«Le Grand Genève est en panne»

Votation cantonaleRéactions vives côté français suite au non au crédit P+R.

Christian Monteil, président du conseil général de Haute-Savoie

Christian Monteil, président du conseil général de Haute-Savoie Image: Lucien Fortunati

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- Christian Monteil, président du conseil général de Haute-Savoie: «C’était LE rendez-vous! des engagements avaient été pris par le Conseil d’État, ils ne pourront être tenus. Ce vote appartient au peuple genevois mais il est certain qu’il va rendre plus difficile le travail fait autour du Grand Genève. Concernant les P+R eux-mêmes, nous en avons financé neuf en Haute-Savoie ces trois dernières années, et nous continuerons à en financer. Il n’y aura pas de réaction brutale. Il n’est pas question de punir qui que ce soit. D’ailleurs, qui serait puni? Les employeurs genevois? Les frontaliers haut-savoyards? La question est d’un autre ordre: Est-ce qu’on peut continuer à construire l’agglomération quand on achoppe sur de tels objets? On s’effondre sur un tout petit crédit. Le problème fondamental, c’est donc la nouvelle relation à construire entre Genève et ses partenaires français. Il faut le reconnaitre: on est en panne! A nous de trouver les solutions, de prendre d’autres chemins.»

- Guy Larmanjat, Conseiller général de l'Ain: «Je préfère un résultat négatif à un très faible résultat positif qui aurait pu laisser quelque espoir sur cette contribution spécifique genevoise. Ce vote démontre que le fonds de 240 millions d’euros sur 10 ans a été un leurre présenté par le Conseil d’état genevois pour inciter les français à signer le projet d’agglomération 2. Car, s’il y avait un projet qui devait passer c’était bien celui-là. Je rappelle que ces P+R, c’est du foncier, pris sur France pour éviter des voitures sur Genève. Si dans ce projet les Genevois ne sont pas capables de voir leur intérêt!»

- Pierre-Jean Crastes, maire de Chênex et président de la communauté de communes du Genevois : «On dit souvent en France que les référendums sont dangereux car les gens répondent à une question qui n est pas posée. Dans ce cas, le MCG a fait croire que ces infrastructures, utiles aux Genevois, étaient financées par l'impôt des genevois au détriment des équipements de type écoles, alors qu’il n’en a jamais été question. Pour la première fois on entendait les élus majoritaires expliquer que la part de l’impôt des frontaliers (dont près de 40% sont suisses) qui reste à Genève doit servir à financer ces infrastructures utiles à la qualité de vie des genevois et utile à la pérennité du développement de Genève donc encore dans l'intérêt des genevois. Ce discours vrai mais complexe s’est fait battre par des arguments fallacieux et simplistes, il faudra donc que les élus genevois s’engagent davantage à l avenir pour convaincre leur population que le Grand Geneve doit se construire en utilisant différemment l’impôt à la source qui pour près de 75% reste à Genève.»

- Christian Dupessey, maire d’Annemasse, Président d’Annemasse agglo et conseiller régional Rhône-Alpes: «C’est un dimanche paradoxal puisqu'à l’heure où l’on se parle, je suis en train de remettre des médailles aux côtés de Sami Kanaan, dans le cadre des jeux du Grand Genève. D’un côté ce sont des milliers de jeunes rassemblés qui montrent que le Grand Genève existe. Et de l’autre, une majorité d’électeurs genevois qui choisissent le repli sur eux-mêmes. En ce qui concerne la construction ou non de ces 5 P+R, on verra. Mais ce vote, c’est surtout un mauvais coup pour la construction solidaire de notre agglomération. Il y a des réalités : la première, c’est que le grand Genève existe. La seconde : il y a une convention d’objectifs qui prévoit 240 millions d’euros sur 10 ans. Ce qui est tombé aujourd’hui, c’est la méthode. C’est la dessus qu’il faut qu’on retravaille. La balle est maintenant dans le camp du Conseil d’Etat, qui, il faut le rappeler, a signé un engagement. Aujourd’hui, pour moi, il n’est plus question de procéder projet par projet. Il faut trouver un autre moyen de fonctionner. » Et de rappeler : « si la France se retirait du projet d’agglomération 2, ce sont des centaines de millions de Berne qui seraient remis en cause. Nous ne voulons pas dramatiser mais nous souhaitons que les engagements pris par le conseil d’Etat soient tenus. »

- Etienne Blanc, député-maire de Divonne: «Je respecte le vote genevois. Mais, cela va nous compliquer la tâche. Les premiers responsables sont les politiques locaux genevois et français. Ils doivent tout faire pour faire passer le message de l’intérêt commun de ces infrastructures. Depuis deux ans, le bureau exécutif de l’Arc (ndlr: le syndicat mixte qui regroupe les collectivités françaises entourant Genève) ne subit que des échecs : l’assurance maladie des frontaliers, la convention fiscale franco-suisse sur les successions, la libre circulation et maintenant le financement des P+R. Depuis 2 ans, l’Arc mène une politique calamiteuse. Il faut tirer les conséquences de ce nouvel échec et repenser notre stratégie politique commune. Quoiqu’on dise, quels que soient les votes, la région, elle, se construit. C’est la réalité, il faut l’accompagner.»

- Antoine Vielliard, maire de Saint-Julien et conseiller général de Haute-Savoie: «Pour moi, c’est une sorte de 9 février genevois. Les électeurs genevois n’ont pas pris la mesure des conséquences en chaine des décisions qu’ils viennent de prendre. Berne s’est prononcé sur un projet d’agglomération global. Or, pour que la Confédération maintienne son taux de financement, il faut qu’il y ait une cohérence globale. Là où on avait atteint un taux de subventions de 40 %, la non réalisation de projets franco-genevois pourrait inciter Berne à revoir à la baisse sa participation.» Et d’ajouter: «Que fait Genève des 600 millions d’impôt à la source qui restent dans ses caisses ? cette question, Paris va se la poser, la Région Rhône-Alpes va se la poser, le département de Haute-Savoie va se la poser et les Genevois qui habitent en France sont aussi en droit de se la poser. Ces derniers commencent à se demander ce que fait Genève pour eux.»

- L’association Genevois sans frontière, qui représente les Suisses habitant en France voisine: «Nous regrettons que la dimension du Grand Genève peine toujours à s'imposer dans les réflexions et dans les projets de l'agglomération genevoise, dès lors que l'on estime à plus de 80 000 le nombre de Suisses et binationaux résidant en France voisine et à plus de 30 000 ceux qui travaillent à Genève. A ces actifs, s’ajoutent les membres de leur familles, mais aussi les retraités suisses et genevois. Ce phénomène qui n'est pas près de se tarir, nécessite que les autorités genevoises et françaises s'emploient sans délais à communiquer à la population genevoise, l'utilisation faite des impôts a la source et des cotisations sociales versées par les Suisses résidant en France voisine et travaillant à Genève. Il devient en effet de plus en plus absurde que ces derniers soient considérés comme des citoyens Suisses de deuxième catégorie.» (TDG)

Créé: 18.05.2014, 19h12

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