Accord entre la direction et les syndicats: les TPG roulent normalement

Conflit socialLa menace de grève n'a pas été mise à exécution. Bus et trams assurent le service.

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Il n'y aura pas de grève des transports publics aujourd'hui. Les TPG vont assurer le service normal. Réunis ce matin en assemblée générale, les employés ont décidé de ne pas mettre leur menace à exécution. L'accord négocié mercredi avec la direction des TPG a été accepté à l'unanimité moins une voix, signant ainsi la fin du conflit social. Le premier tram a quitté le dépôt du Bachet-de-Pesay à 4h14. A la Jonction, le premier trolley-bus est sorti à 4h22.

«Vous pouvez être fiers de ce que vous avez réalisé. Vous avez démontré qu'il est possible de résister pour défendre vos emplois», a lancé le syndicaliste Vincent Leggiero à la centaine d'employés présents au Bachet-de-Pesay et alors que son discours était retransmis par téléphone aux employés du dépôt de la Jonction.

Café chaud, croissants et soupe de l'Escalade

A la Jonction justement, la prise de travail syndical commence à 3h du matin dans l’allégresse. Une centaine d’employés devant le bâtiment principal de la régie. Une cantine a été installée, le buffet est généreux: café chaud, croissants, pains au sucre et, surtout, 150 kilos de soupe de l’Escalade pour «démarrer la journée en se chauffant au méthane», glisse un chauffeur hilare et particulièrement motivé. Fred le Valaisan a coupé les légumes toute la nuit. «Subsistance de guerre», lance-t-il en remplissant les bols, avant d’ajouter: «Le 19 novembre, on a grillé 2500 saucisses entre les deux principaux dépôts.»

Les poignées de main, ce matin d’assemblée décisionnaire, sont fermes et plutôt convaincues. Un ultime doute partagé sur l’issue du vote à venir, mais sur le mode amusé. «Et si l’assemblée dit non, tu fais quoi? Tu vas chercher ta voiture et tu la mets devant l’entrepôt pour bloquer la sortie des bus», glisse un chauffeur à son voisin de réseau. Il sait que le vote sera positif et que la grève n’aura pas lieu. «Je vais pouvoir me défaire de mon brassard du syndicat et du tract qui allait avec, renchérit David, préposé lui aussi à la cantine. Pendant toutes ces semaines, je l’avais au bras en conduisant. Personne ne m’a engueulé. Pas un mot de travers chez les usagers. Notre lutte a été comprise.»

Elle promet de continuer à l’être. Champagne pour tous à pile 4h du matin à la Jonction. La lecture de l’accord est, ici aussi, très applaudie; la fierté exprimée au Bachet est relayée au bord du Rhône par des cris de soutien et des «Tous ensemble, tous ensemble» de soir de victoire sportive.

Les chauffeurs de l’aube se dirigent vers le bureau de roulement. «Dix minutes avant la prise en main du véhicule, on badge», rappelle l’un d’eux, content de partir travailler. Bruno vient de toucher sa feuille de service. Le premier trolleybus qui sort des hangars de la Jonction est le sien. A 4h22, il file en direction de Vernier sous les applaudissements de ses camarades. Oui, camarades. «Ce matin, comme tous ceux à venir, on peut s’appeler ainsi», conclut en duplex la voix du Bachet.

Les termes de l'accord

Les termes de l'accord négocié la veille ont été présentés par la syndicaliste Valérie Solano. Il assure les points suivants: pas de licenciements jusqu'en 2018 relatifs à l'accord de prestations, maintien des effectifs assuré pour 2015, maintien des acquis pour les retraités. Les TPG s'engagent aussi à analyser et améliorer les temps de parcours des véhicules afin d'offrir de meilleures conditions aux chauffeurs, et notamment le respect de leur pause en bout de ligne. En échange, les syndicats s'engagent à discuter sur un service minimum.

Comment en est-on arrivé là? Comment les fronts ont-ils pu s’adoucir si facilement, après seulement deux séances de négociations? «Nous évoluions dans un cadre très contraignant, a expliqué la veille Christoph Stucki, directeur ad interim des TPG. Mais le Conseil d’Etat nous a donné la souplesse que nous réclamions depuis le mois de septembre.»

Les contraintes? Elles provenaient du contrat de prestation que les députés vont devoir voter jeudi ou vendredi. Ce document fixe pour les quatre prochaines années les objectifs à atteindre pour les TPG et leurs ressources financières. Or, depuis que les Genevois ont accepté en mai une baisse des tarifs, les TPG ont prévu des baisses de recettes que le Conseil d’Etat n’a pas voulu compenser. Une rigidité à laquelle la Commission des transports du Grand Conseil s’est ralliée. En clair, pas question de donner plus d’argent aux TPG.

Mais des marges de manœuvre existent. «Nous allons faire le maximum pour optimiser le fonctionnement des TPG, explique Anita Frei. Cela va nous apporter des gains. Et ce qui ne suffira pas, nous le demanderons les prochaines années au Conseil d’Etat.» En clair, les TPG feront la preuve de leur bonne volonté et espèrent si nécessaire obtenir un peu plus d’argent à l’avenir. «Le cadre financier, trop rigide, offrait tous les ingrédients de la crise, rappelle Christoph Stucki, mais tout le monde a appris quelque chose de la grève du 19 novembre.»

«Ce résultat ne pouvait être obtenu qu'avec la grève. Nous avons obligé le Conseil d'Etat à négocier», a déclaré Vincent Leggiero. Ce dernier a appelé à venir manifester, cet après-midi à 16 heures devant l'Hôtel-de-Ville où le contrat de prestation sera discuté par les députés. (TDG)

Créé: 04.12.2014, 04h43

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