«La gratuité du test VIH permettrait de faire des économies»

GenèveAvec près de septante cas d’infections par année, Genève reste le canton le plus touché par le virus. Le groupe socialiste souhaite la gratuité du dépistage.

Image: Steeve Iuncker-Gomes/Tribune de Genève

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Vendredi dernier, le Grand Conseil a renvoyé au Conseil d’Etat son rapport sur le dépistage gratuit du VIH, la réponse du gouvernement étant jugée insatisfaisante par les députés, rapportait 20Minutes. Le gouvernement a émis un préavis négatif sur une motion demandant la prise en charge des tests par le Canton. Le texte avait pourtant été accepté par 80 députés en janvier.

Une déception pour son initiateur, le député socialiste Romain de Sainte Marie: «La motion demandait simplement un rapport de faisabilité sur ce projet, ce qui n’avait rien de contraignant. J’ai donc décidé de rédiger un projet de loi à ce sujet pour forcer le Conseil d’Etat à agir sur cette problématique.» Le refus du gouvernement ne se base sur aucun argument tangible selon l’élu. «Le Grand Conseil a estimé le coût du projet à près de 200'000 francs suisses, ce qui n’a rien d’excessif. La réponse «rien n’est gratuit» est un peu simpliste.» Sur le blog de son groupe au Grand Conseil, l'élu l'assure: «La gratuité du test VIH serait une mesure de prévention qui, pour un coût modeste, permettrait de faire des économies sur le long terme et d'éviter des drames humains.»

A Genève, un test de dépistage coûte 55 francs à l’hôpital cantonal, 25 francs pour les mineurs. Des prix jugés trop élevés pour certains jeunes. Iago Vincenini, étudiant en Lettres, estime que «le prix du test est clairement un frein. Il retarde considérablement l’échéance du dépistage».

D’après les statistiques des HUG, 23% des patients contaminés n’apprennent leur séropositivité qu’un an après avoir contracté le virus. Un véritable problème pour les professionnels de la santé. «Près de la moitié de nos patients ont besoin de soins rapides et la procédure de dépistage se fait beaucoup trop tardivement», explique le docteur Alexandra Calmy, responsable des consultations aux HUG. «Nous voulons limiter tous les obstacles possibles au dépistage et la connaissance de son statut VIH doit être encouragée.»

Le groupe Sida Genève voit la gratuité du dépistage d’un bon œil, seulement si «cela ne se fait pas au détriment du budget alloué à la prévention, qui est essentielle chez les populations à risque. Le VIH est passé d’une maladie mortelle à une maladie chronique, ce qui rend le problème plus abstrait», souligne son président David Perrot.

Les HUG réalisent environ 3500 tests chaque année. Avec près de septante cas d’infections par an, Genève reste le canton suisse le plus touché par le virus.

Créé: 25.09.2014, 18h04

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