«Les gens prennent encore le lac pour une poubelle»

GenèveLe nettoyage du Léman et de ses rives a mobilisé plus de 200 personnes dimanche. Le butin est toujours aussi inquiétant.

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Le tas d’ordures, exposé dimanche devant les Bains des Pâquis, a provoqué bon nombre de réactions. Toutes d’indignation face au comportement de quidams n’hésitant pas à se débarrasser de tout et de n’importe quoi en le jetant à l’eau. Mais ce tas d’immondices, couvertes d’algues et de petites moules, n’est pas arrivé là tout seul. Il est le fruit du 22e nettoyage du lac organisé par le club de plongée Aqua-Diving.

«Cette journée a deux objectifs, souligne Patty Moll, à l’origine du projet. Repêcher les déchets mais aussi sensibiliser la population aux conséquences liées à un geste qui paraît encore trop souvent anodin.» Cette année, point de trésor dans les besaces, mais dix pneus, 374 cannettes en alu, 203 bouteilles en PET, 350 en verre, un vélo, trois trottinettes, cinq téléphones, deux ordinateurs, 4580 mégots, 34 kg d’habits, 22 piles, des chaussures, deux sacs à main, une montre et plusieurs porte-monnaies. La pêche du jour n’est pas miraculeuse. Moins que les autres années. Une bonne nouvelle? «Si cela s’explique par de meilleurs comportements, j’en suis ravie», se réjouit l’organisatrice, qui a tourné comme une hélice toute la journée pour assurer la logistique de ce grand nettoyage lacustre.

Activité familiale

Plus de 200 personnes, dont une trentaine de plongeurs, se sont inscrites cette année avec beaucoup d’enthousiasme. A 9 h, ils étaient prêts pour l’indispensable briefing. Louis, 8 ans, est pressé de partir avec sa pince à déchets. Des familles entières sont venues des quatre coins du canton. Plusieurs écoles de plongée ont participé à l’événement dont un groupe de Lyonnais embarqués sur le bateau du sauvetage de la Ville de Genève. Les cinq hommes se giclent avec un seau avant de se jeter à l’eau devant la Perle du Lac. Durant près d’une heure, ils ratisseront le secteur. Rapportant bouteilles, canettes et quelques morceaux de ferraille, couverts de petites moules. Sur les rives, de petits hommes jaunes s’activent aussi, munis chacun d’un gilet, d’un sac-poubelle et de gants.

Développement dans nos éditions papier, électronique et tablettes du lundi 22 septembre. (TDG)

Créé: 22.09.2014, 07h23

Des armes repêchées chaque année

Parmi les objets finissant au fond du lac, on compte aussi régulièrement des armes. «Pas trop souvent, heureusement, confie un policier, chargé d’un petit briefing de sécurité avant le départ des équipes. Il peut s’agir de munitions nécessitant une manipulation particulière, d’armes de poing ou de couteaux.» Une directive de la Confédération, distribuée aux participants, rappelle le protocole en vigueur lors de découvertes suspectes. Le plongeur a l’interdiction de toucher la pièce concernée. Il doit signaler l’emplacement à l’aide d’un parachute de marquage et contacter la police. «Il s’agit à la fois de sécurité, car on ne connaît jamais l’état de l’arme immergée, détaille le porte-parole de la police Jean-Philippe Brandt. Et de ne pas abîmer des traces qui permettraient aux spécialistes de la police scientifique d’identifier une arme, même après un séjour dans l’eau.»

Hier, un seul pistolet a été découvert par un nettoyeur, à quelques mètres de la Rotonde des Pâquis. «Il était très visible, à moins de deux mètres de fond et ne devait pas être là depuis longtemps, confie-t-il. C’est un pur hasard, on peut passer quatre fois au même endroit et ne pas tout voir. Mais c’est bizarre de voir un flingue, comme ça, en vrai.» Le plongeur et son acolyte signalent immédiatement la découverte. La police de la navigation dépêche deux plongeurs qui effectuent plusieurs manœuvres, avant de remonter l’arme. «Ils photographient et filment le site avec une caméra go pro, explique un spécialiste. Ensuite, ils mesurent la distance depuis le bord et remontent l’objet dans une boîte hermétique, pour la suite de l’enquête. Selon les cas ils recherchent aussi d’autres indices à proximité.»

Une vingtaine de minutes suffisent aux plongeurs pour remonter le pistolet. Est-ce un vrai? Apportera-t-il de l’eau au moulin d’une enquête? A-t-il un lien avec les récentes agressions aux Pâquis? Etait-il chargé? Autant de questions restées sans réponse, dimanche au bord de l’eau.

I. J-H.

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