Grippe: les HUG obligent les visiteurs à porter le masque

PréventionL’an dernier, seuls 10% des visiteurs étaient masqués. Insuffisant et dangereux pour les malades

La grippe est très contagieuse: pour éviter de la transmettre, il est conseillé de porter un masque et de se désinfecter les mains.

La grippe est très contagieuse: pour éviter de la transmettre, il est conseillé de porter un masque et de se désinfecter les mains. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Reconnus dans la Suisse entière pour leurs efforts en matière de lutte contre la grippe, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) augmentent leur vigilance cet hiver. Dès aujourd’hui, les visiteurs devront porter un masque dès leur arrivée à l’Hôpital et au plus tard avant d’entrer dans une zone de soins. Identifiés l’an dernier comme le maillon faible de la stratégie antigrippe, les visiteurs sont ciblés cette année. L’objectif: protéger les patients d’une infection extérieure.

Jusqu’alors, les personnes rendant visite à un proche hospitalisé étaient «priées» de se désinfecter les mains et de se couvrir le nez et la bouche d’un masque pendant la période de grippe, si elles avaient le nez qui coulait ou un peu de fièvre. «Cette stratégie, défendue peut-être timidement, n’a pas suffi. Seuls 10% des visiteurs contrôlés portaient un masque. Cette année, nous le disons très ouvertement et nous sommes les premiers à le faire: si on a le nez qui coule ou de la fièvre, il ne faut pas venir à l’Hôpital. Et dans tous les cas, le port du masque est obligatoire pour tout le monde», déclare le professeur Didier Pittet, responsable du Service prévention et contrôle de l’infection des HUG.

Agir avant l’épidémie

La propagation de la grippe n’est pour l’heure que sporadique en Suisse, mais la maladie a bel et bien été constatée intra-muros. «Nous avons repéré une dizaine de patients atteints, dont une dame ayant attrapé la grippe chez nous, par un soignant, un patient ou un visiteur, précise Didier Pittet. Par définition, un malade hospitalisé est fragile et plus susceptible d’attraper la grippe, maladie très contagieuse et vicieuse, que l’on peut transmettre un jour avant d’être symptomatique. Or, chez une personne vulnérable, la grippe peut avoir des conséquences graves, voire fatales.»

Les HUG ont donc décidé d’agir avant que l’épidémie ne soit déclarée. Didier Pittet considérerait comme une «erreur tactique» d’attendre le signal du dispositif Sentinelle. Ce réseau est composé de quelque 200 médecins répartis en Suisse, qui déclarent chaque semaine le nombre de leurs patients présentant une affection grippale et envoient des frottis pharyngés à Genève, notamment, pour des analyses virologiques. «A partir d’une proportion de 15% de grippes, on déclare que l’épidémie est là. Ce mécanisme nous fait facilement perdre deux semaines, estime Didier Pittet. Nous nous exposons peut-être à des questions, voire à des critiques en agissant avant le début de l’épidémie, mais pour nous, toute grippe nosocomiale (contractée à l’hôpital) constitue une grippe de trop», déclare le professeur genevois, qui craint que les vacances de Noël ne retardent encore le processus.

Dès aujourd’hui, les HUG déploieront donc leur dispositif spécial antigrippe (baptisé «zoning»). Vont réapparaître, comme chaque hiver, environ 200 guichets d’information, équipés de ces fameux masques et de gels hydroalcooliques pour désinfecter les mains.

Moins de cas nosocomiaux

Rappelons que cette stratégie vise à diminuer le nombre de grippes nosocomiales. «Au début, personne ne les repérait. Un jour, on s’est rendu compte qu’elles représentaient plus de la moitié des grippes, voire plus de 80% en gériatrie (84,5% en 2012)! Désormais, leur proportion diminue d’année en année», se félicite Didier Pittet (voir l’infographie).

L’Hôpital continue par ailleurs de promouvoir la vaccination de son personnel. Le 5 décembre, 36% des collaborateurs étaient vaccinés (63% des médecins, 36% des infirmiers), contre 29% en 2012. «Idéalement, il faudrait atteindre 80% pour protéger les malades», rappelle le professeur Pittet, qui ajoute que l’on peut se faire vacciner jusqu’au pic de l’épidémie. (TDG)

Créé: 06.12.2016, 21h02

Pas d'épidémie

Sentinella rencense chaque semaine les données de 200 cabinets médicaux dans toute la Suisse, lit-on sur le site de la Confédération. Des frottis pharyngés pour une partie de ces patients sont envoyés au Centre National Influenza (CNI), à Genève, pour des analyses virologiques. Le virus est donné comme sporadique dans le canton de Berne. Les autres ne signalent aucune propagation. (JFM)

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Un million d’entrées!

Un sacré défi! Comment les HUG vont-ils parvenir à recouvrir d’un masque les centaines de visiteurs qui franchissent chaque jour les portes de l’institution? Selon le service de la communication, un million de personnes empruntent chaque année l’entrée principale de Cluse-Roseraie, soit 3000 par jour – cela inclut les collaborateurs, les patients, les visiteurs, les fournisseurs et les congressistes. Aux Trois-Chêne, 500 personnes transitent par le hall d’entrée par jour. «Cela fait du monde!» reconnaît Didier Pittet, qui serait «très content si le port du masque pouvait s’étendre à 80%-90% des visiteurs».
Concrètement, l’Hôpital mise sur une meilleure visibilité du dispositif et sur la conviction. «L’an dernier, quand nous avons demandé aux visiteurs pourquoi ils ne portaient pas le masque, ils nous ont dit que l’information n’était pas assez claire, indique la Dre Anne Iten, médecin adjoint du Service contrôle et prévention de l’infection. Le public méconnaît la grippe. Nous voulons l’informer et l’associer à notre lutte contre la maladie. Des masques seront donnés à l’entrée et des audigrippes (ndlr: sorte d’auditeurs qui contrôlent que le personnel est bien vacciné ou masqué) seront là pour aider les visiteurs.» «En général, lorsqu’on leur fait une remarque, ils le prennent très bien», ajoute, confiant, Didier Pittet.
S.D.

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