Les Genevois maintiennent l’impôt sur les chiens

Votations du 9 févrierDeux tiers des votants sont favorables à maintenir une taxe qui compense le coût engendré par les canidés.

Image: Herrmann

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Les quelque 20'000 contribuables qui possèdent un chien continueront de payer un impôt à Genève, comme l’ont décidé deux tiers des votants dimanche. Deux millions de francs seront prélevés chaque année pour participer aux coûts engendrés par les canidés (nettoyage, mise à disposition de «caninettes», surveillance du domaine public, etc.) Si la question ne représentait pas l’enjeu majeur du scrutin, elle a suscité un débat émotionnel.

«Maintenir cet impôt est injuste!» s’exclame Maria Pérez, du Parti du travail, pour qui cette taxe pénalise les Genevois les plus précaires tout en rapportant peu à l’État. Le député MCG Thierry Cerutti déplore «la méconnaissance et le mépris à l’égard des propriétaires de chiens. La population n’a pas compris que cet impôt, lié à la rage, devait être provisoire et qu’il n’a plus lieu d’être. Ce vote ne changera rien à la propreté des rues.» Et l’élu d’annoncer le dépôt d’un nouveau projet de loi pour redemander la suppression de cet impôt.

Rien de tel chez Bertrand Reich, président du PLR. Son parti soutenait certes l’abolition d’une taxe jugée «obsolète et antisociale». Mais il admet avoir été gêné par le fait que les communes n’aient pas été consultées par le Grand Conseil avant d’abolir l’impôt (en mars 2019). Et reconnaît que «le résultat ne laisse pas de place à l’interprétation».

«Netteté du score»

Cette «netteté du score» surprend même le PDC François Lance, en faveur de l’imposition. Le député souligne que ce vote n’était pas «dirigé contre les chiens ou leurs propriétaires» mais rappelle que ces derniers ont une responsabilité à l’égard de leur animal et des autres personnes qui occupent l’espace public.

Au PS, Romain de Sainte Marie se réjouit du maintien d’un «impôt juste qui contribue au maintien d’une bonne qualité de vie». Quant aux personnes précaires qui pourraient être pénalisées par cet impôt, il relève que le calcul de l’aide sociale tient compte de la possession d’un animal de compagnie. «La plupart des gens peuvent assumer une taxe de 50 ou 100 francs par an. Cet impôt reste assez faible comparé au coût réel des chiens pour la collectivité», ajoute le conseiller administratif PLR de Thônex Pascal Uehlinger, qui estimait aussi anormal que les communes n’aient pas eu leur mot à dire dans cette affaire.

Seule membre du gouvernement à n’être pas en vacances ce dimanche, la conseillère d’État Nathalie Fontanet salue le résultat. «La population a bien compris qu’il ne s’agissait pas de taxer pour taxer. Cet argent est utilisé pour le bon entretien des parcs et ce qui est mis à disposition pour les chiens dans l’espace public. Cet impôt n’a rien d’injuste, il est en lien avec le nombre de chiens présents dans le canton et les coûts que cela engendre. Le Conseil d’État sait que cette taxe ne doit pas être un frein à l’acquisition d’un animal de compagnie. J’ai également regretté que les communes n’aient pas été entendues par la commission du Grand Conseil.»

Le désaccord entre sa position et celle de son parti ne dérange pas la magistrate: «On apprend quand on est conseillère d’État à accepter que son parti émette des avis différents. À la suite de ce vote, la taxation 2019 sera faite en tenant compte de cet impôt, dont la perception avait été suspendue.»

Créé: 09.02.2020, 18h08

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