Les «Gilets jaunes» d'Annemasse dans le cortège genevois du 1er mai

GenèveUne vingtaines de manifestants français ont préféré défiler en Suisse plutôt que de monter à Paris.

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Une vingtaine de «gilets jaunes» d’Annemasse et de son agglomération se sont joints au cortège syndical genevois du 1er Mai. «Nous sommes venus défiler en Suisse parce que c’est le vrai pays de la démocratie. La France devrait prendre exemple sur ce qui se passe ici», s’époumone Jocelyne, une retraitée toujours très remontée contre le président Emmanuel Macron et «sa clique». Cette fois-ci, elle n’est pas allée à Paris. Elle a préféré passer la frontière pour rallier un événement organisé en Suisse voisine et connu pour être résolument pacifique et bon enfant. «C’est devenu trop dangereux de manifester en France. Il n’est plus question pour les mères de famille et leurs enfants de participer aux mobilisations dans la capitale», regrette également Laura.

Cette Annemassienne n’est pas du tout étonnée de constater que de nouvelles violences ont émaillé le défilé du 1er Mai à Paris. «Tout le monde s’y attendait, c’était prévisible. À un moment, ça devient de la légitime défense», dit-elle. Comme les autres «gilets jaunes» présents, elle attribue la responsabilité des dérapages au gouvernement et «aux violences policières». À ses côtés, Aurélien, qui était à Paris le 20 avril. Il affirme avoir été matraqué et gazé alors qu’il n’avait rien fait de mal. «C’était des coups portés gratuitement. Ils voulaient casser le cortège», explique-t-il. «Il ne faut pas s’étonner si les gens se révoltent», insiste Jocelyne, qui ne cache pas une certaine sympathie pour les black blocs depuis qu’elle s’est retrouvée prise dans une charge policière. «Quand les gardes mobiles ont foncé sur nous, ceux qu’on appelle les black blocs nous ont donné des conseils pour nous protéger.» Pour autant, la retraitée et ses coreligionnaires annemassiens rejettent le terme «d’ultrajaune»: «C’est une façon de nous discréditer. Nos revendications restent profondément sociales et politiques. Nous réclamons le référendum d’initiative citoyenne», entonnent-ils d’une même voix. «La réponse de Macron à toutes nos demandes, ce n’est que du blabla», objectent-ils.

Même s’ils ne se sont retrouvés qu’une vingtaine à Genève, les «gilets jaunes» rejettent toute idée d’essoufflement de leur mouvement. Le divorce avec le président de la République et le gouvernement est total. «Il faut qu’ils prennent conscience à Paris que nous sommes entrés en résistance. Les gens veulent se réapproprier la politique. Nous sommes arrivés à un stade où ce sera Macron ou nous. De toute manière, son mandat est foutu», affirme Sacha. Les «gilets jaunes» devraient refaire un saut en Suisse prochainement pour y dénoncer l’usage abusif des LBD (lanceurs de balles de défense) devant l’ONU.

Créé: 01.05.2019, 18h59

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