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Le Genevois qui veut rendre l’économie plus éthique

Fer de lance de «Demain Genève» et de Best for Geneva, Jonathan Normand veut allier croissance, social et environnement. Portrait.

Jonathan Normand s’évertue à rendre les entreprises plus responsables sur le plan social et environnemental.
Jonathan Normand s’évertue à rendre les entreprises plus responsables sur le plan social et environnemental.
GEORGES CABRERA

Il est partout ces temps-ci. Lors des Assises européennes de la transition énergétique à la fin de janvier, on a vu Jonathan Normand à Palexpo parler, en tant que président de l’association Demain Genève, du film éponyme qui sort sur les écrans actuellement et qui vise à rendre davantage visibles les initiatives durables de la région. Quelques jours plus tôt, il lançait, avec une trentaine de partenaires, dont l’État de Genève, le programme de développement durable Best for Geneva— cette fois sous sa casquette de directeur de l’ONG B-Lab en Suisse.

Par ailleurs, il figure parmi les personnalités qui soutiennent l’initiative fédérale pour des multinationales responsables. Il est également actif dans quatre autres associations, dans les domaines de la finance durable ou de l’économie du partage, notamment.

Faire bouger les entreprises

Un même leitmotiv sous-tend tous ces engagements: «Je ne fais pas de politique, précise Jonathan Normand. La seule idéologie qui m’anime, c’est de construire une société plus respectueuse de l’homme et de l’environnement.» C’est toujours cet objectif que poursuit ce jeune père de famille au CV bien garni, qu’il s’agisse, avec le film Demain Genève, de montrer les nombreuses initiatives pour le développement durable mises en place à Genève, ou, avec le programme Best for Geneva, de proposer gratuitement aux entreprises des outils et des solutions pour limiter leur impact social et environnemental. Adepte de la croissance inclusive, qui promeut une économie «au service de l’agenda humain», il cherche, avec B-Lab, à faire bouger le secteur privé. «Les 90% de l’économie sont entre les mains des entreprises, explique-t-il. C’est donc à elles qu’il faut s’adresser si on veut changer les choses. Concilier croissance et développement durable, ce n’est pas une utopie.»

Jonathan Normand est entré tôt dans la vie active: «J’ai dû commencer à travailler très jeune pour payer mes études», confie-t-il. Tout juste diplômé en mathématiques et développement algorithmique, il entre à l’OMS, au contrôle des processus. Puis, il est débauché par un des leaders américains des technologies de l’information (IT), qui lui donne une formation à Houston, au Texas, avant de l’envoyer dans le monde entier pour des missions.

Déclic dans la jungle

Âgé de 22 ans, il revient à Genève, où il travaille dans le secteur bancaire, dans la gestion IT des risques opérationnels. À côté de cela, le jeune homme possède déjà une certaine fibre sociale, passant régulièrement ses vacances à faire du volontariat, par exemple dans un dispensaire médical en Inde.

Mais c’est en 2007, à l’issue d’un trekking de neuf jours dans la jungle malaysienne, qu’il a un vrai déclic. «En sortant de la jungle, je me suis dit que je voulais faire autre chose de ma vie, prendre une autre voie. Je voulais mettre mes compétences et mon énergie à faire quelque chose qui ait du sens, me sentir utile, quitte à gagner beaucoup moins d’argent.» La crise financière de 2008 ne fait que le renforcer dans cette conviction. À 30 ans, il quitte le monde de la finance pour fonder Codethic, une société qui conseille les entreprises sur le plan éthique, élaborant notamment une norme internationale de responsabilité sociale et environnementale. Toutefois, estimant urgent un changement de paradigme sociétal, il se sent trop limité par l’entreprise relativement modeste qu’il a fondée et préfère se tourner vers une structure ayant une réelle mission d’utilité publique. Il prend contact en 2013 avec l’ONG internationale B-Lab, qui fait de la certification d’entreprises durables, pour lui proposer de développer ses activités en Europe.

Jonathan Normand devient ainsi le directeur de l’antenne suisse de l’ONG, basée à Genève. «Notre rôle est de valoriser les entreprises qui ont un impact positif, afin de les rendre attractives aux yeux de futurs talents, de clients et d’investisseurs.» En 2015, le visionnage du film Demain, documentaire de la Française Mélanie Laurent dévoilant des solutions concrètes à divers problèmes environnementaux dans le monde, est un autre déclic. «Avec un groupe d’une dizaine de personnes, nous nous sommes mis à organiser ici des projections du film, raconte-t-il. Après chaque séance, les gens discutaient et débattaient, et c’est ainsi que l’idée nous est venue de lancer le projet Demain Genève.» Le film sera réalisé grâce à une campagne de financement participatif, qui rapporte deux fois plus qu’escompté. «Nous espérons, humblement, avoir le même impact que Demain, au niveau local.»

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