Guillaume Barazzone: «Je veux des Genevois fiers de leur ville»

InterviewLe conseiller administratif PDC reprend la Mairie de la Ville de Genève pour un an. Une première pour lui.

Photo d'archive. Le maire inaugurera à la fin de juin un nouveau lieu d’animation au bord du lac.

Photo d'archive. Le maire inaugurera à la fin de juin un nouveau lieu d’animation au bord du lac. Image: Tribune de Genève

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Le 1er juin, le conseiller administratif responsable du Département de l’environnement urbain et de la sécurité succédera à la Verte Esther Alder. A 34 ans, le magistrat PDC Guillaume Barazzone deviendra maire de la Ville de Genève pour la première fois. Et il aura un an pour «rendre la ville plus attractive». Interview.

Vous vous apprêtez à prendre cette fonction pour la première fois. Votre réaction?

C’est une grande fierté et je suis ému de devenir maire de Genève à 34 ans. Je suis né dans cette ville, j’y ai grandi, j’y ai tout appris. Et ce n’est pas seulement un titre, c’est avant tout être la voix des Genevois pendant un an.

Comment l’utiliserez-vous?

D’abord, j’ai envie d’aller à la rencontre de la population. Je me servirai de ma fonction pour valoriser les atouts de Genève: une cité humaniste, accueillante pour les étrangers. C’est aussi une ville libérale, qui permet l’échange d’idées, où ont lieu d’importants échanges économiques et culturels. J’ai aussi le désir de m’investir pour cette Genève internationale qui est un autre atout extraordinaire de la ville.

Votre double mandat – vous êtes aussi conseiller national – avait suscité une certaine polémique. Trouverez-vous le temps pour la Mairie?

Bien sûr. J’ai toujours eu un agenda très chargé, et cela ne changera pas. Je continuerai à m’engager à fond pour notre ville, que ce soit à Genève ou au parlement fédéral, où je suis impliqué dans des dossiers qui ont des répercussions directes ici. Dans le cadre de la réforme de l'imposition des entreprises, je me suis battu pour obtenir davantage de compensation financière à travers la rétrocession d’une part de l’impôt fédéral direct au Canton et aux communes. J’ai fait entendre ma voix pour mettre en lumière les dangers de l’application de l’initiative UDC sur les étrangers, en expliquant à quel point nous tirons parti des Bilatérales.

N’est-ce pas le rôle de tout Genevois à Berne?

Oui, mais en étant à l’Exécutif d’une ville, je représente une sensibilité urbaine particulière. Et en tant que maire, je suis convaincu que je serai entendu différemment. Même les plus sceptiques ont reconnu l’utilité de ma présence outre-Sarine.

Concrètement, quelles seront vos actions en tant que maire?

Je veux rendre la ville plus attractive, comme je l’ai fait déjà avec urbanature ou les food trucks en tant que magistrat de l’Environnement urbain. Comme premier acte concret, je vais inaugurer un lieu d’animation sur la Rive droite, au bord du lac, pour faire vivre les rives autrement (lire encadré). Il sera ouvert dès le 24 juin, pour un mois. Ce sera une édition test. Nous verrons s’il faudra l’affiner à l’avenir.

L’attractivité de la ville, c’est essentiel?

Oui. Je souhaite que les Genevois soient fiers de leur ville comme je le suis. Il y a certains problèmes en matière de logement, de mobilité ou de chômage. Mais je suis convaincu que nous pouvons y apporter des réponses en nous appuyant sur nos atouts. Cette ville est pleine d’énergie, je rencontre tous les jours des gens qui ont envie de s’engager. C’est le rôle des autorités de les aider.

Seul représentant de la droite, vous serez le porte-parole d’un collège de gauche. Une tâche délicate?

Je suis issu du centre droit, mais en tant que maire je représente l’ensemble de la population. Au sein du Conseil administratif, les avis divergent parfois, comme sur les finances publiques ou la neutralité de l’Etat. Mais il y a avant tout dans ce collège des gens qui veulent faire avancer Genève. C’est l’essentiel.

La neutralité religieuse, d’ailleurs, est un sujet brûlant. Votre position?

Je suis en faveur d’une neutralité religieuse totale chez les collaborateurs de la fonction publique. L’Etat doit délivrer des prestations de la manière la plus neutre possible. Les fonctionnaires en contact avec le public n’ont pas à afficher de signes ostentatoires religieux, qui relèvent de la sphère privée. L’Etat, par définition, n’a pas de religion. Mais je vais même plus loin: la neutralité doit être aussi politique. On ne devrait pas pouvoir être agent de l’Etat et conseiller municipal ou député, pour les mêmes raisons. Certains utilisent ce débat sur la laïcité pour stigmatiser les étrangers et les frontaliers. C’est inadmissible et je le répéterai chaque fois que je le pourrai en tant que maire. Depuis toujours, les étrangers sont une richesse pour notre ville. C’est aussi cela l’esprit de Genève.

(TDG)

Créé: 27.05.2016, 10h06

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(Image: Croquis transmis par le DEUS)

L’Escale pour faire la fête

Cet été, le bord de l’eau, du moins sur la rive droite, changera de visage durant un mois: L’Escale – 500?m2 entre le débarcadère des mouettes et les Bains des Pâquis – sera dédiée à l’animation estivale. Le lieu sera ouvert du 24 juin au 24 juillet, du mardi au dimanche de 14?h à 23?h?30 ou minuit. Au programme, Dj’s ou concerts tous les soirs, piano à queue en libre-service, jeux d’eau ou projections de films en noir-blanc. A l’Escale, qui sera tenue par une association à but non lucratif, il y aura de quoi s’abreuver, mais ni nourriture, ni alcool fort. Les revenus de la buvette iront aux activités culturelles.

«Il y a une grande attente d’animation au bord du lac. Ce lieu permettra à la population de se réapproprier ses quais», précise Guillaume Barazzone. L’Escale sert-elle de réponse à l’absence critiquée des Pré-Fêtes de Genève? «En aucun cas. Il s’agit d’une démarche complémentaire. Les Fêtes de Genève, qui sont nécessaires mais dont le concept se devait d’être renouvelé, proposeront autre chose.»

Le futur maire promet un lieu culturel et populaire, «mais qui ne ressemblera pas à une kermesse». Impossible pour l’heure de connaître le coût exact de cette première manifestation, destinée à être renouvelée chaque été. Seule information: la Ville injectera quelques dizaines de milliers de francs. A.Va

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