeute et formatrice d’adultes de métier, la nouvelle gérante a souhaité dès le départ allier tea-room et magasin équitable dans cette arcade sise au 135, route des Hospitaliers. Elle y a également développé une série d’animations socioculturelles. «Je trouvais intéressant de mélanger les publics», explique-t-elle.

Dans ce local spacieux au cœur du village, on peut ainsi écouter un conte en famille, prendre un apéritif en musique ou encore participer à un débat politique. Les meubles en bois confèrent une ambiance chaleureuse au lieu. «On s’y sent bien, c’est un peu une extension de la maison, souligne, enthousiaste, Chloé Jacot-Descombes, attablée ce jour-là avec Jean-Daniel Rouiller, un autre fidèle du café. Nous sommes toujours bien accueillis et il y a autant des seniors que des familles.»

Proche de l’âge de la retraite, Annik Duret a décidé il y a un an de remettre l’établissement. Elle a résilié son bail au 31 décembre. Mais à moins d’un mois de l’échéance, elle n’a toujours pas trouvé de repreneur. «C’est compliqué financièrement de tenir un lieu comme celui-ci, explique-t-elle. Pour ma part, je travaille bénévolement et j’ai une employée à 100%.»

La situation pourrait encore se complexifier pour le prochain locataire. Selon la nouvelle loi sur la restauration, il ne sera plus possible de préparer des plats chauds dans la cuisine du café, faute de ventilation suffisante. Et une remise aux normes n’est pas envisagée dans cet immeuble de la Fondation pour le logement de la commune de Bardonnex. «Pour être conformes à la loi, nous devrions installer une nouvelle gaine de ventilation qui traverserait les appartements», détaille le maire, Alain Walder.

Informés de la disparition probable du lieu, une vingtaine d’habitants de Croix-de-Rozon ont décidé cet automne de se constituer en association pour reprendre le commerce et poursuivre ses activités. Une pétition «Pour le sauvetage de L’Eki-Thé» a également été lancée. Le texte, doté de 824 signatures, a été remis aux autorités à la fin du mois de novembre. Il demande «le soutien de la Commune dans la recherche d'une solution».

Qu’en pense le maire? «L’idée de voir des habitants reprendre L’Eki-Thé est sympathique, répond Alain Walder. Le souci est le loyer, qui s’élève tout de même à près de 20000 francs par an.» Le magistrat précise que les autorités attendent aujourd’hui que l’association leur présente un projet. «Il reviendra ensuite au Conseil municipal de décider s’il est prêt à le soutenir financièrement.» Soit, au plus tôt, en début d’année prochaine.

Ne sera-t-il pas trop tard pour sauver l’établissement? «Nous pourrions demander la prolongation du bail à la fondation, mais il faudrait que le loyer puisse être payé», répond Alain Walder. La maire rappelle toutefois la difficulté d’exploiter une épicerie à Croix-de-Rozon compte tenu de la concurrence des stations-service et des commerces français.

«L’abandon de la restauration chaude va représenter un manque à gagner qu’il nous faudra combler par d’autres activités lucratives, ce qui va sans doute demander un peu de temps, admet Chloé Jacot-Descombes, au nom du comité de l’association. Des pistes de revenus supplémentaires ont été suggérées, comme la location de la salle, la vente de seconde main et des manifestations diverses.»

L’association demanderait une aide financière des autorités uniquement pour assurer la transition. «Nous souhaitons par la suite assumer nos frais de fonctionnement et ne solliciter les autorités que pour le volet socioculturel du projet.»

Créé: 07.12.2019, 10h15

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