Le Grand Conseil veut que les directeurs enseignent

EcoleLes députés ont accepté vendredi que les cadres du primaire enseignent à mi-temps et ont validé la suppression de maîtres adjoints.

Genève, le 27 août 2014. Une classe de 8P à l’école primaire de Jussy. Image: Laurent Guiraud

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Les députés veulent que les directeurs du primaire consacrent une partie de leur temps de travail à enseigner. C’est ce qu’exige une motion déposée par l’UDC Christo Ivanov et acceptée vendredi par le Grand Conseil. La motion n’a pas d’effet… mais les députés menacent déjà de lancer un projet de loi si le Département de l’instruction publique n’applique pas le vote.

Pour Christo Ivanov, «les directeurs sont superflus, c’est un échelon hiérarchique supplémentaire qui engendre des coûts. Les tâches administratives sont réelles certes, mais ils disposent d’une équipe (secrétaire, maître adjoint) pour les décharger!» Il a donc proposé que ceux-ci consacrent 50% de leurs temps à l’enseignement, «sous la forme d’un cours général ou d’un suivi pour les élèves en difficulté. Les directeurs pourraient être mobilisés pour organiser Sant«e»scalade par exemple ou les cours d’appui.» Un point soutenu également par le PLR Jean Romain: «Une étude a montré qu’un élève sur deux a besoin de cours d’appui. Au lieu de mobiliser des maîtres et d’engager des frais, on pourrait faire appel aux directeurs en réallouant une partie de leur temps de travail.» Cette réallocation permettrait aussi de réaliser des économies car les directeurs seraient payés comme des maîtres et non des cadres…

Le syndicat des enseignants du primaire, la SPG, s’était déclaré opposé à la motion, tout comme le Groupement genevois des associations de parents d’élèves. Du côté du DIP, on soutient mordicus la fonction de directeur. «C’est un mythe de penser que les directeurs ne font rien! déplore Anne Emery-Torracinta, cheffe du DIP. On demande de plus en plus à l’école, notamment en termes d’intégration. Si les directeurs se mettent à enseigner, on devra supprimer des prestations, dans le lien avec les parents ou dans la mise en place de mesures pour les enfants ayant des difficultés, handicapés, dyslexiques.»

La magistrate défend le maintien de la fonction mais avec une reconfiguration. «En 2008, il y avait 93 directeurs, soit pratiquement un pour une école et certains étaient à temps partiel, explique-t-elle. Notre volonté aujourd’hui est d’homogénéiser et d’avoir un directeur par établissement (groupe d’écoles). Il y a désormais 73 directeurs, nous voulons parvenir à 63.» Ensuite, le DIP veut modifier leur cahier des charges pour en faire des «managers», de vrais cadres supérieurs. «Il faut leur donner des prérogatives plus poussées, notamment en termes de ressources humaines, et ainsi conférer une plus grande autonomie aux écoles, donc au terrain.»

Vendredi, les députés ont aussi accepté une pétition visant à supprimer la fonction des maîtres adjoints, qui sont déchargés d’une partie de leur temps d’enseignement pour se consacrer à la relation avec les parents ou encore à la gestion de l’établissement. «Leur cahier des charges recoupe celui des directeurs!» dénonce Jean Romain. (TDG)

Créé: 17.11.2014, 21h01

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