«La géothermie pourrait chauffer deux tiers des ménages»

Energie Le sous-sol genevois est riche en énergie renouvelable, confirme une étude. De quoi réjouir Antonio Hodgers et Luc Barthassat.

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Depuis deux ans, les Services industriels de Genève (SIG) et l’Etat cartographient le sous-sol du canton (ainsi que celui de huit communes vaudoises) à l’aide de camions-vibreurs. Objectif: repérer les zones plus prometteuses pour la géothermie. «Cette prospection a permis de définir cinq zones très propices à la production de chaleur en allant capter l’eau à moyenne profondeur», a annoncé mardi Christian Brunier, directeur général des SIG, en présence des conseillers d’Etat Antonio Hodgers et Luc Barthassat.

Ces cinq secteurs sont la Champagne, un secteur s’étendant de Veyrier-Troinex à Meyrin, une vaste étendue allant de Puplinge à Versoix passant sous le lac, la région des Trois-Chêne et, enfin, celle du Mandement. De plus, quatre nappes d’eau se situant à faible profondeur, également exploitables, ont été repérées.

Un très gros potentiel

Dès cette année, une phase de prospection détaillée – assortie de forages de contrôle – aura à confirmer ce premier bilan. Mais le directeur général est optimiste: «Il s’agit d’une première étape encourageante. Les SIG pourront ainsi développer à moyen terme des réseaux de chauffage et de refroidissement alimentés avec l’eau chaude, une énergie renouvelable, produite localement et non polluante.»

Car l’objectif premier du vaste programme baptisé GEothermie 2020 est de pouvoir se passer le plus possible des énergies fossiles pour chauffer les logements. «Si les premiers résultats sont confirmés, les deux tiers des besoins en chauffage des ménages pourraient être couverts par la géothermie», a précisé Antonio Hodgers, le conseiller d’Etat responsable de l’Energie.

Il faudra toutefois patienter encore quelques années. Les forages exploratoires, qui serviront de test, débuteront en 2018. Quant aux premières exploitations, elles ne verront le jour qu’en 2020. Les premiers à en bénéficier pourraient bien être les nouveaux quartiers qui se situent dans les périmètres définis ou à proximité (voir l’infographie ci-dessus).

Lent mais sûr

Mais à chatouiller le sous-sol, ne risque-t-on pas des tremblements de terre, comme cela s’est passé à Bâle en 2006 ou à Saint-Gall en 2013? «Non, a assuré Luc Barthassat, le magistrat responsable de l’Environnement. Nous n’agissons pas dans la précipitation et prenons toutes les précautions. Ainsi, il n’est pas question d’aller creuser dans les zones des nappes phréatiques. Des capteurs sismiques contrôleront aussi l’activité.»

Christian Brunier se veut aussi rassurant: «Nous parlons ici de moyenne profondeur, qui pose moins de problème, car notre priorité est le chauffage. Il n’est pour l’instant pas question de produire de l’électricité et donc de forer jusqu’à 3000 mètres sous la surface. Nous en reparlerons quand nous aurons acquis suffisamment d’expérience.»

Afin de poursuivre sur la voie de la géothermie, Genève devra adapter sa législation. «Une révision de la loi sur les mines sera présentée prochainement au Conseil d’Etat, a conclu Luc Barthassat. Ce texte a pour but de garantir un cadre légal adapté à l’exploitation durable des ressources qui se trouvent sous nos pieds. Il ne sera par exemple pas question d’aller y chercher du gaz de schiste ou des hydrocarbures.»

Créé: 10.05.2016, 19h09

Chaud dessous

Le programme de prospection piloté par les SIG a permis de situer les périmètres dans lesquels les conditions en sous-sol sont réunies pour envisager une exploitation. Ces caractéristiques géologiques idéales sont: des roches calcaires, poreuses et perméables, parcourues par des failles, dans lesquelles l’eau circule facilement.

Tout cela permet de créer des réservoirs d’eau chaude. Ils sont situés à des profondeurs allant de 500?mètres à 3000?mètres. Les forages de contrôle qui débuteront cette année n’iront pas plus bas que 800?mètres en dessous du sol.

Le budget total de GEothermie 2020 est de 20 millions de francs. Jusque-là, seuls 3,5 millions ont été dépensés, mais la suite sera plus onéreuse.
E.BY

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