La grève du climat s’élargit aux profs, aux commerces et aux associations

Mobilisation citoyenneLa marche pour le climat d’aujourd’hui ne comptera pas que des étudiants dans ses rangs.

Des chercheurs et des enseignants universitaires ont lancé un appel à la grève. Des syndicalistes et des associations leur emboîteront le pas, ainsi que de simples citoyens.

Des chercheurs et des enseignants universitaires ont lancé un appel à la grève. Des syndicalistes et des associations leur emboîteront le pas, ainsi que de simples citoyens. Image: STEEVE IUNCKER-GOMEZ

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Les étudiants ne seront pas seuls dans les rues de Genève aujourd’hui pour la grève mondiale du climat. Après avoir lancé le mouvement et accaparé le devant de la scène lors des deux premières journées de mobilisations, ils sont désormais rejoints par des salariés, à commencer par certains de leurs professeurs.

Chercheurs en grève

Le 20 février dernier, plus de 260 chercheurs suisses, français et belges ont lancé un appel à la grève du 15 mars, disant «rompre avec le devoir de réserve que nous nous sommes si souvent imposés». Parmi eux se trouvent cinq professeurs genevois; deux sont issus de l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) et trois de l’UNIGE. En tant que professeur associé à l’Institut des sciences de l’environnement, Anthony Lehmann a une légitimité particulière à aller manifester: «Depuis quelques années on tient un discours alarmant, mais on n’a pas l’impression d’être très écoutés. Les preuves scientifiques sont là, mais les décisions politiques ne suivent pas.» Le quinquagénaire souligne aussi une rupture générationnelle: «Je commence à réaliser qu’on est en train de voler l’avenir des jeunes. Les gens de ma génération, on a plus à perdre qu’à gagner.»

Dans le milieu académique, les élèves ne sont pas en reste. Jusque-là restés discrets, les étudiants de l’UNIGE haussent la voix. Un collectif, qui dit trouver la marche du 18 février «pas assez représentative», appelle les universitaires à «être plus nombreux à faire la grève» et organise la mobilisation. Devant chaque bâtiment prendra place un piquet de grève, une coauteure d’un rapport du GIEC tiendra une conférence et un atelier pancartes sera mis sur pied. Enfin, des étudiants de l’École internationale ont aussi annoncé faire la grève. En cette journée zéro consommation (lire ci-contre), l’épicerie écoresponsable «Le Bocal Local» se met également en grève. Elle sera donc fermée et ses propriétaires seront dans la rue. «Il y a un mouvement citoyen global qui se met en place, explique Deborah Rouault, cofondatrice de l’enseigne. Il nous semble essentiel d’y participer.»

Soutien de conducteurs TPG

S’ils ne font pas la grève, de nombreux autres acteurs soutiennent la mobilisation. Le mouvement syndical genevois annonce ainsi qu’il «se place aux côtés de la jeune génération dans cette lutte» dans un communiqué où il dénonce un «Conseil fédéral aveugle, sourd et muet». Plusieurs associations genevoises appellent également à la grève. Parmi elles, Alternatiba, qui a été créée en 2015 afin de sensibiliser le public romand à l’approche du sommet de Paris, ou encore le mouvement de désobéissance civile Breakfree.

Les milieux moins politisés affichent eux aussi leur soutien. La section TPG du syndicat du personnel et des transports (SEV) a encouragé la manifestation. Des employés de la firme tiendront un piquet de discussion devant le dépôt de la Jonction dès 11 h 30.


Deux journées «Zéro consommation»

«Ne dépensons pas un centime, ne retirons pas d’argent et soyons les consommateurs les plus inexistants qu’il soit possible d’être.» L’appel du groupe militant Boycott Citoyen a le mérite d’être clair. Les 15 et 16 mars, il demande aux consommateurs du monde entier de ne rien acheter, tout simplement.

D’ordinaire, ce mouvement, né après les mobilisations écologiques de septembre, se donne pour objectif de «changer la donne en axant nos choix de consommation sur des produits plus responsables et en boycottant les grands groupes irresponsables». Mais son action du jour va plus loin. Elle s’inspire de l’opération suisse «Février sans supermarché», lancée il y a trois ans.

En 2018, 20 000 personnes avaient joué le jeu, en France et en Suisse. Au-delà des achats, le projet de Boycott Citoyen s’attaque à tous les comportements énergivores au quotidien. Il incite également à «éteindre la lumière» ou à «couper la télévision» aujourd’hui et demain.

Carole Galand, fondatrice du mouvement, voit dans ces deux journées une forme de sobriété heureuse: «Il s’agira d’une journée où l’on sera plus connecté avec les gens autour de nous, où l’on va un petit peu plus réfléchir à ce dont on a besoin et à comment l’on peut passer cette journée à la fois dans la réflexion et dans la joie.» Et pas question de compenser sitôt l’opération terminée: «Dès le 17 mars, allons voir nos petits commerçants, les boutiques éthiques, les magasins en vrac et les petits producteurs qui ont fait le pari d’une consommation plus juste», insiste le communiqué du groupe. Pour les militants, mieux vaut donc faire dans le recyclage pour confectionner les pancartes. S.Z.

(TDG)

Créé: 14.03.2019, 20h13

Informations pratiques

Aujourd’hui a lieu la première grève mondiale pour le climat. Tous les étudiants sont appelés à ne pas se rendre à l’école mais à descendre dans la rue pour réclamer des mesures écologiques ambitieuses.

À Genève, la marche commence à 14 heures à la place des Vingt-Deux-Cantons
pour finir à la place Neuve. Les transports publics seront fortement perturbés
au centre-ville.

Sur la page Facebook de l’événement, il est indiqué que «les banderoles, pancartes et autres drapeaux sont bienvenus pour l’occasion, à condition qu’ils soient apartisans (ni partis ni autres organisations) et adressés
aux autorités».

Les cours et les évaluations déjà annoncées ont lieu normalement. Tout élève souhaitant faire la grève avait jusqu’à hier pour présenter une lettre d’excuse cosignée par ses parents, a décidé
le Département de l’instruction publique, de la formation
et de la jeunesse (DIP). S.Z.

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