Des Genevois éduquent à la paix

PédagogieDepuis 2005, l’ONG genevoise Graines de paix s’engage à enseigner la paix en Suisse et ailleurs.

Des membres de l'ONG Graine de paix. De gauche à droite: Sorana Secasiu, Claire Guzman, Emilie Bleul, Mathilde Lagier,  Emmanuelle Le Du et Jonathan Williams.

Des membres de l'ONG Graine de paix. De gauche à droite: Sorana Secasiu, Claire Guzman, Emilie Bleul, Mathilde Lagier, Emmanuelle Le Du et Jonathan Williams. Image: Frank Mentha

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Ancrer la paix dans la société, tel est le but de Graines de paix. L’ONG agit en fourmi travailleuse pour un avenir meilleur grâce à l’éducation des plus jeunes. L’organisation a été récompensée par le Smart Peace Prize décerné par l’organisation Leaders pour la paix en mai. Rencontre avec Patrick Aimé, Mathilde Lagier, Jonathan Williams et Emmanuelle Le Du, membres permanents.

Quelles sont les actions menées par Graines de paix?

Mathilde Lagier (M.L.): En Suisse, nous travaillons principalement à la création d’outils pédagogiques (livres ou jeux pour enfants pouvant être utilisés à l’école ou à la maison) et sur des interventions à l’intention des enseignants et du public. La création de ces livres se fait à partir d’études scientifiques sur le terrain. Le suivi dans les classes suisses dure plusieurs mois. Nous les testons au primaire. Actuellement, nous sommes en train de créer un livre «Léon et ses émotions» par le biais d’un financement participatif.

Et de quoi parle ce livre?

M.L. C’est l’histoire de Léon, un petit caméléon, qui vit des scènes lui procurant différentes émotions – la colère par exemple. L’enfant apprendra en même temps que l’animal comment gérer ce qu’il ressent. Ce livre est la suite d’une exposition qui visait à développer l’intelligence émotionnelle (la capacité à reconnaître, identifier et maîtriser ses émotions ainsi que celle des autres) chez les enfants. Nous avons également une collection «Grandir en paix» qui consiste en différentes activités pour prévenir la violence. Nos outils sont développés en partenariat avec des pédagogues et l’Université de Genève. Une fois le matériel éducatif créé, testé et approuvé, nous pouvons l’utiliser dans les écoles primaires en Suisse ou dans d’autres pays, notamment au Bénin ou en Côte d’Ivoire.

Emmanuelle Le Du (E.L.): En plus de ces ressources matérielles, nous offrons aux enseignants des formations afin de promouvoir l’enseignement des compétences pour vivre ensemble dans la paix. Cet apprentissage passe principalement par l’acquisition de certaines émotions utiles en société (empathie, bienveillance, confiance en soi et en les autres) ainsi que les techniques de gestion de conflit. Pour le moment, nous nous concentrons sur les enfants de quatre à douze ans. Travailler avec des enfants en bas âge est plus efficace qu’avec des adolescents ou des adultes.

Pourquoi avoir choisi de passer par l’éducation pour promouvoir la paix?

E.L: Je viens des relations internationales; j’ai vu que signer des traités de paix reste très insuffisant. Les conflits sont profondément ancrés dans les populations. La paix est quelque chose qui s’apprend très jeune. Apprendre à vivre ensemble est important dans les pays en conflit, mais aussi ici à Genève,

Jonathan Williames (J.W.): Avec l’éducation, on agit sur le long terme, toutes les autres solutions ne fonctionnent qu’à court terme. L’empathie et la bienveillance sont des notions qui s’apprennent. C’est cela qui va contribuer à la paix durable.

Vous avez reçu le Smart Peace Prize, que signifie ce prix et qu’en ferez-vous?

Patrick Aimé: Ce prix, qui existe depuis janvier 2019, est attribué par l’organisation Leaders pour la paix, présidée par Jean-Pierre Raffarin (ndlr: ancien premier ministre français). Il récompense les initiatives pour une pédagogie de la paix auprès de la petite enfance. Nous avons été sélectionnés parmi une trentaine de dossiers.

J.W.: Ce prix est un gage de qualité et la preuve qu’on fait du bon travail. J’ai vraiment hâte de l’avenir! On ose se lancer dans beaucoup de projets. De plus, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît la qualité de nos actions. C’est très motivant.

M.L: On a beaucoup d’idées de livres et de nouveaux projets. Le seul frein à notre créativité est malheureusement l’argent.

Créé: 18.07.2019, 18h23

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